‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 23 sur 154 · Dans la galerie des Monnaies antiques, vitrine VII · texte numérisé non relu

Dans la galerie des Monnaies antiques, vitrine VII

3. Voir Labarte, Histoire des arts industriels au Moyen Age, t. I, p. 252 et suiv.

L’ORFÈVRERIE MÉROVINGIENNE

A la rigueur, on pourrait admettre avec M. Labarte que cette superbe parure fut envoyée au grand chef des Francs par l’empereur de Constantinople, lorsqu’il lui conféra le titre de consul ; mais il faudrait alors que cette pièce d’orfèvrerie constituât un spécimen unique. Or il n’en est rien, et les armes et bijoux découverts à Pouans (Aube) *, aussi bien que les disques et fibules trouvés à Charnay et à Sainte- Sabine1 2, tout comme le charmant reliquaire conservé dans le trésor de Saint-Maurice-en-Valois, l’évangéliaire de Monza, la couronne de Recesvinlhus 3 et les grandes fibules des musées de Mayence et de Saint- Germain, montrent assez que ce procédé de décoration était fort répandu en Gaule. Vingt autres objets achèveraient de prouver, s’il était nécessaire, que ce genre de travail fut pratiqué d’une façon courante par les Germains et les Francs. Ajoutons qu’un nombre incalculable d’autres bijoux, fibules, boucles, anneaux, etc., d’un genre tout différent, trouvés dans nos cimetières mérovingiens, et dont l’origine n’est pas contestée, viennent attester, par la perfection de ia maind’œuvre, que nos orfèvres nationaux étaient fort capables d’exécuter ces joyaux à grenats, qui ont si vivement préoccupé les archéologues.

Malgré son caractère légèrement sauvage, la bijouterie mérovingienne ne manque, en effet, ni de caractère, ni d’allure. Sa richesse un peu brutale n’est pas dépourvue de recherche, et si on veut se figurer ces plaques, ces fibules, ces agrafes se détachant en notes brillantes sur un vêtement austèrement et simplement drapé, on reconnaîtra que leur effet ne devait être dépourvu ni de noblesse ni de grandeur. Ce qui distingue surtout cette orfèvrerie de l'art appartenant à la période précédente, c'est que toute représentation humaine

Grande fibule mérovingienne.

(Cabinet des Médailles.)

Agrafe mérovingienne.

(Cabinet des Médailles.)

1. 11 existe une reproduction de ces bijoux au Cabinet des Médailles, les originaux appartienne!! au musée deTroyes. Ils ont été publiés par A. Gaussen, Portefeuille archéologique.

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