‹ Histoire de l'organisation judiciaire des RomainsChapitre 14 sur 179 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

été rendue par les magistrats impériaux mis à la place des magistrats judiciaires de la République. Nous avons cependant étudié tout cela, et beaucoup d'autres choses encore. Et nous n'avons jamais eu à nous en repentir. Rien de tout cela n'est inutile, non pas pour instruire de quelques curiosités sans lien entre elles ou avec l'ensemble, mais pour mettre en chaque point particulier des solutions précises et sûres à la place des généralités traditionnelles et pour arriver ainsi à un tableau total aussi rapproché de la vérité qu'il est possible.

Les plans successifs du comilium où s'enferme anciennement presque toute la vie judiciaire avec le tribunal du préteur, le siège des triumvirs capitaux et le banc des tribuns par exemple ; puis du Forum où l'on voit s'installer les tribunaux criminels et civils du dernier siècle de la République et enfin de la dispersion des magistrats judiciaires impériaux sur toute la surface de la Rome antique, donnent une assiette visible à l'histoire de l'organisation judiciaire dans les périodes auxquelles correspondent ces diversités topographiques. On ne comprend pas seulement beaucoup mieux ce qu'est un conventus^ quand on connaît son ressort précis, quand on sait combien il y en avait dans telle ou telle province, combien de temps le gouverneur mettait pour aller de l'un à l'autre, combien de jours il restait au chef-lieu de chacun ; ces données positives permettent de trancher autrement que par la fantaisie certaines questions relatives aux actes de procédure à accomplir durant le conventuSy à ceux qui devaient le précéder et à ceux qui devaient le suivre. Déterminer les matières sur lesquelles les quaestione^ ont statué avant Sulla et les dates auxquelles elles Pont fait, c'est ressusciter, dans sa partie la plus importante et la plus sûre, l'histoire si obscure et souvent traitée avec si peu de critique du développement de la procédure des quaestiones entre son introduction par Calpurnius Piso en 605 et son organisation définitive par Cornélius Sulla en 673. La connaissance la moins imparfaite possible de la date respective des créations du préteur urbain donne une base positive pour l'histoire de la formation du droit prétorien, c'est-à-dire de l'exercice fait par le premier des magistrats judiciaires des pouvoirs nouveaux que lui avait procurés la loi Aebutia. Les listes des préteurs urbains et pérégrins autorisent quelques conclusions et écar-

Page 1