‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 137 sur 154 · Jean Buvat, Journal de la Régence, t. I, p. 101 et · texte numérisé non relu

Jean Buvat, Journal de la Régence, t. I, p. 101 et

2. 11 est curieux de voir comment les financiers acceptèrent celte contribution forcée et prirent les devants en rapportant ce qu’ils avaient touché en trop. Samuel Bernard taxa lui-méme sa part de restitution à l’État à 9 millions; Crozat l’aîné envoya spontanément 6,000,000 livres; et pour les autres, le garde général du trésor Brunet de Rancy fut taxé à 4,200,000 livres; Charpentier, boucher de l’armée, à 3 millions; Philippe Milieu, inspecteur général des étapes, vivres cl fourrages, fi 1,200,000 livres; les receveurs généraux de Tournières et de Vougny, l’un à 3,330,000 livres, l’autre à 2,644,000 livres; le fermier général Romand, à 4,453,000 livres; Thomas Rivier, à 3,300,000 livres, etc., etc. Buval, au surplus, a inséré dans son Journal les huit Rôles contenant la taxe des gens d’affaires ; ils y tiennent une vingtaine de pages.

Saucière, composée par Pierre Germain, dit le Romain.

moins de sept à huit mois au commerce des actions et des autres papiers de la rue Quincampoix, lesquels s’éloient pourvus d’une quantité prodigieuse de vaisselle d’argent de toute espèce, la mieux travaillée et la plus belle qui se soit jamais vue chez les princes et chez d’autres personnes d’un rang distingué par leur noblesse et leur dignité 1 ».

Cette Déclaration rééditait naturellement toutes les prohibitions antérieures. Non seulement elle interdisait la fabrication des meubles d’argent précédemment défendue par les Édits de Louis XIV, mais elle réglait sévèrement le poids de toutes les pièces du service de table. Pour avoir

contrevenu à ses dispositions, les orfèvres Langlois et Gavot virent leurs ouvrages saisis et furent condamnés à 10,000 livres d’amende2. Malgré cela, la loi demeura sans effet appréciable; aussi, après avoir fait renouveler cinq mois après, par le Conseil d’État, toutes les prohibitions et pénalités contenues dans la première Déclaration royale, le Régent fit-il ordonner, par ce même Conseil, à tous les particuliers de porter leur vaisselle d’argent à la Monnaie, et leur fît-il défense de conserver « aucun diamant ou pierrerie ». (Juillet 1720.) Enfin, par une nouvelle Ordonnance, il fut enjoint à tous les sujets de n’avoir chez eux pas plus de cinq cents livres en argent comptant, et la Compagnie des Indes fit comparaître devant elle les supérieurs et les procureurs des Communautés séculières et régulières, pour qu’ils eussent à déclarer la quantité d’espèces qu’ils avaient dans leurs maisons.

Après cela, les perquisitions commencèrent et furent menées avec une vigueur rare et un acharnement singulier3. Pendant plus de quatre années une méticuleuse inquisition viola les domiciles

Buire en argent, composée par Pierre Germain, dit le Romain.

Page 1