Journal de Verdun, août 1709, p
portées par les anciennes Ordonnances et Règlemens 1 2 ». Ainsi, nul ne pouvait désormais échapper à la loi. Les grands officiers de la Couronne, les princes du sang, le roi lui-même devaient obéir. Celui-ci ne pouvait plus faire fabriquer, dans les enceintes royales du Louvre et des Gobelins, des pièces d’un poids exagéré ou de dimensions exceptionnelles. Son
« bon plaisir », réputé jusquelà maître souverain, devait se plier à la règle que lui-même avait tracée. C’est ce que le Mercure - , du reste, prit la peine d’expliquer, en propres termes, à ses fidèles lecteurs.
A l’occasion du mariage de Mllc de Blois, sa fille, avec le duc de Chartres, le roi fil exécuter par le célèbre Delaunay, « dont les ouvrages étoient si estimés et si recherchés », une garniture de toilette qu’il offrit à la jeune princesse et qui fut saluée par un cri général d’admiration. Mais, dit le Mercure, « comme ce monarque est toujours le premier à suivre les lois qu’il impose aux autres, et qu’il les suit même bien plus régulièrement, cette toilette n’a pas plus de pièces (jue Y Ordonnance en permet ».
Ce que ne dit pas le Mercure, c’est que la décoration de ces jolis ustensiles, exécutée par les premiers artistes du temps, et représentant la Fidélité avec la Fécondité, ainsi que Vénus à sa toilette, servie par les Grâces et les Amours, donnait à ce présent une valeur considérable.
Si le roi s’imposait le scrupuleux devoir d’observer la loi qu’il avait lui-même édictée, ce n’était pas, on peut en être sur, pour tolérer
d’après un dessin de l’album de Robert de Cotte. (Cabinet des Estampes.)
1. Delamarre, Traité de police, liv. III, til. I, ch. vi, t. I, p. 383.