‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 56 sur 125 · INDULGENCES I · texte numérisé non relu

INDULGENCES I

Il faut ajouter la somme des indulgences attachées aux messes célébrées dans TOrdre, évaluées par Innocent VIII à 32000 ans chaque année, puis l'office des frères, équivalant à la même somme, et nous aurons un aperçu d'ensemble de ces grâces vraiment extraordinaires *.

Les faveurs accordées aux bienfaiteurs ne sont pas moins remarquables.

Ils gagnent une indulgence plénière le jour de la Pentecôte, plus 8000 ans et mille quarantaines, lorsqu'ils visitent un hôpital du Saint-Esprit dans l'octave de cette fête ; trois ans et trois quarantaines aux fêtes de Notre-Seigneur (Noël, Circoncision, Transfiguration, Pâques, Ascension), et à celles de la Vierge (Annonciation, Assomption, Nativité, Purification) ; — un an et 40 jours chaque jour octaval de ces fêtes, et tous les vendredis de l'année,^ en l'honneur de la Passion du Sauveur ; — la participation aux messes, matines, vigiles, jeûnes et aumônes qui se font et se feront dans l'Ordre à jamais ■.

En outre, les collecteurs reçoivent le pouvoir de remettre tous les péchés, même ceux réservés au Saint-Siège, à celui qui donnera de ses biens à l'Ordre, selon sa fortune et la qualité de ses fautes, chaque fois qu'il sera en péril de mort ; on doit en croire les frères, ajoute Clément V, « car ceux-ci ne sont point quêteurs et n'abusent point, mais ils sont de véritables religieux approuvés et exempts par la grâce du Saint-Siège apostolique '. »

Ils peuvent aussi composer avec les coupables touchant l'usure, les rapines, les incendies (à moins qu'il ne s'agisse de bien d'Eglise), les dommages causés, les biens mal acquis, lorsqu'il est devenu difficile de savoir à qui revient la restitution, ou de découvrir les ayants-droit; les legs

' Voy. Innoc. VIII Const. I. (Dlplom., I. p. 119).

* Bulles de Clément V et d'Innocent VlII^déjà citées.

» Ibid.

faits pour de pieux usages, sans destination plus explicite; les commutations de vœux, sauf celui de Jérusalem; les sacrements profanés, les parjures ; les heures omises par les clercs ;le travail des dimanches et fêtes ; le rachat des pénitences imposées par les confesseurs ordinaires pour toutes sortes de fautes *.

Les bienfaiteurs sont admis à la participation des stations et dédicaces de l'Eglise romaine, et du pèlerinage de Terre-Sainte •.

Enfin, pour encourager Tœuvre des enfants délaissés. Innocent VIII accorde la rémission entière de leurs fautes, même réservées, à ceux qui retirent de Thôpital du Saint- Esprit un enfant pour le nourrir et Télever pendant un an et demi, à ceux qui prennent en mariage une des jeunes filles élevées dans les maisons de TOrdre, ou qui donnent en argent la somm e nécessaire à leur entretien ou à leur dot '.

Tous ces privilèges et ces indulgences, renouvelés par la plupart des Souverains Pontifes, appartinrent à l'Ordre jusqu'au concile de Trente. Cette assemblée, entre autres abus, réforma ceux qui se commettaient au sujet des indulgences, et Pie IV, conformément aux décrets du concile, interdit, en 1562, la publication de celles de l'ordre du Saint-Esprit, comme il le fit pour tous les autres ordres religieux. Mais deux ans après, ayant reconnu leur authenticité parfaite et leur nécessité pour le soutien des pauvres, il leva ses défenses et ordonna à tous les recteurs des églises de publier les indulgences de TOrdre sans aucun salaire *, Depuis cette époque, la possession de l'Ordre ne fut plus troublée jusqu'à son extinction.

' Bulle de Jean XXII (1^28). Diplom,, I, p. ^4. * Bulle de Clément V.

« Innoc. VIII, 4* bulle (1488). D^lom., I, p. i^i. ' Bulle de Pie IV (1^64). Diplom.j I, p. 147.

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