‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 133 sur 154 · Mercure galant, n" de février 1G92, p · texte numérisé non relu

Mercure galant, n" de février 1G92, p

qu’elle fût violée par ses sujets. Aussi, pour en rendre l’application plus stricte — non seulement à Paris, mais dans la France entière — il ordonna au lieutenant général de police de la capilale, aux lieutenants généraux des bailliages, ainsi qu’aux juges royaux, de se transporter dans les boutiques d’orfèvres, de se faire présenter lous les ouvrages achevés ou en cours d’exécution, de dresser un procès-verbal, de faire cesser tout travail et de procéder même à une saisie chaque fois qu’ils trouveraient les fabricants en contravention avec la Déclaration royale. Pour assurer à Paris l’application rigoureuse de ces mesures draconiennes, le roi nomma même un commissaire spécial. Delamarre fut chargé de celte mission délicate, et il s’en acquitta avec un zèle et une conscience dignes d’un plus noble emploi. Nous possédons les procès-verbaux des perquisitions auxquelles il procéda chez le célèbre Alexis Loir1, chez Thomas Aubry, chez Philippe de Larbre2, chez Charles de la Fresnaye, en la boutique de Pierre Loizon, située dans la galerie des Prisonniers, chez Jean-Baptiste Favier, également établi au Palais, etc., etc. Une des premières perquisitions opérées par Delamarre eut lieu dans « la maison du sieur Nicolas Delaunay, marchand orfèvre ordinaire du Roy, l’un des Gardes à présent en charge3, demeurant dans les Galeries du Louvre ». Ainsi, ni le titre de Garde, ni celui d’orfèvre de la Couronne, ni les logements privilégiés accordés par le roi dans son propre palais, n’exemptèrent les grands artistes de ce temps de ces visites inquisitoriales.

Les procès-verbaux auxquels nous empruntons ces curieux détails sont datés du G mars 1G87 et du 14 décembre 1G89. On voit, par le premier, que notre commissaire avait bien employé son temps, puisqu’il était en fonctions seulement depuis trois jours. Deux mois plus tard, le lieutenant général de la Reynie informait Sa Majesté que, dans le cours de mars et d’avril, Delamarre avait découvert et saisi chez les orfèvres de Paris un

1. Fils de Pierre Loir, qui avait été Garde de la corporation en 1677, 1078, 1G79, 1680, IG81 , il avait été nommé Garde à son tour en 1687, IG88, et le lut de nouveau en 1697 et 1698.

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