VAISSELLE D’ARGENT
1 nef d’argent à parer. .........
1 — — pour tous les jours. .
1 pot à aumône.
2 bassins argent doré
2 — — verré
5 dz. écuelles
1 dz. plats pesant 96“
4 justes argent doré
4 — — blanc
3 aiguières argent doré
9 — — blanc .
2 dz. hanaps argent ciselé 48. .
2 dz — — uni 36 ... .
1 bassin à laver la tête
1 salière
Ilàtons-nous de constater que l’argenterie des jeunes princesses ne consistait pas uniquement dans le lot plus ou moins considérable que leurs parents comprenaient dans leur trousseau. Suivant une habitude qui se perdait dans la nuit des temps, car nous l’avons déjà vue en honneur sous
L’ORFEVRERIE AU XIV3 ET AU XVe SIÈCLE
le règne de Chilpéric1, les grands seigneurs, désireux de montrer leur généreuse magnificence et de se concilier les bonnes grâces de la nouvelle épousée, ne manquaient pas de joindre leurs présents aux cadeaux paternels. Nous possédons même un document curieux qui peut nous édifier sur l’importance de ces présents. C’est Y État des joyaux donnés à la reine Isabelle lors de son arrivée en Angleterre et réclamés par la France en l’année 1400 2.
Isabelle de France, troisième enfant de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, née en 1389, avait épousé en 1396 — à l’âge de sept ans par conséquent — le roi d’Angleterre Richard III. Celui-ci étant mort en 1399, la jeune veuve de dix ans repassa le détroit et revint à la cour de son père, qui réclama les bijoux et joyaux constituant le trousseau personnel de la jeune princesse — trousseau que les Anglais ne s’empressaient nullement de restituer. A cet effet, Jean de Montagne, évêque de Chartres, et M°'r de Ilengueville dressèrent, de mémoire, un état dans lequel nous voyons que les ducs d’York, de Lancastre, de Glocester, d’Albemarle, le comte de Derby, l’évêque d’Asti, légat du pape, le duc de Bretagne, etc., avaient,
à son arrivée en Angleterre, comblé la jeune reine de cadeaux. Dans le nombre, il s’en trouvait de magnifiques. La veille de ses noces, le duc de Glocester avait offert à la petite princesse un aigle blanc en or « fait de pierreries et de perles ». Le lendemain, elle reçut du duc d’Albemarle « un cercle de pierreries fait à manière de jardins ». A Calais, les évêques présents et les dames de la ville lui avaient remis une douzaine de hanaps d’or et d’aiguières, huit paires de patenôtres et seize tableaux de même métal. A son arrivée à Douvres, â l’entrée du château, les dames lui avaient fait hommage d’une superbe couronne d'or; et, â
Nef de parement, restituée par Viollet-le-Duc.