XVI INTRODUCTION
mains et de leurs auxiliaires, les faisceaux de leurs licteurs, le tribunal du haut duquel ils rendent la justice, les sièges sur lesquels s'asseoient eux et les jurés. Des tableaux en forme nous représentent aussi la justice en action. A la vérité il faut éliminer avec soin ceux qui ne paraissent que des reproductions de sujets exotiques brossés sur les murs de maisons italiennes par des ouvriers d'art portante travers le monde quelques modèles traditionnels de provenance alexandrine, comme semblent être les prétendus jugements de Salomon du Columbarium de la villa Panfili et de Pompéi, et la suite de scènes judiciaires allant du même jugement à une sorte d'épreuve du congrès, découverte depuis dans une maison du temps d'Auguste, voisine delà Farnesine*. Il faut écarter pareillement ceux qui n'ont été aperçus que par la fantaisie d'archéologues trop inventifs, comme la représentation de la mort du Christ qu'on prétendit reconnaître Tan passé sur un graffîte depuis longtemps connu du Palatin *. Mais ce sont des scènes judiciaires bien romaines ou du moins bien italiques que représentent d'autres monuments de caractère indéniable. Ainsi le sarcophage de Gorneto où Ton a vu l'image d'une manus injeclio et qui représente, à notre avis, plutôt une causa liberalis ' ; ainsi la fresque d'une des maisons de foulons do Pompéi représentant les acteurs d'une rixe conduits devant le magistrat
i . Le premier monument est reproduit notamment à la suite de l'article de lahn sur les peintures murales du columbarium de la villa Panfili, Abhandlunyen de Munich, 1857, planche III, 9, et a été rapporté par ex. au jugement de Salomon par Samter, R6fn. Mitth., 1892, pp. 116 et ss. ; le second est reproduit Revue archéologique^ 1889, I, planche III, et a été rapporté au même sujet par de Rossi, Bull. deW Inst. di corr, arch,, 1882, pp. 37. 38. 65 eiBulL crit,j 1882, pp. 272-273. Les dernières fresques ont été reproduites Af on. delV Instit.j XI, pi. 46etss. et commentées par Loewy, Rendiconti deir Accad. dei Linceiy 1897, p. 27 et ss. V. pour leur appréciation d'ensemble la communication de M. Samter la Société archéologique de Berlin, Berliner philologische Wochenschrifty 1898, pp. 733-736.
2. V. sur ce graffite signalé bruyamment comme donnant un tableau détaillé de la mort du Christ, et qui, avant la prétendue découverte de M. Marucchi, avait toujours été considéré comme représentant les exercices d'une troupe d'acrobates, l'article de Degering, Berliner philologische Wochenschrifty 1898, pp. 497-499. On ne confondra naturellement pas ce graffite d'un dessin obscur et compliqué avec l'autre graffite du Palatin très clair et très connu où Ton voit sur la croix un christ k tête d'îine (reproduction par ex. Revue archéologique, 1889, I, p. 160).