‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 72 sur 154 · Le Ménagier de Paris, t. Il, p · texte numérisé non relu

Le Ménagier de Paris, t. Il, p

2. Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration , 2e édition, l. Il, p. 225.

3. Racontant un banquet donné par le duc de Bourgogne ù Paris, G. Chaslcllain écrit : « Le Duc avoit laict faire en mv (au milieu) la grant salle [de l’hôtel] d’Artois ung dressoir laict en manière d’ung chasteau rond à douze degrés de hault, plains de vaisselle dorée en pots cl en flascons ch' diverses fâchons, montants jusques à six mille marcs d’argent doré, sans celle qui estoit au plus haut de fin or, chargée de riches pierres de merveilleux prix. »

Les Honneurs de la Cour, dans Lacurne de Saintk-Pai.ayk, Mém. sur l’ancienne chevalerie, I. Il,

Petit dressoir chargé d’orfèvrerie d’après une miniature du xv° siècle.

Le comte Léon de Laborde, qui s’est l’ail l’historien du luxe incomparable des ducs de Bourgogne, a recueilli les inventaires des joyaux possédés par ces princes, et l’on peut voir qu’ils ne le cédaient guère à ceux du duc Louis d’Anjou. M. Jules Guiffrev, dans un livre récent, a également lait connaître les richesses du duc Jean de Berry; et c’est avec un éblouissement non moins vif qu’on passe la revue de ces orfèvreries merveilleuses, qui ne comprennent pas moins de 841 articles1. Et cependant tous ces trésors métalliques n’approchent pas de ceux que posséda le roi Charles V.

N'étant encore que dauphin et duc de Normandie, ce prince était parvenu à réunir, lui aussi, une quantité de pièces magnifiques, se recommandant au moins autant par leur mérite artistique que par leur valeur intrinsèque. Parmi ces pièces, nous relevons une statuette d’or de saint Jean, chef-d’œuvre du célèbre orfèvre Claux de Fribourg; un diadème superbe exécuté par un autre artiste non moins apprécié, Jean de Péquigny; des coupes et des aiguières d’or enrichies de pierreries, etc. Le dauphin possédait même un certain nombre de joyaux qu’on aurait pu qualifier d’historiques. Nous citerons, entre autres, une admirable couronne ayant appartenu à Jeanne de Bourgogne, et, monument plus précieux encore, la coupe d’or de Charlemagne. Un inventaire de ces richesses fut dressé en 1363. Il existe à la Bibliothèque nationale2.

Les événements qui suivirent la rupture du traité de Brétigny entraînèrent la dispersion et même en grande partie la destruction de ce premier trésor. Pour que le roi put payer ses soldats, il fallut fondre presque toute cette argenterie superbe3. Mais dès que, par ses victoires, Bertrand Du Guesclin eut réparé le désastre, Charles V se reprit à collectionner les belles argenteries et les splendides joyaux, avec une avidité que son loyal connétable, en plus d’une circonstance, lui reprocha amèrement4. 11 parvint ainsi, en un très pet i L nombre d’années, à réunir la plus belle collection de

1. Comte de Laborde, les Arts à la cour de Bourgogne. — J. Guiffrey, Inventaires de Jean, duc de Berry (1401-1416).

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