Macrobe, Saf
4. V. en ce sens 0. Mueller, Die Etrusker, I, p. 342; Deecke, Kulturgesckichte^ p. 177.
ETRURIE, VILLES GRECQUES DE L'ITALIE MERIDIONALE t85
monarchie y eut disparu * et qui s'est sans doute rigoureusement maintenu dans la plupart des cités qui survécurent sous la domination romaine. Que Ton songe par exemple à Volsinii, la ville enlevée en 488 à ses gouvernants aristocratiques par une victoire, insurrectionnelle ou légale, de ceux que les textes appellent leurs « esclaves », reprise en 489 sur les « esclaves » par les Romains dont les anciens gouvernants avaient sollicité le secours, puis rebâtie par les soins des Romains en un autre lieu et rendue par eux, disent encore les textes, à ses anciens maîtres ': si jamais ancien régime oligarchique a dû être intégralement restauré, ce fut assurément là. Où l'originalité des institutions locales demeura probablement le plus marquée, ce fut dans les villes grecques de l'Italie méridionale entrées en qualité d'alliées de Rome dans la fédération italique, comme Neapolis en Campanie, Tarente en Calabre,Velia etHéracléeen Lucanie, Rhegionet Locres dans le Bruttium s. C'est là sans doute que les coutumes étrangères restèrent le plus vivantes et que l'influence romaine fut le plus faible, non pas seulement parce que c'était là que les traités
1. Cf. sur le mouvement qui mit en Étrurie comme dans le reste de Tltaiie des chefs temporaires à la place des rois viagers et dont le souvenir nous est conservé dans le dictator de Caere (pp. 6,n. 1 et 51, n. 1), ainsi que sur le caractère aristocratique des institutions des républiques étrusques, 0. Mueller, I, pp. 334-363 ; Deecke, Kullurgeschichte, p. 176.
2. Florus, 1, 16, 21 ; Val. Max., 9, 1, Ext., 2; De virisilL, 36 ; Orose, 4, 5, 3-5 ; Zonaras, 8, 7. Cf. 0. Mueller, Die Etrusker, I, pp. 353-354 ; Th. Mommsen, Rômische Geschichie, I, pp. 338. 426 =: tr, fr., II, pp. 128. 247-248. M. Mommsen dit, au premier passage, que les Romains mirent fin, en même temps qu'au désordre, au dernier reste d'indépendance. Mais cela ne signifie peut-être pas, dans sa pensée, que la ville de Volsinii ait perdu son caractère de cité étrusque non romaine. En tout cas, les textes selon lesquels les Romains rendirent la ville nouvelle aux anciens maîtres de la ville détruite (v. par ex. Orose, 4, 5, 5 : Per Romanorum seventatem et vindicali sunt et restituti) impliquent que la nouvelle Volsinii reprit la constitution de Tancienne. C'est ainsi que M. Niese, Abris$, p. 54, semble comprendre les choses.
3. V. sur ces différentes cités Beloch, Italische Bundf pp. 175-176 et surtout les notices du C. /. L., IX, pp. 21-22 (Tarente). X, pp. 3, 4 (Rhegion).5 (Locres). 21 (Héraclée). 51 (Velia). 170-172 (Neapolis). M. Beloch cite encore comme villes grecques alliées, outre Ancona dans le Picenum (C. /. L., IX, p. 572), Crolone (C. /. L,, X, p. 14), Thurioi (C. /. L., X, p. 17) etMetaponle. Mais ces trois villes ont perdu leur indépendance en punition de leur conduite dans la guerre d'Hannibal. On trouvera des détails et des indications de sources sur les institutions primitives de Rhegion, de Locres, de Crolone, de Thurioi, de Tarente et d'Héraclée dans C. Gilbert, Handbuch der griechiscken Staatsaltertkumer, II, 1885, pp. 238-247.
avaient les clauses les plus larges % mais parce que c'était là que Rome se trouvait en face de la civilisation la plus avancée en développement. Parmi les concordances, certaines s'expliquent non pas par l'action de Home sur ses alliés helléniques, mais par l'imitation romaine des modèles de la grande Grèce» d'autres viennent de défigurations récentes du système primitif. Ce ne sont pas, a-t-on déjà vu, les <xyop«»6iiot et les à<TTwôpwt qui ont été calqués sur les édiles «. Ce n est pas non plus à l'origine que l'organisation romaine s'est déguisée sous les noms grecs dont sont par exemple encore désignés sous l'Empire les magistrats de Neapolis et de Rhegion '. A Tépoque moderne, après la romanisation des peuples et des villes, les noms ont été gardés par cette obstination mélancolique qui cherche dans la conservation des mots la consolation de la perte des choses. Mais ce n'est là qu'une dégénérescence tardive. Les oipxo>rrtç et Ics ir/ourdcviiç de Rhegion *, les^-huMpxoi de Naples^ peuvent être, dans les municipes de citoyens du temps de l'Empire, des IlIIviri Jure dicundo travestis à la grecque • ; dans
1. Ce lien plus lâche se manifeste déjà dans la nature particulière du contingent consistant en navires et non pas en troupes de terre, fourni pour les guerres de Rome par les alliés de langue grecque à la différence des autres alliés italiques. Cf. Mommsen, Droit public, VI, 2, pp. 305-306.