Jean de Troye, Chronique scandaleuse, p
3. « A tous ceux cv avoit fait des dons, outre leurs pensions : et suis seur qu’à ce monseigneur de Mavart, outre sa pension, luy donna en moins de deux ans en argent et vaisselle vingt-quatre mille escus : et au chambelan Seigneur de Hastings, donna pour un coup mille marcs d’argent en vaisselle, et de tous ces personnages icy se trouvent les quitances en la Chambre des comptes à Paris. » (Cominus, Mémoires, liv. vi, t. I, p. 373.)
•il',', HISTOIRE DE L'ORFÈVRERIE FRANÇAISE
mise « si au bas » qu’elle « estoit » presque au désespoir, car « les biens qu’il prenoit sur sondit peuple, il les donnoit et distribuoit aux églises, en grans pensions, en ambassades el gens de bas estât et condition 1 ».
Sa tenue plus que modeste, son peu de recherche du faste et de la
parure sont d’autant plus remarquables chez Louis XI, que sous le règne de son père les seigneurs, les capitaines el même les simples gens d’armes, condamnés à une vie presque nomade par les continuelles expéditions — auxquelles les obligeait la conquête du royaume de France sur les Anglais — avaient pris l’habitude de porter sur eux-mêmes la plus grosse partie du métal précieux qui tombait entre leurs mains. Ils étaient peu jaloux, en effet, d’enfermer en leurs châteaux, hôtels ou manoirs, des collections d’orfèvrerie qui, par quelque retour offensif, pouvaient se trouver à la merci d’un ennemi souvent vaincu, mais toujours menaçant.
Au cours de cette longue campagne, qui dura près de quarante ans (1422-1461), on assista donc, dans le costume, au plus extraordinaire étalage cl’or et d’argent qu’on ait jamais vu. Suivant une expression du temps, seigneurs et hommes d’armes « semblaient parés comme des châsses». Ce fut à l’Entrée solennelle de Charles VII â Paris que ce luxe singulier s’affirma pour la première fois. Derrière le Dauphin on voyait s’avancer fièrement « Mgr le Bastard d’Orléans, armé de toutes pièces, luy et son cheval couverts d’orfèvrerie et d’une chaisne d’or (traisnanle derrière le dos du cheval), faite â grandes feuilles de chesne, pesant cinquante marcs 2 ».A l’Entrée de Rouen, effectuée sept ans plus lard, ce n’étaient plus seulement les gentilshommes qui apparaissaient aussi richement ornés. Les pages avaient leurs manches eL les hommes d’armes leurs salades, couvertes d’ornements en métal précieux. Quant aux grands seigneurs, écoutons ce qu’en dit la Chronique de Tournai : « Auprès du Roy — y lit-on — estoit le comte de Saint- Pol armé au blancq, dessupz un cheval enharnesquié de noir satin, sepmé