Pfl. Mouskes, Chronique rimée, v. 11084 et suiv
2. Les Grandes chroniques de France. — Le Tiers livre des fais et gestes de l'empereur Charlemaines, ch. iv.
LA MAIN-D’ŒUVRE RELIGIEUSE
devaient être publiquement exposées. Plus tard, Charles le Chauve en transporta une partie à « Saint-Denis en France », comme on disait alors, notamment le clou qui avait traversé le pied du Christ, le bras de Simëon, la tige d’épines, et en même temps ii concéda à la fameuse abbaye le privilège de la foire du Landit, qu’elle conserva pendant un nombre respectable de siècles, et qui attirait tant de monde pour voir et embrasser les saints objets, qu’un jour le clou de Jésus-Christ disparut, tant la presse était grande1. Maestricht s’enrichit également, grâce à la châsse de saint Servais et à sa « foire des reliques 2 3 ». Il en fut de même pour la Madeleine de Vézelay, où la dépouille de la grande pécheresse attira une foule énorme, jusqu’au jour où l'on découvrit que le corps si pieusement conservé, si longtemps vénéré par les fidèles venus des plus lointains pays, était vraisemblablement apocryphe ’. Durant tout le Moyen Age, la possession des reliques fut, au reste, jugée d’une telle importance que, « dans l’écrit que les sçavans de Paris composèrent pour engager le pape à préférer le séjour de France â celui de Rome, ils insistèrent beaucoup sur toutes celles de la Sainte-Chapelle du Palais, assurant qu’elles étoient préférables â celles de l’Italie 4 ».
Les ossements des saints, en effet, constituaient alors aux yeux des fidèles une sorte de « palladium chrétien » non seulement pour l’église, mais pour
1. Grandes chroniques. — Les Gestes de l’empereur Charles le Chauf, ch. xiv. — La Vie de Ms* sainct Loys, liv. I, ch. xv. « Le clou dont Nostre-Seigneur lu clochifîé en la croix... chey du vaissel où il estoit, si comme l’on le donnoil aux pèlerins à baisier, et fu perdu en la foule et la presse des gens qui le baisoient... » Ceci se passait en 1231.