‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 93 sur 154 · A. Darcel, Notice des émaux du Louvre, p · texte numérisé non relu

A. Darcel, Notice des émaux du Louvre, p

et parfois même d’une grande importance. Châsses, reliquaires, bassins, chandeliers, crosses, etc., se rencontrent d’autant plus fréquemment, que l’absence de valeur du métal les a préservés de la refonte. Le musée de Cluny conserve un certain nombre de plaques remarquables provenant de châsses ou de coffrets. Le Louvre n’est pas moins riche. 11 possède quatrevingts spécimens de l’émaillerie champlevée limousine : fibules, chandeliers, paix, crosses, gemmellions, plaques, coffrets, écus, ciboires, custodes, pieds de croix, crucifix, petites châsses, vierges reliquaires, etc., parmi lesquels figurent plusieurs sujets d’un très haut intérêt : la Vision de saint François d’ Assise, le Christ dans sa gloire, la Mort de la Vierge, la Crucifixion, etc. On y peut contempler aussi un coffret, orné de médaillons quadrilobés à redans, chargés d’écus de France et d’Angleterre, et portant les quatre vers suivants, qui ne laissent aucun doute sur son origine non plus que sur sa destination :

Do[u]sse Dame ie vos aym léalmant Por Diefu] vos prie que ne m’obblié mie;

Vetsi mon cors à vos comandement,

Sans mauvesté et sans nulle folie.

Mais ces ouvrages, pour remarquables qu’ils puissent être, sont loin d’égaler en importance les belles châsses de saint Maurice conservée à Sens; de saint Dulcissime à Chamberret ; de saint Exupère à Toulouse ; de saint Etienne à Guriel , et celles de Beaulieu, de Bousbecque , de Lieutadès, d’Auxerre, de Chartres, et tant d’autres monuments religieux dont nous avons parlé dans de précédents chapitres. Ils ne peuvent non plus supporter la comparaison avec ces tombeaux qui, par leurs dimensions et leur originalité, achevèrent d’établir sur des bases indestructibles la haute réputation des émailleurs limousins.

Ces derniers ouvrages, dont nous signalions à l’instant la présence en Angleterre, furent également fort nombreux jadis en France. L’abbé Texier cite vingt-sept tombeaux de ce genre, qui auraient décoré autrefois les églises et les cloîtres du Limousin, ceux notamment de Grandmont, de la Chapelle- Taillefer, de Saint-Augustin-lez-Limoges, de Saint-Germain, etc. Ils se divisaient en deux classes principales et consistaient soit en dalles tumulaires recouvrant entièrement la sépulture, — comme celles qu’on voyait autrefois dans l’abbaye de Royaumont, sur la tombe de Blanche, première fille de saint Louis (1243), et sur celle de Jean, second fils du pieux roi (1247) 1 —

\. Nous reproduisons ici ces deux tombes d’après Millin, Antiquités nationales, t. II, ch. xi, p. 13. Une note de M. Dioron (Ann. archéol., t. VIII, p. 265) nous apprend qu’en 1848 ces deux tombes lurent déposées à Saint-Denis.

Pi.. XVII.

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