‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 14 sur 154 · F. de Lasteyrie, Histoire de l’orfèvrerie, p · texte numérisé non relu

F. de Lasteyrie, Histoire de l’orfèvrerie, p

assez nombreuses et — nous l’avons dit plus haut — plus recherchées par les amateurs qu’elles ne l’ont été depuis lors.

Nombre d’écrivains anciens nous signalent cette passion. Plutarque raconte qu’un des fils d’Antoine, le triumvir, gratifia Philotas de quelques morceaux de cette argenterie ancienne, qu’il avait pris chez son père. Il ajoute qu’il les redemanda ensuite et désintéressa largement le philosophe, craignant qu’Anloine ne les réclamât pour les voir, car il attachait à leur possession une importance extrême. Martial se plaint d’être obligé, au cours des longs repas, d’entendre ressasser la généalogie de coupes et de bassins dont on fait remonter l’origine au temps de Nestor ou d’Achille. On sait que Caligula se vantait de boire journellement dans la coupe d’Alexandre le Grand. Juvénal, lui aussi, parle incidemment de cette vieille argenterie, — argentum vêtus. — Enfin, Pline nous apprend que, de son temps, certains de ces vases vénérables étaient payés sur le pied de cinq à six mille sesterces la livre.

Ajoutons, pour terminer celte revue rétrospective, que ce luxe formidable et raffiné n’était pas seulement, aux beaux jours de l’Empire, le propre de quelques grandes et illustres familles. Ainsi que l’atteste Claudien, l’exemple parti de haut était la loi commune :

Regis ad exemplum, totus, componitur orbis.

Chez les simples particuliers, en dépit de l’édit de Tibère qui limitait la vaisselle d’or au strict nécessaire pour les sacrifices, les vases en métal précieux abondaient. On trouvait à Piome, dans toutes les maisons aisées, une véritable profusion d’argenterie non seulement d’usage, mais de décoration et jusqu’à des brasiers et des baignoires d’argent. Ce luxe débordant dura près de cinq siècles, et ne prit fin que lorsque cet empire fastueux entre tous acheva de s’anéantir dans un délire morbide.

Bijouterie grecque. — Pendant de col en or. (Musée du Louvre.)

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