‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 69 sur 125 · EXTENSION DE L*ORDRB EN EUROPE I · texte numérisé non relu

EXTENSION DE L*ORDRB EN EUROPE I

un legs royal s'ajouta aux dons déjà faits en faveur des pèlerins, des orphelins et des enfants exposés, et leur constitua une dotation opulente. Les hôpitaux de Stockholm, d'Upsal, d'Arboga, d'Enkœping, de Skeninge, de Linkœping, de Lund, de Malmœ, de Landskrona et de plusieurs autres villes, notamment des cités épiscopales, fondés soit précédemment, soit postérieurement, naquirent et grandirent dans des conditions moins favorables de fortune ; aussi les frères de l'Ordre suppléaient-ils par des quêtes à l'insuffisance des ressources, pour entretenir leurs pauvres *. De toutes les fondations faites en Norvège à l'époque primitive, une seule, celle de Halsnoë, située dans Une île près de Bergen, sur la côte occidentale, a laissé quelques traces historiques dans le naufrage général des documents anciens, perdus ou détruits au moment de la Réforme. D'après l'aspect de ses ruines, au dire du consciencieux historien des couvents de la Norvège au moyenâge, l'hospice de Halsnoë remontait au milieu du XIII* siècle •. Il se rattachait à une chaîne d'hospices, reliant entre elles les villes, assez éloignées les unes des autres, dans ces contrées vastes, montagneuses et peu peuplées, mais sillonnées constamment par les chrétiens qui se rendaient à Drontheim, au tombeau vénéré de S. Olaf, patron de la Norvège. Ces haltes bienfaisantes, échelonnées çà et là sur de longues routes désertes, semblaient comme les bras des villes, charitablement tendus vers les solitudes, pour y chercher et étreindre les nécessiteux '.

La Belgique tenait de trop près à la patrie de Gui de Montpellier pour ne pas jouir de son institution. Il existait

* Rhyzelius, MonasLStuCt P- 80, ^24 ; ^ Spegel, Hist, eccles., p. 98 ; — Pontoppidan, op. cit., t. 1, p. 517.

' Christian C. A. Lange, Hist. des coupenU de la Norvège aumoyen-àge. Chriltiana, 1847, P* 20, 67.

' Journal du Nord pour la connaissance des Antiquités^ ;• liv. p. 2^0.

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à Douai, en 1267, ^^ hôpital du Saint-Esprit*. « Mais dans la plupart des villes de Flandre, ce n'était pas le plus particulièrement sous la forme d'hôpitaux, qui n'y manquaient pas, au surplus, que la charité s'exerçait en l'honneur du Paraclet, du Suprême Consolateur : c'était surtout par des secours distribués aux indigents, au moyen d'institutions nommées Tables despauvres ou duSainUEsprit..^ Nous pouvons citer les tables du Saint-Esprit de Douai, Bruges, Ypres, Poperinghe,Tirlemont, Bruxelles, Malines, etc '. »

Nous voudrions pouvoir terminer l'aperru des fondations par celles de l'Angleterre ; mais les documents sont trop peu explicites. Nous savons cependant que le roi Jean donna à l'ordre naissant l'église de Wirtel avec tous ses revenus. Innocent III, en partageant l'Europe entre Rome et Montpellier, au sujet des quêtes, réserva au premier l'Angleterre, comme dépendante du Saint-Siège. Avec les nombreuses relations qui unissaient alors l'Angleterre à Rome, il serait impossible que l'Ordre ne s'y fût pas implanté, comme partout ailleurs. Aussi, d'après le témoignage de Saulnier, il y possédait de nombreuses maisons ', et les documents citent souvent des frères appartenant à cette nation alors si chrétienne.

Quel spectacle admirable que celui d'un aussi merveilleux

* Tailliar, Recueil d* actes en langue Romane-Wallonne, Douai, 1849» p. 285.

* Reifuc Belge de Numismatique^ 1884, p. i6^ ~ Sur les Tables du Saint-Esprit de Belgique, voy. Tailliar, op, cit., p. LXI-LXIIl ; — A. de Schoodt, Méreaux de bienfaisance ecclésiastiques et religieux de la pille de Bruges^ p. j-15 Q\ Revue Belge de Numism. 185;, p. p^-H5 ; — Alph. Vanden Peereboom, Essai de Numism, YproisCt p. 246; — Art. de M. C. Vanden Broeck sur Iti Table de Bruxelles, Revue Belge de Numism, 1879, p. 72 ; — Descript, du cabinet des jetons hist, formé par L. de Coster, x88^, p. 4, etc.

Toutes ces Tables du Saint-Esprit nous paraissent avoir été de simples confréries de nptre ordre, Mais comme elles se rendirent assez promptement indépendantes, on en est arrivé de nos jours à perdre de vue leur origine.

' P. Saulniçfi p. 8;.

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développement ! Quelle marque éclatante de la bénédiction divine répandue abondamment sur l'ordre du Saint- Esprit. Oui, ils étaient animés de l'esprit de Jésus-Christ, ces hommes généreux, qui savaient faire de leurs richesses un si bel usage, en faisant grande et surabondante la part des pauvres et des malades ! Elles avaient ressenti la sainte contagion de la charité chrétienne, ces âmes qui, à défaut de leurs biens, payaient de leur personne, dans l'exercice d'un dévouement obscur et de tous les jours, au service des membres souffrants de Jésus-Christ. Gui de Montpellier, comme Abraham, était devenu le père d'un grand peuple ; il avait rempli de ses iils spirituels, animés tous de son esprit, ces Maisons-Dieu que nos ancêtres avaient répandues sur la terre de France et sur l'Europe entière avec une profusion si magnifique. Entreprise grandiose et digne de ces époques où l'on ne connaissait que la vraie philanthropie, celle qui nous ordonne d'aimer et d'assister les hommes, parcequ' ils sontnosfrèresen Jésus-Christ!

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