XVIII INTRODUCTION
gnifiants employés par un auteur, semble une bien ingrate et bien peu intelligente besogne ; elle arrive pourtant à un résultat qui n'est point à mépriser, quand elle prouve matériellement qu'il faut distraire du texte de cet auteur un passage où se rencontrent des tours et des termes qu*il n'a pas employés, qui sont ignorés de lui et de ses contemporains, qui apparaissent seulement chez des écrivains d'âge tout différent. Ce n'est pas un travail d'aspectbeaucoup plus noble de parcourir,la plume à la main, du commencement à la fin, d*énormes volumes d'inscriptions en y cherchant tous les noms de decemviri sllilibus judicandis, de tresviri capitales, d'individus inscrits sur les listes du jury, pour en dresser ensuite des tableaux systématiques, ainsi des listes de jurés disposés par ordre chronologique, par ordre hiérarchique et par ordre géographique, de dépouiller les mêmes recueils pour préciser les dénominations diverses que portent les magistrats locaux dans les cités d'Italie et des provinces, ou encore de chercher cette fois plutôt dans la littérature que dans les inscriptions quels sont les personnages signalés comme ayant, sous la République, occupé la préture urbaine, ou la préture pérégrine, présidé des qaaestiones perpetuae et à quelle date ; ou bien de relever par ordre de date et par ordre d'infractions les crimes qui paraissent avoir été jugés par des quaesliones avant Sulla ; de déterminer chronologiquement l'ordre d'apparition dans les textes des diverses voies de droit privé que le préteur urbain a pu créer depuis la loi Aebutia; ou encore de dépouiller les lettres de Cicéron pour établir suivant quel itinéraire et à quel moment il a tenu les assises judiciaires dans les principales villes de sa province de Cilicie ; ou de chercher dans Tensemble des sources les renseignements qu'elles peuvent fournir sur la liste des conventus judiciaires des différentes provinces, ou même sur celle des endroits où le gouverneur est signalé comme ayant rendu la justice criminelle. Ce peut sembler plutôt un travail d'archéologue que de jurisconsulte d'examiner en quel endroit précis de Rome s'élevait le tribunal du préteur, s'il était anciennement toujours sur le comithim el en quel point il s'y trouvait, à quelle époque il a été transporté sur le Forum et à quel endroit, à quel endroit encore siégeaient les édiles curules et les présidents de quaestiones, en quels lieux la justice a