‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 81 sur 154 · Millin, Antiquités nationales, t. I, ch. ni, p · texte numérisé non relu

Millin, Antiquités nationales, t. I, ch. ni, p

4. La plupart des riches seigneurs et des magistrats enrichis suivaient cet exemple et, fait à noter, beaucoup des beaux objets d’orlèvrerie légués par eux étaient « rentés ». A ce propos on nous permettra de citer une curieuse anecdote. « Je me souviens, — écrit la marquise de Créquy en parlant de l’abbaye de Montivilliers où elle fut élevée — je me souviens qu’il y avoit dans la chapelle où les abbesses étoient inhumées deux superbes lampes, dont l’une étoit d’un beau travail gothique, enrichi de pierreries sur fond d’or; celle-ci brùloit continuellement, tandis que l’autre, qui étoit en argent ciselé, n’ètoit allumée presque jamais. Comme je voulois toujours me rendre compte de toute chose, et que j’allois toujours questionnant chacun, j’appris que la lampe gothique avoit été fondée vers l’an 1200 et qu’elle avoit été dotée en bled, ce qui pouvoit fournir à son entretien toute l’année; tandis que l’autre, qui n’avoit été fondée qu’en 1550, ne pouvoit plus être allumée que quatre mois sur douze, attendu qu’elle avoit été dotée en numéraire. Voilà de quoi faire un beau chapitre d’économie politique, j’ai toujours oublié d’en parler à M. Turgot. » ( Souvenirs de la marquise de Créquy , t. I, p. 34.)

Pl. XV.

Page 1