LA VISITE
n'y avait d'ailleurs pas à songer à rétablir les choses d^iis leur ancien état ; quant à la discipline et à la régularité des religieux, elle était satisfaisante; la maison était plus prospère au spirituel qu'au temporel. Avant le départ du visiteur, « les religieux revinrent à Ecole, avec du vin et des provisions de bouche, annonçant qu'ils voulaient prendre leur repas avec lui ; ce qui fut accepté avec joie. Tout se passa, suivant les usages du pajrs, gaiement et décemment. Deux religieux diacres, âgés d'environ trente ans, servaient à table. Sur IWdre que leur donna le visiteur d'y prendre place, ils répondirent que cela ne leur était pas permis, et de plus, que l'usage du vin ne leur ayant pas encore été accordé par le recteur, ils ne buvaient que de la piquette, de la bière ou de lacervoise. Frère Melchior, admirant que des hommes de cet âge et de cette qualité se soumissent à un semblable régime, pria le maître de leur accorder, :pour cette fois et en considération de sa présence, à chacun un setier de vin. »
Le dernier acte de frère Melchior fut d'instituer frère Henri Treffard, le recteur de Besançon, vicaire général du grand maître dans les Gaules, les Bourgognes et la Lorraine; le grand maître confirma ensuite cette nomination en y ajoutant des prérogatives et une juridiction très étendue. « C'était à bon droit, dit-il, car ce recteur est le plus puissant de tous en ces contrées, par le nombre de ses prieurés et dépendances; l'hôpital de Toul lui-même lui est soumis, ainsi qu'il nous l'a prouvé par des docuiiients authentiques. »
Des nombreux hôpitaux situés en Franche-Comté, le visiteur, par suite de l'état de la province, ne put voir que celui de Gray, situé sur sa route. Il reçut là, des magistrats et de beaucoup d'habitants, une foule de plaintes sur la mauvaise administration du recteur, Martin Jobelot ; mais le temps ne. lui permît pas de lui faire son procès ; il en chargea lé commandeur dé Besançon, supérieur de l'in-