‹ Histoire de l'orfèvrerie françaiseChapitre 98 sur 154 · Dictionnaire d'orfèvrerie religieuse , p · texte numérisé non relu

Dictionnaire d'orfèvrerie religieuse , p

comme ou en voit sur les vitraux et les peintures de la première moitié du \ve siècle.

Avec les deux dates (pie nous venons de relever, coïncide l’apparition à Limoges du premier de ces émailleurs illustres, chefs de dynasties

artistiques, dont les héritiers devaient porter si haut la gloire de l’émaillerie limousine. Ce grand artiste, c’est Nardon Pénicaud, dont on constate, à partir de 1495, la féconde activité. Le musée du Cluny possède de lui une œuvre datée de 1503, remarquable au double point de vue de l’art du peintre et de l’habileté technique. A ce précurseur se rattachent trois artistes portant, eux aussi, le nom de Pénicaud, mais tous trois prénommés Jean, ce qui ne laisse pas — bien qu’on les ait désignés sous les noms de Jean Ier, Jean II et Jean III, — que d’embrouiller quelque peu leur généalogie. Avec un quatrième Pénicaud, appelé Pierre, lequel vivait encore en 1590, cette famille occupe tout le xvie siècle; et c’est la seule, en outre, qui débute dans ce qu’on peut appeler, avec raison, la période archaïque.

Les Nouaillier (ou Nouailher) viennent après. Leur lignée commence en 1503 pour finir en 1804, comprenant ainsi, en un espace de trois siècles, après Coulv Nouaillier, le fondateur de la dynastie, Martin Nouaillier (1587-1634), Jacques (1605-1674), Pierre (1665-1717), Joseph (1666-1721), Jean-Baptiste (1699-1775), Martial et Bernard, nés l’un et l’autre vers 1702, et enfin Jean-Baptiste II (1732-1804). Les plus anciens d’entre ces artistes, toutefois, appartiennent déjà à ce qu’on peut appeler la seconde période. A partir de 1520, en effet, les procédés se compliquent et deviennent d’une ingéniosité plus grande. C’est le moment où les belles grisailles prennent une importance capitale et constituent une des spécialités les plus caractéristiques de la peinture en émail. Ces émailleurs doublement méritants, qui d’une touche si franche et si large exécutent ces remarquables ouvrages, ont renoncé à l’ancien genre de peinture sur préparation. Au lieu de commencer, comme leurs devanciers, par donner le modelé à l’aide d’une

Émail peint.

Assiette représentant un des signes du zodiaque. (Musée du Louvre.)

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