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828 CHAPITRE III. — DES LOIS LICINIENNES AU DÉBUT DU Vif SIÈCLE
ditions de fait. Le tableau de l'administration judiciaire des quatre premières provinces n*aurait ni sa perspective correcte ni ses couleurs vraies, si, à côté des similitudes d'ensemble, on ne marquait les discordances de détail.
Nulle part le rôle du gouverneur n'a été plus simple, d'une monotonie plus identique à elle-même que dans la pauvre et rude province de Sardaigne. Les Carthaginois, dont les Romains prenaient la succession, n'avaient jamais entrepris une soumission complète de l'île. Ils avaient établi des comptoirs sur les côtes et peut-être des exploitations agricoles dans quelques régions fertiles * ; quant aux massifs montagneux dans lesquels s'étaient réfugiés les débris indépendants de la population indigène, ils se bornaient sans doute à y envoyer à l'occasion de petites expéditions militaires pour chûtier les incursions faites sur leur territoire et pour opérer des razzias d'esclaves destinés aux besoins de l'exploitation locale ou à l'exportation. Les Romains ont longtemps fait de même*; c'est de l'intérieur insoumis que venaient les esclaves sardes du marché de Rome ', et les trafiquants Romains qu'expulsa Caton dans son gouvernement de l'an 556 *, devaient toujours résider dans les villes des côtes. En dehors des expéditions militaires de rintérieur et de la rentrée du tribut, perçu au moins en partie en nature suivant un système probablement antérieur à la conquête \ la tâche du résident romain devait se borner à régler les litiges et à réprimer les délits de la population romaine ou étrangère des quelques points voisins de la mer aux-
1. Sur les établissements des Carthaginois le long des côtes de Sardaigne V. Pausanias, 10, 17 ; Diodore, 4, 30. 5, 15, et les observations d'Ed. Meyer, Geschichte des Alterthums^ II, pp. 697-698. Sur la fondation possible des plus vieux comptoirs phéniciens tels que Thassos, Sulci, Karalis, non pas par les Carthaginois, mais par les marins de Tyr et de Sidon, \, le même, I, p. 338, II, p. 144.