‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 109 sur 154 · Voir à la pape · texte numérisé non relu

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les fabuleux exploits. Celte distinction de travail, cette exécution ingénieuse et parfaite se retrouvent au surplus dans toutes les autres œuvres de cette féconde Renaissance, jusque dans celles où l’orfèvrerie s’applique à mettre en valeur des gemmes et des cristaux taillés. Jamais montures ne furent à la fois plus exquises et plus riches. Et ce mouvement si particulier,

cette transformation de goût et de style se firent sentir dans toutes nos provinces, et même dans les pays limitrophes. Le calice de Saint-Jean-du-Doigt (Finistère) que l'on dit avoir été donné à celte église par la reine Anne de Bretagne, et qui semble plus récent; le reliquaire de la Résurrection que la cathédrale de Reims reçut de Henri II, et la nef de sainte Ursule que possède cette même église; les croix, comme celles de Pleybert-Christ, compliquées et si particulières de forme, qu’on rencontre en Bretagne, montrent que la révolution fut générale en France; alors que le reliquaire du Saint-Sang, à Bruges, et le curieux tableau de Cornelis de Vos, à Anvers, prouvent que le mouvement avait complètement pénétré dans les Flandres.

Impossible, en effet, de découvrir dans le gracieux reliquaire de Bruges la moindre réminiscence du goùL gothique, et si le vénérable Abraham Grapheus montre sa vieille poitrine encore couverte de ces tranchoirs d’argent en honneur au temps de Comines et de Jean de Troye, par contre, les vases confiés à sa garde appartiennent tous au style nouveau1. Une fois déplus, l’architecture dominatrice a dicté ses lois, et l’orfèvrerie docile, subissant son inspiration, s’est conformée à ses exemples.

Ces pièces remarquables — honneur de nos collections publiques et privées — font naturellement naître l’envie de connaître les auteurs de tant de travaux exquis. Malheureusement, pour la plupart d’entre eux, nous sommes réduits aux conjectures. Les argenteries qui, dans la gravure si fidèle de Torterel et Perissin, garnissent la table de Henri II sortaient vraisemblablement des ateliers de Marcel et de Dujardin, les orfèvres

Reliquaire en forme de dôme, en argent repoussé et ciselé.

1. Le Portrait d’ Abraham Grapliens, massier de la corporation de Saint-Luc, a été peint par C. de Vos dans les premières années du xvne siècle, mais tous les vases qu’il représente, joyaux corporatifs lentement réunis, appartiennent au xvie. Nous donnons ce portrait p. 2G7, et un de ces vase p. 349.

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