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Dans ses Nouels nouveaux

LES CORPORATIONS D'ORFÈVRES

Armoiries corporatives des orfèvres de Marseille.

Armoiries corporatives des orfèvres d’Amiens.

Leurs offrandes, au surplus, étaient une façon noble et généreuse de faire remonter jusqu’à Dieu les privilèges dont ils étaient si fiers, et de lui payer tribut pour leur nouvelle noblesse. En 1330, en effet, Philippe de Valois avait accordé aux orfèvres parisiens des armoiries, qu’ils s’empressèrent de faire graver sur la vaisselle d’étain de leur maison commune et de faire peindre sur leurs vitraux, sur leur bannière et jusque sur les écussons dont étaient décorés les cierges portés par les confrères dans les processions et dans les cérémonies funèbres. Ce bel exemple ne pouvait manquer d’être suivi. De la fin du xive aux premières années du xvie siècle, nous voyons sur toute l’étendue du royaume, dans la plupart des villes importantes, les Communautés d’orfèvres obtenir gracieusement ou acquérir, soit de la puissance souveraine, soit des autorités locales, — seigneur, évêque ou échevinage — le droit de bannière, et par conséquent de blason. Souvent même, dans certaines localités médiocrement importantes, les Communautés peu riches usurpèrent le privilège sans en acheter la consécration toujours onéreuse, et profitèrent des complications politiques, si fréquentes en ces temps troublés, pour s’arroger un droit que le temps se chargea de rendre légitime. — C’est ainsi que se créa le blason de l’Orfèvrerie française, blason qui ne compte pas moins de cent dix armoiries différentes intéressantes à étudier.

De ces armoiries, les unes étaient patronales, c’est-à-dire qu’elles portaient l’image du Patron de la corporation, ou la « pourtraicture » de quelque autre saint personnage, pour lequel la Communauté affectait une dévotion particulière.

D’autres étaient emblématiques ci représentaient les principales œuvres du

méfier. D’autres encore Armoiries corporatives

étaienL parlantes et réunis- des orfèvres de Chateau-Thicrry.

fit

fl

Armoiries corporatives des orfèvres de Besancon.

saient les outils par excellence de la profession. Il y en avait également de féodales. Celles-là portaient les emblèmes et couleurs, constituant la livrée des villes ou des seigneuries où elles résidaient. Enfin, d’autres semblaient être

purement imaginaires , . ,. Q

i ° ’ Armoiries corporatives

soit (ju’elles fussent sim- des orfèvres de Cambrai.

plement nées d’un caprice, d’une fantaisie ou qu’elles fissent allusion à quelque événement dont on devait par la suite perdre le souvenir.

Il n’est pas sans intérêt de constater’ que les armoiries d’Abbeville, d’Aire, d’Angoulème, d’Autun, d’Auxerre, de Bayeux, de Béziers, de Carcassonne, de Castres, de Chartres, de Coutances, de Dijon, de la Charité, de Lille (orfèvres), de Marseille, de Metz, de Péronne, de Perpignan, de Pilhiviers, de Riom, de Rouen, de Saint-Omer, de Soissons, de Strasbourg, de Toulouse, de Tulle et de Vie étaient féodales.

Il n’est guère moins curieux de noter que parmi les villes où les Communautés d’orfèvres possédaient des armoiries patronales, figuraient Amiens, Arras, Beaune, Blois, Bourges, Brioude, Cambrai, Caudebec, Châtellerault, Courlrai, Dunkerque, Laon, Orléans, Saint-Brieuc, Valenciennes, Vannes, etc. Les orfèvres de ces différentes cités avaient tous choisi pour patron saint Éloi. Ceux de Saint-FIour et de Saumur avaient donné la préférence à saint Louis; ceux de Limoges, à saint Martial; ceux de Romorantin, à saint Fiacre; ceux de Tours, à sainte Anne; les joailliers de Lille, à saint Nicolas. Enfin Alençon, Ancenis, Angers, Aurillac, Besançon, Bordeaux, Brest, Caen,Castellane,Chàlons,

Château-Thierry, Chauny,

Clermont-F errand, Compïègne, Crépy, Dieppe,

Digne, Douai, Évreux,

Falaise, Fontenay, Fougère, Grasse, Guise, Harfleur, le Havre, la F ère, la Flèche, Landerneau,

Armoiries corporatives ^ Rochelle, Laval, Lll-

des orfèvres de Quimper. COU , Lyon , le Mans ,

Armoiries corporatives des orfèvres d’Alençon.

LES CORPORATIONS D’ORFÈVRES

Montauban, Morlaix, Montpellier, Nantes, Niort, Noyon, Paris, Poitiers, Quimper, Reims, Rennes, les Sables-d’Olonne, Saint-Jean-cTAngély, Saint- Maixent, Saint-Malo, Saintes, Tonnerre, Toul, Toulon, Valogne et Vitry-le- François possédaient des armoiries emblématiques ou parlantes. Les emblèmes les plus généralement adoptés par ces diverses Communautés étaient la croix, la couronne, l’aiguière, le calice, le soleil, les boîtes de forme variées, etc.

Dans certaines villes, les orfèvres avaient été amenés à s’allier à d’autres professions et avaient choisi des emblèmes ne se rapportant qu’indirectement à leur métier. A Saintes, par exemple, où ils ne formaient qu’une Communauté avec les « orlogeurs », leurs armoiries étaient « de sable, à une pendule d’argent, rayée et notée de sable ». A Alençon, les joailliers réunis aux merciers portaient « d’argent à une main dextre de carnation, tenant un éventail et une branche de corail de gueules, mêlée avec des chaînes d’or et des tours de perles au naturel ».

On ne laisse pas parfois que d’être passablement surpris de ces alliances, que ni l’analogie d’origine, ni la parité des besoins ne sauraient expliquer. On comprend qu’à Riom, au Mans, aux Sables, à la Charité, à Abbeville, à Angoulème, à Chàtellerault, les orfèvres aient, comme à Saintes, admis dans leur Communauté les horlogers et les graveurs. On trouve assez naturel qu’à Ancenis, Arras, Caudebec, Châlons, Château-Thierry, Chauny, Falaise, la Fère, Pithiviers, Quimper, Romorantin, Tulle et Vie, ils aient fait cause commune avec les potiers d’étain. Ils avaient en effet avec ces diverses professions plus d’un intérêt commun. Mais comment ne pas s’étonner de

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