‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 78 sur 154 · Goldene Rossel, c’est-à-dire petit cheval d’or · texte numérisé non relu

Goldene Rossel, c’est-à-dire petit cheval d’or

4. Un autre joyau du même genre, également emporté de France par Louis de Bavière et donné par lui à l’église d’Ingolstadt, eut un sort moins favorable. Dans un pressant besoin d’argent, il fut envoyé à la Monnaie de Munich et fondu. Voir à ce sujet l’ouvragedu baron d’Arétin sur les Antiquités et œuvres d’art de la Maison régnante de Bavière.

L’ORFÈVRERIE AU XIVe ET AU XV' SIECLE

Jal, en effet, signale un joyau de même nature qui — douce réciprocité — fut envoyé en 1390 par Charles VI à Isabeau de Bavière, voyageant alors en Languedoc1. L'ouvrage consacré par dom Félibien à l'abbaye de Saint-Denis contient la reproduction d'un reliquaire dit de sainte Madeleine, où Charles V, la reine Jeanne de Bourbon et le jeune dauphin Charles VI sont figurés à genoux aux pieds de la sainte, debout sur un piédestal2. Nous reproduisons, d’après une vignette de Millin3 * 5, un autre groupe conservé en l’église collégiale de Vernon, connu autrefois sous le nom de Reliquaire de la reine Blanche, et qu’on disait avoir été donné à l’église par cette princesse, dont le cœur fut apporté à Vernon en 1398.

Enfin, le plus précieux et le plus magnifique de ces joyaux fut certainement celui que le duc Jean de Berry avait fait exécuter, et dont nous trouvons la description dans un de ses inventaires, description qui mérite d’être transcrite ici.

« Item un grant joyau d’or, de trois piez et demi de hault et de pié et demi de large, ou environ, auquel joyau a tout au-dessus un trosne où il a le Père, le Filz et le Saint-Esprit tenant une croix garnie de quatre grosses perles aux quatre bouz; et en la poictrine dudit Père a un fermail garni d’un rubiz et de trois perles; et autour dudit trosne a IX fermailléz, garni chascun fermaillet d’un gros balay et de X grosses perles, qui font IIIPX X perles; et darrière ledit trosne, a un grant bassin garni de XII gros balaiz, V gros saphirs et de LXXII grosses perles; et y a deux angels qui

Reliquaire dit de la reine Blanche à l’église collégiale de Vernon.

(D’après une gravure des Antiquités nationales de Millin.)

1. A. Jal, Dictionnaire critique de biographie et d’histoire , p. 551, sous Étrennes.

2. Dom Félibien, Hist. de l'abbaye royale de Saint-Denis, pi. Il, p. 53S. — Une inscription relative à l’origine de la relique portait que, donnée au roi le 6 décembre 1368 par la famille de Montmorency, qui la possédait depuis plus de cent ans, elle avait été attribuée ensuite à l’abbaye. — La plupart des familles de la haute noblesse possédaient des reliques rapportées par leurs ancêtres des Croisades.

L’authenticité de ces reliques était attestée par des diplômes el des chartes que l’on conservait pieu-

sement. On trouvera une de ces attestations dans les Souvenirs de M'"° de Créquy, pièces justificatives.

Page 1