‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 59 sur 125 · DÉVELOPPEMENT MERVEILLEUX DE L'ORDRE EN FRANCE AU XIII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT MERVEILLEUX DE L'ORDRE EN FRANCE AU XIII* SIÈCLE

E XIII* siècle est, sans contredît, Tépoque où les idées qui caractérisent le moyen-âge s'affirmèrent avec le plus d'énergie et entrèrent le plus universellement dans la pratique chez les nations Européennes. Alors, les institutions sociales et politiques s'inspiraient des vérités du dogme et de la morale catholiques. Alors, audessus des rois s'élevait l'autorité ecclésiastique du Pontife romain ; quelques-uns, comme les empereurs d'Allemagne, la supportaient assez impatiemment ; mais personne ne songeait sérieusement à la récuser. Les princes et les peuples se groupaient autour du Pape, comme des enfants autour de leur père, et attendaient de lui, soit la confirmation de leurs droits, soit la protection s'ils étaient opprimés, soit l'arbitrage de leurs différends. A la voix du vicaire de Jésus-Christ, les discordes s'apaisaient, la paix renaissait entre ces peuples que l'Eglise, après huit siècles d'efforts constants, était parvenue à tirer de la barbarie primitive pour les faire jouir de la civilisation chrétienne. Il n'est pas étonnant que, dans un tel milieu, la vie chrétienne ait pris

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un grrand développement et se soit manifestée au dehors par beaucoup d'œuvres et d'institutions pieuses.

Des armées véritables de pauvres volontaires se lèvent à la voix du séraphique François d'Assise ; des légions d'apôtres s'enrôlent sous la bannière du saint apôtre Dominique. De toutes parts, à leur exemple et à leur parole, l'amour de Dieu et du prochain s'enflamme d'une nouvelle ardeur. On voit, sur tous les points de la chrétienté, surgrir à la fois plusieurs milliers de petites congrégations religieuses consacrées au seul soin des pauvres malades ^ Les riches se dépouillent d'une portion de leurs biens, pour imiter la pauvreté de leur Seigneur Jésus-Christ et le soulager dans la personne des indigents ; les pauvres, avec une générosité plus héroïque encore, donnent leur liberté et leur vie pour le service de leurs frères souffrants. Spectacle incomparable et que nul autre siècle n'aura la joie de contempler !

Dans un bon nombre des congrégations hospitalières qui se fondèrent à cette époque, la décadence malheureusement fut prompte ; il leur manquait un lien solide, capable de maintenir comme en un seul faisceau tous les dévouements appelés à concourir à l'œuvre commune ; il leur manquait une organisation sage et forte qui s'opposât au relâchement'.

Gui de Montpellier en comprit la nécessité : c'est là son grand mérite et le secret de la prospérité de son ordre pendant trois siècles ; c'est là ce qui fit de la fondation de cet ordre un des plus grands événements de l'histoire de l'Eglise.

Nous allons esquisser brièvement l'histoire des progrès

* L. Gautier, Histoire de lâchante^ p. 60.

' c Ils [ces hôpitaux] ne formaient pas une seule communauté gouvernée par les mêmes lois et dirigée par le même chef. Autaot de Maisons-Dieu, autant de communautés différentes. Cétait le vice de cette organisation ; ce fut une des causes de ta ruine. • — L. Gautier, ibid. p. h*

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