‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 55 sur 125 · INDULGENCES I · texte numérisé non relu

INDULGENCES I

OU des curés interdisent les quêtes et la publication des indulgences, ils encourent ipso facto l'excommunication réservée au Saint-Siège \ Ordre est donné aux notaires et confesseurs d'exciter les mourants à des libéralités envers Tordre du Saint-Esprit et de faire parvenir au plutôt ces aumônes aux intéressés *. Enfin tous les moyens sont mis en œuvre pour amener les fidèles à collaborer au soutien des frères et des malades. Les privilèges concédés pendant les XV* et XVP siècles avaient surtout pour objet l'indépendance temporelle de TOrdre et la conservation de tous ses biens à la libre et entière disposition des grands maîtres contre les entreprises du clergé séculier et même des laïques, qui cherchaient à s'en emparer comme de bénéfices ordinaires. Mais malheureusement, les anathèmes multipliés des Papes restèrent souvent impuissants, et grand nombre de maisons, dans le midi de la France surtout, dans leurs efforts pour se rendre indépendantes de l'autorité de l'Ordre, finirent par tomber dans celle des municipalités.

INDULGENCES. — Cette énumération des privilèges de l'Ordre serait incomplète, si nous n'ajoutions les faveurs spirituelles accordées aux frères et à leurs bienfaiteurs. Nous ne savons si l'on trouverait réunies dans un autre ordre religieux des indulgences si nombreuses et si importantes. Les Papes se sont m ontrés vraiment d'une sainte prodigalité pour leur œuvre de prédilection. Nous ne pouvons tout citer ; la liste serait trop longue. Contentonsnous de rassembler dans un tableau général toutes ces faveurs spirituelles si précieuses.

Les Papes eurent à cœur tout d'abord de combler de biens spirituels ceux qui n'avaient pas reculé pour les obtenir devant l'abandon des biens temporels. Les indul-

• Urb. V Const., fbid., p 6x.

• Sixti IV ConsL ///(1477). Ibid., p. 107.

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gences plénières étaient alors beaucoup plus rares qu'aujourd*hui ; elles étaient regardées par les fidèles comme d'un prix inestimable. Les frères du Saint-Esprit furent favorisés de plusieurs indulgences plénières et d*une multitude d*indulgences partielles considérables. En voici renoncé, tel que le rapporte une bulle d'Innocent VIII, en 1485 :

Innocent III a accordé aux frères et aux sœurs de Tordre du Saint-Esprit un an et 40 jours d'indulgences ' tous les jours de Tannée ;

Alexandre IV, 4000 ans et 800 quarantaines, et en même temps la rémission de la septième partie des péchés, le jour de la Pentecôte et tous les jours de son octave, ainsi que le second dimanche après TEpiphanie ;

Le même pape accorde 3000 ans, 3000 quarantaines et la rémission du tiers des péchés tous les premiers dimanches de chaque mois ; plus 2000 ans et la septième partie des péchés tous les jours de Toctave de la Fête*Dieu;

Célestin V, 100,000 ans pendant Toctave de TEpiphanie, et 30,000 pendant celle de la Nativité de la Sainte- Vierge ;

Clément V, 2000 ans et 800 quarantaines pour Toctave de Pâques ; 8000 et autant de quarantaines pour celle de la Pentecôte, plus la rémission totale des péchés ;

Boniface VIII, 2000 ans et 800 quarantaines les jours de Toctave de T Ascension;

Innocent VI, 2000 ans et 2000 quarantaines le jour de TAssomption et pendant Toctave ;

Benoit XII, 3000 ans et autant de quarantaines, depuis la fête de la Toussaint jusqu'à la Saint-Léonard.

* Il n*est peut-être pas inutile de rappeler ici que, suivant Tinterprétation commune, une indulgence de dix, quarante, cent jours, de sept ans et sept quarantaines, etc., est la remise de la peine canonique qu'il aurait fallu accomplir pendant le môme temps dans la primitive Eglise, ainsi que la rémission de la peine du purgatoire qu'on aurait rachetée devant Dieu par cette pénitence canonique.

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