XVIII*-XIX' SIÈCLES JJÎ
acquitté, avec l'aide et la bénédiction de Dieu, de sa tâche providentielle. Avec le temps, d'autres sont venus, qui ont été appelés à la même vocation. Mais, dans les lieux mêmes où son nom s'est perdu, son œuvre subsiste encore. Combien de maisons élevées par lui, ombragées longtemps de la double croix, s'ouvrent encore aux misères humaines i Combien de lieux où la première tradition de l'exercice de la charité chrétienne remonte aux fils de Gui de Montpellier! Héritières d'un si grand nom, dépositaires de traditions si vénérables et si glorieuses, les sœurs du Saint-Esprit ne laisseront point périr le précieux dépôt remis entre leurs mains. Dans les fondations nouvelles que leur a fait embrasser la nécessité des temps, dans l'œuvre si importante de l'éducation de la jeunesse, comme dans l'assistance des malades, c'est toujours la charité de Notre-Seigneur qui les anime, c'est toujours l'esprit de l'illustre fondateur qui revit dans l'âme de ses enfants. Le vieux tronc n'est pas mort : « Sa jeunesse s'est renouvelée comme celle de l'aigle; » il a produit un rameau plein de sève et de vigueur qui portera des fruits abondants. Pour longtemps encore, notre siècle léguera aux siècles futurs, comme un de ses plus précieux héritages, cet ordre du Saint-Esprit, le plus ancien et le plus illustre des grands ordres hospitaliers du moyen-âge.