‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 76 sur 125 · LA VISITE DE FRÈRE MELCHIOR DE LA VALLÉE · texte numérisé non relu

LA VISITE DE FRÈRE MELCHIOR DE LA VALLÉE

[B concile de Trente avait prescrit aux abbés et anx^ chefs d'ordres religieux exempts, de procéder à Tavenir très régulièrement à la visite canonique des maisons de leur dépendance, afin que Tétat religieux pût recouvrer en peu d'années son ancienne beauté, par la suppression de tous les abus. Dès qu'il fut assis sur le trône pontifical, Clément XIII se mit lui-même à l'œuvre et, pendant quatre années, visita et réforma entièrement les monastères et les hôpitaux de la ville étemelle. Puis, voulant poursuivre l'œuvre de régénération jusqu'aux extrémités de l'Eglise, il enjoignit aux généraux d'ordres d'envoyer des religieux prudents et éclairés, avec les pouvoirs nécessaires pour visiter minutieusement et réformer chacune des maisons de leurs instituts.

Le grand maître du Saini-Esprit se hâta d'obéir auiç prescriptions pontificales. Mais comme une telle entreprise eût dépassé les forces d'un seul homme, il répartit la charge entre plusieurs. Nous ne connaissons point le visiteur chargé de l'Italie et sa mission n'a pas laissé de traces. Celui d'Espagne et de Portugal se nommait Dom

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Franoesco Qoesada. Ayant reça sa oommisskm en 1599* oe grave et saint personnage parconmt les deux royaumes confiés à son zèle, et après s'être rendn compte de Tétat des hôpitaux et des monastères qoe TOrdre 7 possédait en grand nombre, il 7 remit la discipline en une vigoeor nouvelle. Le rapport qu'il adressa au grand midtre.fîit imprimé dans le même temps *, mais il nous a été impossible de le consulter ; ThApital de Sainte-Marie lui-même ne le possède plus. Sans doute, il eut jeté de vives lumières sur la situation prospère des hôpitaux Espagnols à cette époque.

La tâche la plus lourde fut dévolue à un profès de Thôpital romain : il devait parcourir la France, l'Allemagne et jusqu'à la Pologne. Plus heureux qu'en ce qui regarde ses deux collègues, nous possédons de sa visite une relation officielle et fort détaillée, qui cependant est demeurée manuscrite. C'est cette relation qui va faire l'objet du présent chapitre. Mais il ne sera pas inutile, avant d'en entreprendre ranal7se, de faire connaître notre personnage.

Melchior de la. Vallée, né à Toul avant 1550, appartenait, dit-on ', à une famille distingfuée par sa noblesse. Frère Jean Gerrier le Vieux^ recteur du Saint-Esprit de Toul, avaittenu le jeune enfant sur les fonts du baptême. Cet excellent parrain, optimus patrinus S semble avoir

* Arckt de Vhâp, de Besançon, cas. C, B. 2

* P. Saulnier, p. 9.

' L'abbé Renard, Hi$t, ms. de Neufchâteau. Nous ignorons sur quelles preuves s*appuie cet auteur, lorsqu'il inscrit Melchior à la Csmille de Christophe de la Vallée, qui mourut évèque de Toul en 1607. Il y arait plusieurs familles nobles qui portaient ce nom. A Tune d'elles appartenait un autre MiUkior de la VaUée, fils d*un orfèvre de Nancy, qui devint protonotaire et grand-chantre à Saint- Georges de la même ville et mourut vers i6?i (H. Lepage, Melchior delà Vallée, dans les Mém, de la Soc, <tArchiol, Lorraine, 1882, p. 2$7-|io). La siaûlitude des noms semblerait indiquer une parenté entre ce personnage et notre visiteur. L'érudition Lorraine parviendra sans doute à résoudre le problème, que nous ne pouvons que poser ici, au sujet de l'origine d'un homae^q» lait honneur à son pays.

*RaUo VisUationls.

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