L'ANTIQUITÉ ROMAINE
son temps se pratiquait en Espagne. Par lui, nous savons également que les Égyptiens, vers ce temps-là, au lieu de ciseler l'argent, le décoraient de peintures, et qu'ils pratiquaient dès lors le procédé si souvent employé de nos jours de l'oxydation, afin d'atténuer l'éclat, le miroitement du métal. A cet effet, dit-il, ils mêlaient à l'argent un tiers de cuivre fin de Chypre, y ajoutaient du soufre vif et faisait passer le tout au feu dans des vases lûtes en argile.
Mais au milieu de tout cela, on ne voit pas qu'il soit question nulle part d'orfèvres romains. Il y avait bien des orfèvres établis à Rome; mais on ne trouve guère cités que des noms grecs, Ariston, Pasitélès, très-célèbre au temps de Pompée, Zopyre, Pythéas, d'autres encore dont les œuvres étaient grandement recherchées. Abandonnant leur patrie ruinée et asservie, les artistes grecs ne devaient plus travailler désormais que pour les maîtres du monde. Ainsi s'explique que, dans toutes les œuvres d'orfèvrerie que nous ont laissées la Rome républicaine et même la Rome impériale des premiers siècles, nous retrouvons encore, au milieu de traditions plus ou moins altérées, le génie de la Grèce et la main de ses enfants.