‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 46 sur 154 · I. Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, l. I · texte numérisé non relu

I. Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, l. I

i on ne mangera pas de chair, nous donnerons à chacune personne trois œul's ou deux harens pour pitance, et du potage à disner; et au souper à chacune personne deux œufs et un harent, et un fourmage pour toute la semaine, tels que nous avons; eL aussi serons tenus de leur bailler bûches bien el convenablement pour eux chauffer, chandelles pour eux coucher et souper convenablement, quand ils en auront nécessité. Nous serons tenus de leur bailler un bon coffre en lieu seur comme dessus, où seront mises les parties el ouvraiges de ladite châsse bien et seurement, auquel coffre aura deux clefs dont lesdits en auront une et nous l’autre. » Ce travail dura une année. « Le plan en était magnifique, c’était la Sainte-Chapelle en or, avec sa flèche, avec sa toiture d’or fleurdelisée, avec ses broderies où resplendissaient 175 émeraudes, 51 grenats, 25 améthystes, 30 calcédoines, 220 perles orientales, avec les statues des douze apôtres et les deux portails merveilleusement sculptés... » Le jour où cet admirable ouvrage apparut au fond du sanctuaire, la foule des fidèles afflua pour le contempler; et le Tout-Paris d’alors déclara n’avoir jamais rien vu d’aussi parfait. Mis en goût par le succès qu’avait obtenu cette pièce superbe, l’abbé Guillaume demanda aux mêmes orfèvres d’exécuter, pour son église, une croix processionnelle de vermeil, semée de pierres précieuses, et un devant d’autel en cuivre doré, d’un dessin noble et somptueux. — Désormais, la main-d’œuvre civile avait remplacé, dans la décoration du sanctuaire, le travail recueilli des humbles religieux.

Ampoule montée en vermeil.

(Musée de Caen.)

Page 1