CERTITUDE PLUS GRANDE DES SOURCES
rieurs restent un terrain libre, presque entièrement vide, sur lequel la fantaisie a construit à sa guise : la liste des magistrats éponymes, contenue dans les fastes consulaires, qui se
des Romains en Tannée 364 de Rome = 360 av. J.-G. En réalité, elle a eu Heu, d*après les synchronismes fournis par Polybe, 1, 6, Diodore, 14, 110-117 cl d^auires sources encore (v. par ex. lahn, Griechisofie Bilderchronikerit 1873, p. 77), en la 2« année de la 98* Olympiade, c'est-à-dire en 387-386 av. J.-C. (contre la date de 382 av. J.-C. proposée par Niebuhr et de nouveau défendue par Unger, Sitzungsberichte de Munich, 1876, p. 563 et ss., v. Niese, Hermès, XllI, 1878, p. 406 et ss. et aussi Soltau, Rômische Chronologie, 1889, p. 309 et ss., p. 350 et ss.}. L'incendie de la ville qui en fut la suite et qui probablement ne laissa guère debout, en dehors du Capitole, que les murs de quelques temples, a dû détruire, ainsi que dit Tite-Live, 6, 1, la plupart des documents antérieurs. C'est en particulier ce qui a dû arriver pour le plus précieux de tous, pour les annales du grand pontife. Suivant un très ancien usage, attesté notamment par Servius, Ad Aen,, 1, 373, et par Cicéron, De orat., 2, 52, le grand pontife affichait au commencement de chaque année, sur le mur de sa demeure officielle, de la regia, une table portant en tète les noms des magistrats tabula pontificis. tabula annalis, qui d'après une conjecture récente et vraisemblable de M. 0. Seeck, Kalendertafel der Pontifices, 1885, n'était autre chose que le calendrier de la nouvelle année, et il y inscrivait ensuite, jour par jour, à leur date, les événements importants, c'est-à-dire sans doute les événements importants pour la religion, probablement» suivant une autre conjecture récente et heureuse de M. Cichorius, Pauly-Wissowa, Realencyclopàdie, I, 1894, v. Annales maximi, à cause des cérémonies religieuses qu'ils provoquaient et à la date de ces cérémonies : les témoignages concrets que nous avons sur le contenu de ces tables annales nous les montrent constatant des prodiges et leur expiation (Aulu-Gelle, 4, 5), des éclipses (Caton, chez Aulu-Gelle, 2, 28, 6 ; Cicéron, De rep,, 1, 25), des famines (Caton, lac, cit,) et sans doute aussi par conséquent des épidémies, qui devaient pareillement provoquer des cérémonies expiatoires. Puis, Tannée finie, la table était déposée, à côté des tables précédentes, aux archives pontificales, où la collection ainsi formée dut longtemps être connue et utilisée exclusivement par les pontifes^ pour la pratique du culte, mais où elle devint» quand les préoccupations historiques s'éveillèrent, le tronc solide et grêle de la littérature consécutive, la source directe de tout ce qu'elle fournit de moins défectueux. Et, quand, après le début de ce développement littéraire, on cessa de rédiger la table annuelle, lors du grand pontificat de P. Mucius Scaevola, probablement entre Tan 623 et Tan 640, on tira de la collection quatre-vingts livres d'annales maximi, qui, selon la doctrine la plus répandue, auraient été une rédaction déjà amplifiée des notes des pontifes, qui, d'après Popinion bien préférable de M. Gichorius, étaient purement et simplement une copie intégrale des tables contenues dans les archives sacerdotales. Par malheur, le commencement de la collection manquait alors depuis longtemps. Les tables antérieures à l'invasion des Gaulois furent détruites par Tincendie de la ville et on a ensuite tout au plus restitué de mémoire celles des quelques années les moins éloignées. La preuve en est, plus encore que dans l'affirmation générale de Tite-Live, dans le témoignage implicite de Cicéron, De rep,, 1, 25, selon lequel toutes les éclipses plus anciennes que l'an 351 de Rome ont été calculées d'après celle signalée dans les annales maxùni et
présente à nous comme partant de l'expulsion des rois et qui est sans doute, pour la plus forte part, authentique *, a été ellemême, pour cette manie inventive, presque autant un appui qu'une barrière. Les récits paradigmatiques inventés non point par la force créatrice de l'imagination populaire, mais par le pédantisme des savants pour enfermer le tableau des institutions modernes dans une sorte de morale en actions sont indif-
chez Ennius le 6 juin 351, selon lequel donc on n'avait plus les annales pour le temps des éclipses précédentes. Cf. sur tout cela Tarticle précité de Cichorius, dans Pauly-Wissowa, I, 1894, pp. 2248-2255.
1 Les Fastes nous ont été transmis en plusieurs versions légèrement divergentes (tableau comparatif C. i. L., Is, pp. 81-167) et il ne faut pas oublier que les Fastes dits du Gapitole (C. I. L., Is, pp. 1-iO) ne sont que Tune de ces versions rédigée par des archéologues du temps d'Auguste et gravée sur le mur de la demeure officielle du grand pontife, de la regia, peu après la reconstruction de cet édifice en 718, suivant une doctrine, après l'élévation d'Auguste au grand pontificat en 742, d'après un autre système. Ils dérivent sans doute, avec plus ou moins de corruptions, des annales du grand pontife pour la période pour laquelle ces annales avaient été conservées et enregistrées dans la copie du temps de P. Mucius Scaev.ola, par conséquent pour la période postérieure à Tan 351 de Rome environ [pAG^n .\).CA.^^.Schn.nz,Geschichte der rômischen Litteratur, h» 1898, pp. 26 27 et les auteurs cités. Même pour les temps antérieurs, la liste des collèges paraît avoir été conservée avec une certaine sûreté, au moins à partir du second consulat (P. Valerius U, T. Lucrelius, an 246 de Varron : 508 av. J.-C). Au contraire, les noms rapportés sous la première année sont très suspects: on semble, en effet, les avoir obtenus en réunissant, pour les placer en tète de la liste, les deux noms de L. Brutus et de M. Horatius présentés par la tradition comme ceux du promoteur de la révolution et de l'auteur de la consécration du temple du Gapitole, puis, en intercalant, dans la même année, par une addition postérieure, encore inconnue de Polybe,3, 22, 1, ceux de Gollatinus, de Sp.Lucretius et de Publicola,afin d'avoir les deux consuls L. Brutus et Gollatinus remplacés le second par Publicola, et le premier successivement par Sp. Lucretius et M. Horatius, de la rédaction récente. V. Mommsen, RÔmische Chronologie, 2« éd., 1859, pp. 88. 199 ; Schwegler, Rômische Geschichte, II, pp. 67. 95-98, et en dernier lieu. Ed. Meyer, Geschichte der AUerthums, II, 1893, p. 813. Gela donne donc une liste de magistrats partant du début de la République ou plutôt, dit M. Mommsen, de la fondation du temple du Gapitole, qui présente une assez grande valeur d'ensemble, si naturellement rien n'empêche qu'il se soit écoulé un temps plus ou moins long entre la chute des rois et les premiers consuls dont les noms nous ont été transmis. — Les fastes triomphaux et en particulier ceux du Gapitole, gravés sur le mur de la regia en 742 (C. I. L., I*, pp. 43-54 ; cf. pp. 75-78; tableau comparatif des triomphes, pp. 168-171) proviennent sans doute aussi, plus ou moins fidèlement, des annales des pontifes pour les temps postérieurs à 351 environ et de sources moins sûres pour l'époque antérieure où ils vont jusqu'à donner les mois et les jours des triomphes du temps des rois. Cf. encore M. Schanz, Geschichte der rômischen Litteratur, I«, p. 27, et les renvois.