LES PRÉFECTURES ITALIQUES, CATÉGORIES
le second parCasilinum, Volturnum etLiternum, le troisième par Puteoli, Acerrae et Suessula, le quatrième par Atella et Calatia ; que les quatre préfets avaient à se partager quatre petits itinéraires, quatre plans de tournée distincts allant sans se rencontrer le premier de Capua à Cumae, le second de Gasilinum à Volturnum, puisa Liternum, le troisième de Puteoli à Acerrae, puis à Suessula, le quatrième d'Atella à Calatia*. Et cette double remarque a son intérêt ; car elle montre que les quatre collègues chargés chacun de l'une des quatre divisions territoriales y exerçaient leur activité successivement dans les principales villes de leur circonscription d'une manière analogue à celle dont les gouverneurs de provinces devaient plus tard exercer la leur dans les principales villes de leurs circonscriptions plus larges, aller tenir les assises judiciaires, les conventus, dans les principaux chefs-lieux de leurs provinces. Il n'est même pas impossible que le nom et Tidée du conventuSy de l'assemblée tenue dans une ville pour les assises judiciaires aient passé des chefs-lieux multiples des petits cercles dans lesquels les préfets faisaient leurs tournées à ceux des cercles plus amples dans lesquels les gouverneurs pntfait les leurs ; car le mot se rencontre certainement', et peut-être dans cette acception *, pour Gapoue.
1. V. à ce sujet le pian schématique n*^ II ; M. Beioch, Campanien, p. 316, suppose que les quatre préfets étaient préposés le premier à Capoue et à son territoire, le second à Cumae,le troisième à Acerrae et le quatrième à Suessula. C'est directement contredit par Tordre de Festus qui par ex. ne mettrait pas alors Atella et Calatia à la fin de la liste, après Cumae, Acerrae et Suessula.
2. Gicéron, Pro Sestio, 4, 9 : Conventus ille Capuae, qui propler salutem illius urbis consulatu conservatam meo mé unum patronum adoptavit^ hutc apud me P. Sestio maximas gratias egit, par opposition à eidem homines nomine commutato coioni decurionesque après la déduction de la colonie de César. Cf. Mommsen, C. I. L., X, p. 366. Strafrecht, p. 223, n. 2.
3. A la vérité, les conventus civium Romanorum, qui étaient des sortes d*associations des citoyens habitants de villes pérégrines, et les conventti^ judiciaires, où, dit Festus, a magistratibus judicii causa populus congregatur, ne se confondenl pas, dans les provinces, à l'époque où le régime établi après la guerre sociale a écarté le mot et la chose d'Italie : les conventus civium Romanorum fournissent bien la forte part des jurés dans les villes où le gouverneur tient le conventus judiciaire ; mais ils'existent, en dehors de lui et dans beaucoup de villes où le gouverneur ne le tient pas (v. le tableau des villes de l'empire où est attestée Texistence de conventus civium Romanorum dans E. Kornemann, De civU)us Romanis in provinciis imperii consistentibus. Berlin ,
Les préfectures où les préfets ont toujours continué à être nommés par le préteur, ont eu pareillement chacune son territoire. Mais on pourrait se demander si les villes n'y ont pas été également groupées en circonscriptions comprenant plusieurs chefs-lieux soumis au même préfet et visités successivement par lui. Bien qu'on ne voie pas l'idée directrice de l'ordre d'énumération de Festus, qui ici encore n'est ni Tordre alphabétique, ni un ordre géographique, ni un ordre chronologique \ et qu'il soit possible à la rigueur de grouper quelques-unes des localités qu'il cite selon le principe indiqué pour le premier terme de sa liste, — ainsi Fundi et Formiae chez les Volsques, Venafrum et Allifaeèn Campanie, Privernum, Anagnia et Frusino chez les Volsques et les Herniques, — son ordre général où Ton trouve les localités voisines le plus souvent séparées, est, dans l'ensemble, incompatible avec cette conjecture *. 11 est donc à croire qu'à la différence des préfets électifs de Campanie, ceux des autres régions étaient, pour la plupart, envoyés par le préteur chacun dans un seul lieu, que
1881, pp. 97-114, et dans l'article conventus du môme, Pauly-Wissowa, IV, pp. 1182-1187). Et le texte de Cicëron peut, au moins aussi bien, s^entendre de la première sorte de conventus que de la seconde ; mais cependant les deux idées sont là confondues, puisque ce sont les mômes citoyens habitants de la ville dépouillée de la cité depuis Tan 544 qui y forment rassemblée des citoyens et qui y jouent le rôle de juges, et même, au temps antérieur où tous les citoyens avaient le droit de cité, c'est surtout en matière judiciaire que devait se dégager Tidée du conventus, composé, pour les assises du préfet, des membres du sénat local (p. SOI, n. 5).
1. Pour Tordre alphabétique, il suffit de lire la liste. Pour Tordre géographique, la ville étrusque de Caere est séparée de la ville étrusque de Saturnîa par les villes campaniennes d'Àllifae et de Venafrum, par la ville bernique d'Anagnia et par les villes volsques de Privernum et de Frusino. Au point de vue chronologique,Reate qui a reçu la cité sans suffrage en 464 (Velleius,l,14) est après Anagnia qui Ta reçue en 448 (Tite-Live, 9, 43) et avant Arpinum qui Ta reçue en 451 (Tite-Live, 10, 1) ; Fundi, Formiae et Arpinum qui ont reçu la cité complète en Tan 566 (Tite-Live, 38, 36) sont aux deux extrémités de la liste au milieu de laquelle on trouve des villes sabines comme Nursia et Reate qui Tont reçue en 486 (Velleius, 1, 14). Quant aux tribus, Anagnia, qui appartient à la Publilia (C. I. L., X, p. 584. Kubitschek, p. 11), est entre Privernum et Frusino qui sont de TOufentina (C. J. L.,X, pp. 637. 554. Kubitschek, pp. 18. 21) et ainsi de suite.
2. C'est par ex. évident pour la ville étrusque de Caere isolée entre les villes volsque et campanicnne de Formiae et de Venafrum ; pour les villes sabines de Nursia et de Reate séparées par la ville étrusque de Saturniaet suivies de la ville volsque d'Arpinum.