‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 84 sur 125 · AU XVII* SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU XVII* SIÈCLE

PRÈS rhorrible catastrophe du sac de Rome, en 1 528, le chef de l'Ordre, la maison romaine, avait été longtemps à recouvrer son ancienne splendeur. Sur la fin du siècle, néanmoins, elle y était parvenue, et depuis, nous n'aurons plus à enregistrer dans son histoire d'atteintes graves portées à sa prospérité. Du reste, les papes, qui avaient fini par se réserver absolument la nomination des grands maîtres, avaient le plus grand intérêt à choisir pour cette importante fonction des personnages recommandables par leurs qualités et leur entente de l'administration.

Nous avons parlé déjà de Saluste Taurusi (i 594-1600), l'ami de Bellarmin et de Baronius, qui s'efforça d'appliquer à l'Ordre les réformes du Concile de Trente, au moyen de la visite générale qu'il en fit faire, et qui mourut archevêque de Pise. Après lui, vint le célèbre médecin ytt/^5 de Angelis^ qui conserva la maîtrise pendant dix-sept mois seulement (1600-1602). Jérôme Agucchio ne passa pas plus longtemps à Sainte-Marie ; nommé cardinal, il quitta rOrdre en 1604. Le magistère â! Octave^ de l'illustre

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maison ^Este^ fut plus court encore ; mais il fut marqué par une création d'une grande importance ; nous voulons parler de la banque du Saint-Esprit ou Banco San Spirito ; tout en faisant à Tépargne les conditions les plus avantageuses, elle devint bientôt pour Thôpital une ressource très précieuse '. Octave d'Esté mourut jeune encore, en 1605. Son successeur, Pierre CamporeuSj après avoir déployé pendant douze anis un grand zèle dans ses hautes fonctions, fut appelé par Paul V à des fonctions plus hautes encore, au sein du Sacré Collège (làij). Evangelista Tornioli passa de Tordre des Olivétains dans celui du Saint-Esprit, qui le conserva quatre années seulement. De même, Balthajar Bologneti échangea le généralat des Servi tes contre celui de notre ordre, en 1621 ; sa science théologique, son talent d'orateur, unis à une grande sainteté, le firent nommer à Tévèché de Nicastro en Calabre (1624). Raphaël Invitiati mourut Tannée même de son élévation; Joseph Anselmi (1624-1630) avait fourni une carrière brillante dans les congrégations pontificales; il était enflammé d'un zèle très louable pour la réforme de sa nouvelle famille ; mais, remarque Saulnier, comme ce zèle le portait à adopter une discipline toute nouvelle, au lieu de restaurer l'ancienne, il échoua dans sa tentative. Le court magistère de César Racagni fut fécond cependant, car dans ses deux ans il consacra douze sœurs, donna la croix à trente-deux frères dans sa maison et à douze au dehors ; c'est là un exemple de rare fécondité pour la mai-

* c Cette institution fut créée, dit le cardinal Morichini, afin que les veuves, les orphelins et les établissements charitables pussent y déposer leur argent en toute sûreté, et tous les biens de 1* hôpital furent hypothéqués en garantie de ces dépôts. Cette banque prit un rapide accroissement, d'autant plus que ses billets, délivrés en échange des sommes déposées, avaient cours comme des espèces sonnantes. > On prétend, dit le même auteur, que cette institution donna à Law Tidée de sa trop fameuse banque de crédit. ^Voy. Léon Lallemand, Histoire de la charité à Rome, p. 241).

Le Banco San Spirito perdit peu à peu de son importance à partir de 1870 ; il est aujourd'hui en faillite, grAce aux spoliations subies par Thôpital du Saint-Esprit. ^

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son romaine. Pierre Saulnier donne de grands éloges à Etienne VaiuSj évèqnedeCjrène^inpartibuSjqmdeson temps même occupait le généralàt. Ces éloges étaient mérités par une administration pleine de sagesse et des restaurations aussi nombreuses qu'importantes faites à Sainte-Marie. C'est alors que la sacristie fut ornée des belles boiseries et des peintures qui existent encore ; à la même époque les lits de bois de l'hôpital furent remplacés par des lits de fer, pour une plus grande propreté. En outre, le grand maître restaura tous les châteaux et domaines des environs de Rome, et réussit encore à dégrever sa maison déplus de 70.000 livres de dettes. Jérôme Lanuvii\ qui lui succéda en 1650, était protonotaire apostolique ; Innocent X lui donna l'habit le jour même de sa nomination ; son grand âge lui fit résigner sa charge au bout de trois ans. Sous Charles Antoine Dondini (1654-1660), le cardinal Corradus, visiteur apostolique, fit plusieurs décrets pour le bon régime de la maison. Virgile Spada (1660- 166 2) appartint d'abord à la congrégation de l'Oratoire. Il composa un ouvrage où il énumérait tous les monastères, hôpitaux et prieurés d'Italie et du monde entier ; il y avait joint l'énumération des privilèges de rOrdre et de la Confrérie. Cette œuvre intéressante n'a pas été imprimée et le manuscrit en est perdu. Il prit aussi une décision importante pour la maison de Rome : ce fut de supprimer les sœurs cloîtrées, probablement par mesure d'économie, car elles pouvaient être suppléées par les jeunes filles qui demeuraient dans la maison.

A partir de cette époque, la vie des grands maîtres n'offre que peu d'intérêt pour l'Ordre ; ce sont des grands personnages de la cour pontificale qui, après quelques années de fonction, reçoivent pour la plupart la pourpre cardinalice. Leur administration tend de plus en plus, du reste, à se renfermer dans l'Italie, par suite de la perte de§ maison? des pays protestants et aussi dés ea- '

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