‹ Histoire de l'organisation judiciaire des RomainsChapitre 26 sur 179 · LA CITÉ PRIMITIVE, ANTÉCÉDENTS ET TRANSFORMATIONS · texte numérisé non relu

LA CITÉ PRIMITIVE, ANTÉCÉDENTS ET TRANSFORMATIONS

temps de la fondation de Rome ^ Elle n'a pas toujours existé. Les ancêtres des Italiotes ont, comme ceux des Gfecs, des Germains, et des Celtes, d'abord mené une vie nomade au cours de laquelle sont nés les premiers gouvernements, à laquelle remontent probablement les origines du pouvoir royal * et, quand ils ont ensuite fait leurs premiers essais d^établissements stables, ils n'ont pas plus que les Grecs, les Germains ou les Celtes ' immédiatement habité de véritables villes. Chaque groupe a commencé par vivre sans capitale, éparpillé en villages ouverts, comme par exemple les Sabins, les Marses et les Samnites ont longtemps continué à faire après s'être installés dans les régions de la péninsule où ils ont pris leur résidence définitive *. Le changement peut ne pas s'être opéré au même moment pour tous, avoir eu lieu plus tôt pour les uns et plus tardivement pour les autres, n'avoir été réalisé par certains qu'après le terme de leurs migrations et l'avoir été par d'autres dès auparavant *. Par-

1. Cf. par ex. Ed. Meyer, Geschichte des AUerthumSj II, pp. 520-525. Voir pour la date d'introduction du système, la n. 5.

2. V. à ce sujet les idées un peu exagérées émises par M. de Iliering, Les Indo-Européens avant Vhistoire, Irad. de Meulenaere, 1895, pp. 368-372. V. en outre tant sur ce point que sur le développement politique atteint par les populations indo-européennes avant leur séparation, 0. Schrader, Sprachr vergleichung und VrgeschichiCy 2* éd., 1890, pp. 568-585. Reallexikon der indogermanischen Aller tumskunde, 1, 1901, pp. 442-454.

3. On connaît pour les Germains les témoignages de Tacite, Germ,, 16, et encore au IV* siècle d'Ammien MarcelJin, 16, 2. Polybe, 2, 17, 9, représente les Celtes de la Haute-Italie comme vivant en villages ouverts. Il n'en a pas été autrement à l'origine d'une portion des Hellènes. V. par ex. Strabon, 8, 3, 2 et les développements d*Ed. Meyer, Gesch. des Allerthums, II, § 193.

4. Samnites: Tite-Live, 9, 13, 7 ; Marses: Strabon, 7, 4, 12; Sabins: Caton, chez Denys, 2, 49, etc. Cf. Ed. Meyer, Gesch, d. AU., II, p. 519. Soltau dans Holm, Deecke et Sollau, Kulturgeschichle des klassischen Aller- Ihums, 1897, p. 202 et, en un sens un peu différent, Mommsen, Droit public^ VI,l,pp. 135-136.

5. Ces réserves sur le temps et le lieu de la transformation sont rendues nécessaires par les résultats très remarquables des fouilles habilement conduites dans les trente à quarante dernières années sur l'emplacement des anciennes stations sur pilotis de la plaine du Pô. V. Helbig, Die llaliker in der Poebene, 1879, résumé par G. Perrot, Journal des savants, 1880, pp. 434 et s., 476 et s., 530 et s., et pour les fouilles postérieures, en partie très importantes, Flaminj, Siazione preislorica sul monte Castellacio pressa Imola 1887 ; Pigorini, Rendiconti dei Lincei, scienze moraliy V, 2, 1893, pp. 832-838 et les liotizie degliscavi, 1894, pp. 9 et s., 373 et s. ; 1895, p. 9 et s. ; 1896, p. 57 et s.; 1899, p. 312 et s. Plusieurs savants considèrent comme établi

tout c'est peu à peu que les refuges primitivement destinés à protéger temporairement le peuple et ses biens contre des périls extraordinaires venant de la nature ou des hommes sont devenus sa demeure permanente, le siège exclusif de son activité

par ces fouilles que, lorsque les ancêtres de certaines des races italiques et en particulier ceux des Latins descendirent des Alpes dans la Haute-Italie, ils avaient déjà la coutume de rassembler leurs habitations dans des enceintes quadrangulaires, régulièrement orientées et entourées de murs et de fosses rectilignes, qui constituaient de véritables petites villes. En effet, les vestiges des stations semblent attester que leurs habitants sont descendus des Alpes en deux groupes distincts, en deux sortes d*alluvions successives correspondant à des états de civilisation différents. Le premier groupe a laissé, surtout dans la région des lacs de la Haute-Italie, des habitations lacustres élevées sur pilotis, relativement peu nombreuses et dépourvues de disposition et d'orientation régulières, dont les débris révèlent une population à peine sortie de Ytge de pierre, ne faisant que commencer à connaître le bronze et pratiquant pn matière funéraire Tinhumation des cadavres. Le second, dont les représentants sont en plein kge de bronze, pratiquent Tincinération des morts, possèdent de nombreux animaux domestiques, ont une agriculture développée, connaissent la culture de la vigne et divers arts industriels, a laissé principalement dans la portion Est de la vallée du P6, plusieurs centaines de çtations d'un type tout différent, les terramares, petites cités fortifiées en forme de quadrilatère, d'une étendue de trois k quatre hectares, entourées d'un rempart et d'un fossé continu, orientées d'après les points cardinaux et contenant dans leur enceinte des huttes de torchis, de chaume ou de branchages élevées sur pilotis, même en terre ferme, et disposées suivant un plan •géométrique en rues coupées à angles droits par l'intersection de lignes verticales. Il est bien tentant non seulement de voir dans les uns et les autres avec MM. Helbig et Perrot, les pères des Italiotes pourvus dès leur arrivée d'une culture supérieure à celle des Ibères et des Ligures qui furent avant eux les premiers habitants connus de la péninsule, mais de distinguer les deux flots, comme ont fait les auteurs les plus récents. V. par ex. Soltau, JLuUurgeschichte des Alterthums, i897, pp. 202-203, et surtout dans le même ouvrage, pp. 163-167, Deecke dont l'adhésion est d'autant plus remarquable qu'il repoussait encore cette doctrine en 1877, dans son édition d'O. Mûller, Die Btrusker, II, 1877, p. 129, n. 1. On retrouverait alors dans le premier groupe les ancêtres du groupe ombro-sabellique qui mène encore plus tard .une existence fort analogue (p.7, n. 4) et dans le second la souche commune d'où sont plus tard sortis les Latins, les Falisques, et peut-être même, selon la formule nouvelle donnée par M. Deecke au système d'Ottfried Mûller, l'élé- .ment italique du peuple composite des Etrusques, et on reconnaîtrait dans les stations sur pilotis des environs d'Imola ou de Crémone le type déjà nettement arrêté des villes régulières, entourées d'une muraille quadrangulaire, :orientées d'après les points cardinaux et coupées à angles droits par le cardo ret le decumanus, telles qu'ont été par exemple la Roma quadrata latine du Palatin et la ville étrusque de Marzabotto et que furent encore jusque sous l'Empire, les colonies nouvelles délimitées au moment de leur fondation par les agrimensores . Cependant l'identification est toujours contestée, aussi bien dans le principe que dans le détail. Voy. par ex. Ed. Meyer, Geschichte des AUerthums, II, pp. 505. 506. 508. 525.

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