L'HOPITAL DE SAINTE-MARIE IN SAXIÀ
traves apportées au fonctionnement de TOrdre en France. Nous renvoyons, pour Ténumération des derniers gprands maîtres, à la liste placée à la fin du volume.
Nous n'avons pas encore donné au lecteur une description d'ensemble de Thôpital Sainte-Marie. C*est ici le lieu de combler cette lacune. Nous allons donc, après avoir décrit sommairement les édifices, pénétrer dans réconomie des services hospitaliers de la grande institution. Aussi bien, pour Tétude de cette organisation longtemps sans rivale au monde, nous avons un guide excellent dans l'ouvrage de frère Pierre Saulnier, qui vécut lui-même, au XVII« siècle, dans Thôpital romain.
Marchionne d'Arezzo * avait été Tarchitecte choisi par Innocent III pour élever l'hôpital du Saint-Esprit. Les bâtiments, par leur grandeur, répondaient à la magnificence de la fondation pontificale ; mais il ne nous est rien demeuré de l'établissement primitif. Sixte IV, le principal restaurateur de l'Ordre et de la maison romaine, fit renouveler, en 147 1, par Baccio Pintelli, la majeure partie des bâtiments. Celui-ci construisit la grande salle des malades, longue de 126 mètres*, qui pouvait recevoir de chaque côté une triple rangée de lits. Sur le côté de cette façade qui longe le Borgo San Spirito, était adossé un portique en colonnade d'une belle ordonnance, qui plus tard fut muré et l'est encore actuellement ; on y plaçait des réchauds à l'usage des pauvres, auxquels on servait les restes des repas. Les murs intérieurs de la grande salle furent alors ornés de peintures représentant les principales actions du pontife fondateur; et sous la coupole centrale, André
* Voy. pour la description architecturale de Phôpital de Sainte-Marie : P. LetarouiIly,Ei//îc« de Rome modcrnet j vol. in-f«, Paris, i8$o, pi 256-261; — L. Lallcmand, Histoire de la charité à Rome, 1878, p. 228 et sv. ; — Germer- Durand, Notice sur plusieurs sceaux relatifs à Varchihàpiial du Saint-Esprit à Rome, etc.
' Voir la PI. I. en tète du volume.
AU XVII* BlkCLB
Palladio, à l'époque où il mesurait k Rome les monuments antiques, érigea un autel élégant; c'est l'unique œuvre de' ce maître qui subsiste à Rome. La grande salle est encore aujourd'hui à peu près dans son état primitif.
iiB).
Une autre salle de 33 mètres de longueur, placée à angle droit avec la première, remonte, ou peu s'en faut, à la même époque. Un double cloître lui est adossé.
Baccio Pintelli fit aussi les plans de l'église, et le clocher' fut élevé sous Sixte IV, dont il porte les armes. Mais ces plans furent modifiés sous Paul III, par Antonio da Sangallo {1534-1550}, et la façade ne tut construite que sous le pontificat de Sixte V (1585-1590), sur les dessins d'Ottaviano Mascherino, Les peintures qui décorent l'intérieur de cet édifice sont des élèves de Michel-Ange.
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c Au même architecte est également dû le palais réservé à Thabitation du grand maître, qui réunit la grande salle à Téglise. La cour intérieure est carrée et d^une architecture bien ordonnée ; les portiques du rez-de-chaussée et les galeries du premier étage y forment des promenoirs commodes, bien ouverts à Tair et à la lumière* De Tavis d'un juge éminent, l'ensemble de ces édifices anciens, et surtout la grande salle, avec sa porte d'entrée aux sculptures d'une extrême élégance, témoignent « de l'heureux épanouissement de Tart à cette époque du XV* siècle, où deux artistes, Baccio Pintelli et Julianoda Sangallo, se font remarquer par de si brillantes qualités'. » Les Papes faisaient bien voir, en confiant les restaurations de leur hôpital favori à deux des principaux architectes de Tâge d'or de la Renaissance italienne, en quelle estime ils tenaient Sainte-Marie in Saxia.
« Au siècle dernier, sous Benoît XIV, le chiffre de la population, qui avait doublé, nécessita de nouveaux agrandissements, et ce pieux pontife, étendant les bâtiments dans la direction du pont Saint-Ange, construisit, sur les dessins de Fuga, une nouvelle salle longue de 92 mètres ; elle reçut le nom d'aile neuve {Braccio nuovo) ■. » Benoit XIV enrichit l'hôpital d'un musée d*anatomie et d'un amphithéâtre ; Pie VII, continuant les agrandissements, fit élever de l'autre côté du Borgo et en face de la grande salle Sixtine, un bâtiment comprenant deux immenses salles superposées *. Enfin Pie IX fit faire, par un éminent architecte, M. Francesco Azuri, les modifications intérieures les plus importantes, afin de procurer à l'établissement tout le confortable moderne, sans toucher toutefois à tout ce qui pouvait s'y trouver d'intéressant au point de vue de l'art.
' p. V.eXAToyxWXyj Edifices de Rome moderne,
■ L. Lallemand, Histoire de la charité à Home, p. 229. — Voy. la Pi. I.
'Ibid. - . .