VASE SASSANIDE
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L’ORFÈVRERIE DANS L’ANTIQUITE
parfaits négociants de ne point heurter de front les traditions et les habitudes des peuples chez lesquels ils s’efforçaient d’écouler leurs produits. Parfois l’imitation égyptienne est flagrante, et c’est seulement en constatant que les hiéroglyphes figurés « ne forment aucun sens suivi 1 » qu’on parvient à démêler la véritable origine de ces sortes d’ouvrages. D’autres fois, l’inspiration assyrienne domine. Le plus souvent, sur des zones disposées concentriquement, comme dans les vases assyriens, des scènes se déroulent, qui sont alternativement empruntées à ces deux sources si différentes.
Tels sont, par exemple, la belle coupe découverte en 1876 à Palestrina, conservée au musée Kircher, et si soigneusement décrite par MM. Renan et Clermont-Ganneau -r le plat d’argent trouvé à Cœré, dans une très antique sépulture désignée sous le nom de tombe Regulini- Galassi; les patères provenant de Dali et conservées au Louvre; celle dite de Curium appartenant au musée de New-York. Dans toutes ces pièces éminemment précieuses, on retrouve ce singulier compromis. Bien mieux, la répétition de certains détails d’ornementation semblant, d’une coupe à l’autre, calqués sur le même original, a fait supposer que ces divers ouvrages ont bien pu être exécutés par des artistes possédant des cahiers de sujets, qu’ils mettaient à contribution pour composer les longues frises meublant leurs zones concentriques, et qu’ils mêlaient adroitement, de façon à varier leurs compositions sans recourir à de nouveaux motifs2.
C’est à ces précieux ouvrages si fort estimés, nous l’avons vu, par les
Orfèvrerie chaldéenne.
(Coupe restituée d’après un dessin de Layard.)