‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 10 sur 154 · Baudrillart, Hist. du luxe, t. I, p · texte numérisé non relu

Baudrillart, Hist. du luxe, t. I, p

2. Plutarque, Vies des hommes illustres , t. VIII, p. 49, art. Démosthène.

3. Emeric David, Vie des artistes anciens et modernes, p. 11. — Voir aussi Mém. sur les progrès de la sculpture grecque, p. 135 et 138.

Luynes, par le sculpteur Simart et l’orfèvre Duponchel. L’exécution de cette statue si précieuse ne constitue pas, au reste, un fait unique dans l’histoire de l’orfèvrerie grecque. Plus d’un siècle avant Phidias, les villes d’Klis et de Sicyone possédaient déjà des spécimens de cette sculpture ch ryséléphan tine, œuvres de Théoclès, de Similis d’Égine, de Doryclidas, de Médon et de Canachus. Phidias lui-même exécuta plusieurs autres statues du même genre, et l’on cite après lui Ménechme, Soldas et Lysippe, à qui l’on dut aussi des statues d’ivoire et d’or.

Parmi les orfèvres grecs chargés de travaux moins considérables, un certain nombre acquirent une célébrité assez grande pour que leurs noms nous aient été conservés. Nous citerons parmi les plus connus Cimon, Athénoclès, Stratonicus, Myrmécidès de Milet et Callicratès de Lacédémone, dont Athénée nous a transmis les noms. Pline, également, parle avec éloge d’Acragas, qui décora les temples de Rhodes, d’Ariston et d’Eunicus de Mitylène, de Possidonius d’Ëphèse, de Stratonicus de Cyzique, etc. Enfin n’oublions pas Myron et Calamis, qui acquirent une grande réputation en exécutant « des vases d’argent ornés de bas-reliefs, auxquels le luxe de Rome attacha le plus grand prix1 ». Il appartenait à ces illustres artistes non seulement de créer ou de perfectionner d’une façon définitive, les formes de plus de soixante sortes de vases, tels que Yœnoclioe, la canthare, le scyphos, le rhyton, la patère, le disque, etc., mais encore de porter l’ornementation de ces belles argenteries à un point de perfection qui ne devait pas être dépassé.

Si en Grèce le luxe de l’orfèvrerie fut grand, môme chez les particuliers, cependant il s’en faut de beaucoup qu’il ait égalé le développement fastueux qu’il devait revêtir en Italie. A Athènes, à Corinthe, à Thébes, il conserva toujours le caractère d’élégance raffinée que sut lui imprimer, en des démocraties commerçantes et riches, une race intelligente et délicate, avide, avant toute chose, des jouissances élevées que procure la contemplation du Beau. A Rome, au contraire, à partir des derniers temps de la République, il dut se conformer aux goûts étonnamment somptueux d’une aristocratie âpre et violente, devenue maîtresse du monde par la force, et qui, pour faire montre de son excessive opulence, étalait avec ostentation les trésors qu’elle avait, pillés dans le reste de l’univers.

Cet éclat exagéré dont brilla l’orfèvrerie romaine fut assez long à se manifester. Si l’on en croit Plutarque2, les orfèvres figurent parmi les gens de métier dénombrés par Numa. La profession était donc anciennement

1. Emeric David, Mémoires sur les progrès de la sculpture antique, p. 129.

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