‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 73 sur 125 · VIE INTÉRIEURE DE L'ORDRE AUX XIV & XV SIÈCLES · texte numérisé non relu

VIE INTÉRIEURE DE L'ORDRE AUX XIV & XV SIÈCLES

('est ainsi que, sous la protection des pontifes romains, Tordre du Saint-Esprit continuait dans la chrétienté sa mission bienfaisante. Partout il offrait le spectacle d'une régularité exemplaire, unie à la pratique de toutes les œuvres de la charité ; partout aussi la sympathie la plus vive, traduite par des fondations nombreuses et d'abondantes aumônes, répondait à son dévouement. D'un côté les œuvres de la charité, de l'autre les libéralités de la reconnaissance, tel est pédant longtemps le résumé de l'histoire de notre ordre.

Sans doute, par suite du malheur des temps, par suite des guerres et des dissensions intestines si fréquentes au moyen-âge, beaucoup d'hôpitaux voyaient leurs œuvres entravées momentanément; mais les fléaux une fois passés, les ruines étaient réparées et l'hospitalité chrétienne refleurissait avec une nouvelle vigueur.

Les services rendus par les innombrables maisons du Saint-Esprit sont incalculables. Le seul hôpital de Dijon,

2l6 VIB INTÉRIEURE AUX XIV* ET XV« SlftCLB

dans une année de disette et d*affreuse mortalité, hébergea jusqu'à douze mille pauvres ; dix mille, en cette même année, furent enterrés dans son cimetière, ainsi que le constate une lettre envoyée au grand maître quelque temps après *.

Les bulles pontificales, les chartes des seigneurs et les donations particulières ne tarissent pas d'éloges sur les services rendus par les frères ; nous en avons cité déjà plus d'un exemple; en voici d'autres: « L'hôpital du Saint- Esprit de Besançon, écrit l'archevêque Vital, en 1313, est le réceptacle et le filet qui reçoit tous les pauvres de notre

diocèse et de ceux qui l'entourent ■. » Un siècle plus

tard (1435), Eugène IV et un archevêque de Lyon en font le même magnifique éloge : « Chaque jour, dit le premier, les devoirs multiples de la charité y sont exercés * » ; et le second ajoute : « Les pauvres infirmes y sont sustentés ; les orphelins nourris et instruits, aux frais de la maison, dans les arts propres à leur permettre de défendre leur vie contre les besoins ; les femmes en couches y reçoivent tous les soins nécessaires; tous les passants, de quelqu'état et condition qu'ils soient, y sont accueillis sans préférences, avec piété et miséricorde ; les jeunes filles y reçoivent une dot qui leur permet de se marier honorablement *. »

* L'obituaire de Dijon constate le fait en ces termes : « Anniversaire général pour tous les bienfaiteurs de Thospital de céans, tant vifs que morts, et pour tous les trespassez dont les corps sont inhumez au cimetière dud. hospital, dont il y en a eu en la mortalité qui fut en I4^8« dix mille inhumes. Animœ eorum requiescant in pace ». — D. Calmelet, ms., chap. IV.

* Hospitalis Sancti Spiritus Bisuntini pauperum nostre dyocesis et alie-

narum ibi confluentium... receptaculum et sagenam.... A. Castan, Notice, l,p. i6|.

* Bulle d'Eugène IV, à Thûp. de Besançon, 6 décembre 14^$. — A. Castan. loc. cit.

* Pauperes infirmi in eodem sustentantur, orphani outriuntur et artibus

debitis quibus vitam deflendant inopem, expensis dicte domus, înstniuntur, mulieres in puerperio jacentes relevantur; omnesque ibidem transitum facientes, cujuscumque status et conditionis existant, indistincte, pietatis et misericordie intuitu, recipiuntur, et virgines maritantur.... (Mandalum Amedei de Talaru, archiep. Lugdun., 17 jul. 1437 —A. Castan, loc, cit.).

On serait tenté de croire que, pour suffire à des charges qui paraissent si nombreuses et si lourdes, le personnel des hôpitaux dût être très nombreux dans notre ordre, comme dans beaucoup d'autres fondations du même temps. Il n'en est rien ; au contraire, il a toujours été dans l'esprit de l'Ordre de restreindre le plus possible le nombre des religieux dans chaque hôpital, et cela dans un double but fort sage et louable: les frères évitaient ainsi le reproche d'employer à leur entretien la meilleure partie des revenus destinés aux pauvres ; et puis, leur petit nombre les tenant sans cesse en haleine, il leur était plus difficile de se laisser aller à la négligence et à la paresse. Dijon, dans le cours des XIV* et XV' siècles, n'eut jamais que de six à douze religieux ; Besançon ne paraît pas non plus avoir dépassé ce nombre*. Les sœurs se trouvaient dans des proportions habituellement un peu supérieures ; la présence des enfants et des orphelins à demeure leur donnait des occupations plus nombreuses.

La charité du prochain ne va pas sans l'amour de Dieu ; celui-ci en est la source et le mobile. Il n'est donc pas étonnant que nos frères aient été des hospitaliers pleins de dévouement, alors qu'ils se montraient des religieux zélés pour la régularité monastique. « L'office divin et les heures canoniques, tant diurnes que nocturnes, y sont célébrés chaque jour d'une manière très louable ■. » Les frères de Dijoiï s'acquittaient avec tant d'exactitude de cette importante fonction, que le duc de Bourgogne Philippele-Bon se plut à en rendre témoignage au grand maître '. Ces témoignages abondent pour toutes les maisons et il nous serait facile de les multiplier.

* Voy. D. Calmeiet, Histoire mSf passim; -^ A. Castan, II, p. 194.

' Divinum officium et hore canonice, tam diurne quam nocturne, singulis

diebus laudabiliter exsolvuntur.... {hfandatum Amedei de Talaru^ A. Castan, loc, cit.)

' Uttre de PhUippe-le-Bon, 1455 ; D. Calmeiet, chap. IV.

2i8 TiE DrTÉunntE acx znr* sr

La sainteté dnt fleurir abondammait dez ces li^iU^a^

rel%ieiix et leligienses, dont la TÎe était ainsi partagée entre la prière et la diarité. Si Dien a jngé k prapos de laisser un grand nombre de ces saintes âmesdans rofascnrité et llmmilité qa*elles avaient diotsies par amour pour loi, il a pourtant favorisé de grâces eztérienres édatantes plusieurs des enCants de Gui deHontpellier.

Déjà, au XIII* siècle, saint Face ou Foffio s*était distingué au nombre des saints personnages qui d annèi e n t à cette époque un éclat et une ph jskmomie uniques dans lliistoire.

Il naquit à Vérone, au milieu des troubles civils du commencement du siècle. Des persécutions longues et acharnées le forcèrent à aller exercer sa profession d' orf è vr e à Crémone, vers 1226. Là-comme dans son pajrs natal, la charité occupait la plus grande partie de son temps, si bien qu*on finit par lui confier le soin de la distribution des aumônes de la ville. Pendant qu'il était tout entier adonné à ses œuvres de miséricorde, il apprit que Vérone était plongée à nouveau dans toutes les horreurs des dissensions civiles ; il y alla aussitôt, et se fit Tai^e de la paix au milieu de ses concitoyens. Mais, comme il arrive trop souvent, son zèle était trop désintéressé pour être regardé comme sincère ; des calomnies se répandirent, qui dénatu* raient perfidement toutes ses démarches ; on finit par le jeter en prison. C'est là que Dieu se réservait de faire éclater sa vertu ; les cachots étaient remplis : plusieurs des prisonniers, minés par les privations de la captivité, se mouraient. La prière du saint les guérit. Le bruit de ces prodiges se répandit bientôt et on se hâta de le remettre en liberté. Voyant cependant que tout son zèle était impuissant devant Tobstination de ses concitoyens, il reprit le chemin de Crémone, y construisit un oratoire et un hôpital du Saint-Esprit, et s'y livra, avec de pieux émules, à toutes les œuvres de miséricorde. Plus tard, il fit le pèlerinage

NOUVELLES FONDATIONS IIÇ

de Rome et de S. Jacques, et, de retour dans sa seconde patrie, fut nommé par Tévêque Visiteur Génçral des monastères de son diocèse. Il mourut en 1272, dans son hôpital, auquel il avait donné tous ses biens. De nombreux miracles, opérés pendant sa vie et après sa mort, attestèrent sa haute sainteté ' .

L'hôpital de Foligno, donné à l'Ordre par Clément V, en 131 1, fut le théâtre sur lequel brilla la sainteté d'un autre serviteur de Dieu. Le jubilé de 1350, proclamé par Clément VI, avait attiré à Rome des multitudes infinies, venues de tous les pays d'Europe. Au nombre des pèlerins se trouvait un jeune homme que n'avait pas effrayé le voyage de la Hongrie à Rome. Il se nommait Antoine ; comme on ignorait son nom de famille, le peuple l'appelait Antoine le Hongrois. La piété l'avait fait entrer dans les rangs du Tiers-Ordre de S. François. Ayant achevé ses dévotions à la ville éternelle, il se mit, suivant le pieux usage des pèlerins, à parcourir les principaux sanctuaires de l'Italie. Arrivé à Foligno, une fièvre maligne le saisit. On le reçut à l'hôpital du Saint-Esprit, où les soins empressés des frères le ramenèrent à la santé. Mais il fut si touché de la charité de ces bons religieux, qu'il résolut de passer sa vie dans leur maison , au service des pauvres, en qualité de frère oblat. Pendant vingt-sept ans, il y donna de tels exemples de charité, de douceur et de patience dans le soin des pauvres, des malades et des orphelins, qu'il faisait l'admiration de tout le peuple. Ses avis étaient écoutés comme les oracles de Dieu même. Sa bienheureuse mort, arrivée le 13 mai 1398, fut un deuil public, et bientôt, à la suite des miracles opérés sur son tombeau, on le regarda comme un saint, et l'on réclama de toutes parts sa canonisation.

Pour honorer la pureté et la charité de son humble

* ActaSS, BoUand. (164^), jan, 11^ 3x0-311 (éd. 3a, 574-$7$)*

220 TIB IMTÉRIKURE AUX XIT* ET ZT* SiftCUES

serviteur, Dieu ne permit pas que la corruptioii eût prise sur son corps. On le voyait, absolument intact^ reposant dans une châsse magnifique, donnée par le prieur Meldikir de la Vallée, en 1608^ et placée sur Tautel majeur de Téglise de Thôpital, à Foligno *.

On le voit par ces exemples, la sainteté n'était pas rare dans rOrdre ; témoin encore la vénérable Sœur Angèle

Romaine, célèbre entre toutes les autres religieuses moniales du Saint-Esprit et dont le commandeur de Dijon, frère Guillaume Sacquenier, étant à Rome, avait envoyé un portrait à ses religieuses, afin de les encourager, par ses exemples, à se sanctifier dans les exercices de leur vocation ". Accepter une vocation si humble, si pénible, si opposée aux goûts de la nature ; la suivre pendant toute sa vie avec zèle et piété : n'est-ce point là déjà, dans les frères et les sœurs du Saint-Esprit, le signe d'une éminente vertu ? L'histoire nous autorise à étendre à Tordre entier cet éloge que M. Castan adresse aux recteurs de Besançon: « En général, ces recteurs furent d'une piété sincère et profondément dévoués à leur mission charitable '. » Piété et dévouement sans bornes, c'est là le plus bel éloge que Ton puisse faire de notre institut.

Aussi voyons-nous partout les populations répondre par leur reconnaissance et leur confiance aux bienfaits de l'ordre du Saint-Esprit.

La maison conventuelle de Besançon, à cette époque comme au XIII'' siècle, brille entre toutes par sa longue fécondité. Les nombreux novices ou frères oblats qu'elle

* Le B. Antoine le Hongrois est honoré spécialement dans Tordre Franciscain. (Voy. Acta SS. Bolland. (1680), maii III, p. 251 ; ei. ia, p. 250-251 ; — [Prileszki], Acta SS. Ungar, (174?), 1. 1, p. 284-285. ; — Wading, Annal. Frair. Minor., t. IV, p. 251 ;— P. Saulnier, p. 09 ; — Ms de la VisiU générali de Melchior de la Vallée, Arch. hôp» de Besançony B. 14, chap. II, n« i).

* D. Calmelet, Histoire ms^ chap. IV.

' Notice, II, p. 194.

forma à la vie religieuse et hospitalière, lui permirent de satisfaire à toutes les fondations que les seigneurs de Franche-Comté semaient à profusion dans cette province. Les princes de la Maison de Châlon se faisaient remarquer dans ce temps par TafiFection sincère qu'ils portaient à leurs sujets. Non contents de leur octroyer des chartes de franchises très libérales, ils prenaient à cœur de venir en aide aux pauvres, en dotant les maladreries et hôpitaux déjà existants, et en élevant de nouvelles maisons charitables dans tous leurs domaines. Jean de Châlon-Auxerre avait fait bâtir, en quelques années, cinq hôpitaux dans ses bourgs de Rochefort, Monnet, Orgelet, Saint-Julien et Arinthod. Une pareille générosité mérite bien que nous nous y arrêtions un instant, en rapportant les termes de Tacte de fondation :

« Nous, Jean de Châlon, comte d'Auxerre et seigneur de Rochefort, faisons savoir à tous présents et futurs, que nous avons fait édifier et construire, en nos villes de Rochefort, Monnet, Orgelet, Saint- Julien et Arinthod un hôpital avec un autel en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie, à nos propres frais et dépens, afin que les pauvres, les infirmes et les malheureux qui sont dans le besoin y soient admis et hébergés ; qu'ils y trouvent, pour le remède de notre âme, de celle de nos parents, ancêtres et successeurs, le nécessaire selon les exigences de leurs besoins et les ressources de ces maisons, et que les divins offices y soient célébrés par leurs maîtres ou recteurs. Nous voulons et ordonnons que ces cinq hôpitaux soient soumis, pour le spirituel comme pour le temporel, au recteur et gouverneur de l'hôpital de Besançon. Voulons aussi que ledit recteur institue et place, en chacune des maisons susdites, pour les gouverner, des maîtres ou recteurs dignes et fidèles, élevés au sacerdoce, et qui portent l'habit de l'Ordre. Ils célébreront les saints offices auxdits autels pour notre âme, comme il est ordonné ci-dessus, et rece-

322 TIB IKTÈKUUMM, AUX lOW ET Tf SfiCUS

vront miséricordieusement les pauvres. Nous retenons lesdits cinq hôpitaux sons notre garde et celle de nos successeurs, de même que la justice temporelle a perpétuité. En témoignage de quoi nous avons fait apposer à ces présentes notre sceau. Donné en Tan du Seigneur 1301, au mois d'août * ».

De ces cinq hôpitaux, deux, ceux de Monnet et de Rodiefort, furent ruinés par Louis XI en 1479 et ne purent se relever ; leurs biens furent réunis à la maison-mère de Besançon . Les trois autres rendirent aux populations de plus longs services ; il fallut tous les désordres occasionnés par Tordre de Saint-Lazare, au XVII* siècle, pour consommer leur ruine.

Dans le même temps, le comte de Montbéliard, Renaud de Bourgogne, laissait, par un codicille daté de 13 14, à son hôpital du Saint-Esprit de SellièreSj une somme de cent vingt livres pour en acquérir des rentes et nourrir les pauvres. Il lui donnait de plus ses robes, son lit, ses draps oulinceuils et le pourtour de son lit. Son chapelain, Messire Jean de Sirod, était chargé de Texécution de ses volontés*.

Une bulle de Boniface VIII, obtenue en 1301 i>ar Hugues de Châlon, dit le Sourd, évêque de Li^e, puis archevêque de Besançon, confirma la fondation de Thôpital éCArlay % due à Ponce II d'Arlay, chevalier. Ses fils Pierre et Renaud complétèrent son œuvre, que la mort Tavait empêché d'achever ; ils installèrent Thôpital dans leur propre maison, qui était entourée d'un vaste enclos. Par un acte daté de 1327, ils voulurent que cet hôpital appartint à Tordre du Saint-Esprit établi à Rome — de societate Spiritus Sancti Rome — et chargèrent le frère Nicolas, qui en était recteur, et ses successeurs, de payer

* Arch, de Vhôp.de Besançon, cas. C, chap. I, n« 11. ' Arch, municipales de Sellières, I. 18, n*' 299-^5.

* Roussit, Dlct. hist da communes du JurOf U I, p. 88.

HOUVELLES FONDATIONS 22)

dix sols de cens au maître recteur de Besançon, auquel ils soumettaient leur fondation '. Une élégante chapelle, qui subsiste encore en partie, fut élevée à la fin du même siècle. Les libéralités de la famille d' Arlay et des habitants accrurent les biens de la nouvelle maison au point qu'à la fin du XV* siècle elle était Tune des plus riches de la province •.

L'hôpital du Saint-Esprit de Lons-le- Saunier existait déjà au commencement du XIV' siècle ; il occupait un vaste emplacement entre la ville et le faubourg Saint-Désiré '. Mais il rompit de très bonne heure les liens qui le rattachaient à rOrdre, par l'usurpation des échevins de la ville. Il faut en dire autant de ceux de Montfleur * et de Montmorot\ Toutefois la confrérie du Saint-Esprit s'y maintint toujours florissante, comme pour attester leur origine.

Toutes les maisons que nous venons de citer appartiennent à la Franche-Comté ; mais les commandeurs de Besançon envoyèrent plus loin des colonies. En 131 2, Renaud, dit Sauvet, chanoine de Neufchâtel en Suisse, remettait entre les mains du délégué du recteur Bisontin l'hôpital de cette ville, dont il avait eu la garde jusqu'alors •. — Frère Jean Voley, de Choyé, quitta la maison-mère, pour aller diriger l'hôpital de Met:^ (vers 1 390) ; il s'obligeait, lui et ses successeurs, pour marque de sa filiation, à venir chaque année au chapitre provincial et à payer un tribut de trois florins. Ruiné à plusieurs reprises par les guerres, notamment par le siège de 1552, cet hôpital, assez considérable, fut abandonné et les bâtiments loués à l'administration de l'artillerie française, par le recteur de Besançon \ — Un

' Abry-d*Arcier, Hist. du Bourg d'Arlay^ip, j8o.

• Ibid,, p. J79.

' Rousset, Dict, hist des communes du Jura, t. III, p. 62^

• Fondé vers ij6o (/6irf., t. IV, p. 294).

• Ibid,, t. IV, p. J59.

• Arch, de Vhôp. de Besançon, cas. C, chap. I, n« 12. ' Ibid»^ chap. x, 0*7.

224 ^^ nrriEiEURC aux xit^ it xi*

antre religieux* Vanltrin Bertrand d'Amncf^^sw^itTiédiU à nouveau, en 141 3, l'hôpital deMarvillérà^nsYéwédbé de Trêves. Il le rendit à la maison de Tool (1419), doot S dépendait depuis sa fondation '.

Les autres provinces de France participaient anssi an mouvement des fondations. A la fin du XTTT* siècle et an commencement du XIV*, se place rétablissement des maisons de Carcassonne, de Toulon, de Béziers« de Lodève, de Toulouse, d*Orthez, de Nérac, de Libonmey d^Angoolème, d* Angers, de Confolens, et bien d*autres dont la date est incertaine.

Dans les autres pays d*£ur3pe« TOrdre jouit d*nne extension continue jusqu*à la fin du XV* siècle. CittMis, au nombre des nouvelles fondations, les maisons de Saint- Hippoljte, près de Vienne % de Aarhus (1388), Naksikow, Flensburg (1325)% Aalborg, Randers (1434), Landskrona (1440), dans les pays Scandinaves ; Alost (1474) en Belgique; Sandeck en Pologne *.

Nous n'avons pas encore parlédeThôpital du Saint-Esprit de Paris ; nous devons cependant à cet établissement plus qu'une simple mention. Les historiens de Paris * rapportent que les bourgeois de la ville fondèrent, en 1362, sous Tinvocation du Saint-Esprit, une confrérie et un hospice pour les orphelins nés de légitime mariage, et quMls en firent une création purement municipale, sans aucun rapport avec Tordre du Saint-Esprit. Cependant Tabbé Lebeuf, constatant, par le Pouillé de TOrdre, que celui-ci possédait dès le XIII* siècle une maison à Paris, inclinait à croire qu'il y aurait eu dans la capitale deux hôpitaux de ce nom.

' Areh No/., S. 4907; — Abbé Clouet, Histoire de Verdun, t. III, p. 021. • Arch. de Vhôp. du S.-E. in Saxia, Lib. I, fo 29. ' Daugaard, Des couvents Danois au moyen-Age, pp. 142, ^89, 445. ' L'abbé Renard, Hist. ms de Vhôpital de NeufcUteau. ■ Du Breul, Théâtre des antiquités de Paru (16^9), p. 740;— Abbé Le Beuf, Hist. du diocèse de Paris (éd. Cocheris), t. I, p. ^14.

De nouvelles données nous permettent de reprendre la question et nous mettent en mesure, croyons-nous, de démontrer que Thôpital fondé en 1362 a succédé à un établissement plus ancien et qu'il fut, comme celui-ci, une dépendance de Tordre du Saint-Esprit,

La relation de la visite générale de frère Jean Monette, en 1288, nous fournit la preuve de l'existence d'un hôpital de rOrdre à Paris, dès le courant du XIII' siècle. Voici en effet ce qu'on lit dans cet acte : « Nous avons vu et visité la maison conventuelle et hospitalière des enfants exposés du Saint-Esprit de Paris; la régularité et l'hospitalité 7 sont observées avec grand soin. Nous avons aussi examiné les dépenses des maladreries de Pantin et de Fontenayj qui dépendent de ladite maison, et nous avons constaté qu'elles ont été faites pour le service des pauvres *. » D'après ce texte remarquable, l'hôpital devait être déjà de quelque ancienneté, puisqu'il était alors assez considérable pour entretenir une communauté conventuelle. De plus, son titre indique qu'il était exclusivement réservé aux enfants exposés. On comprend cette destination spéciale, dans une ville qui possédait déjà des maisons destinées à recevoir les malades, les pèlerins et les voyageurs.

Où était situé l'hôpital du Saint-Esprit? Il est difficile de le savoir sûrement. Le rédacteur du très curieux ms.11778 de la Bibliothèque nationale affirme, il est vrai, avoir lu des lettres passées au Châtelet , des 9 et 1 6 avril 1 364, « comme l'hospital du Sainct-Esprit ieust primitivement institué en la rue de l'arbre sec près la croix du tiroir, nommé et intitulé la charité et confrérie et hospital du Sainct-Esprit*, »

* Vidimus ac visitavîmus domum Sancti Spiritus conventualem ac hospitalariam infantium expositorum Lutecias Parisiorum ; in qua regularitas et hospitalitas accurate observatur; cufus ac malederiarum seu leprosariarum de Pentino, Fontenayo ab ipsa domo dependentium, impensas vidimus^ examinavimusacrecognoviffius in usum paupenim reflectavisse. — Diplomata, t.H, p. ^71.

*BitL nat.j mss fr. 1x778, rédigé en i$j7,

Page 1