SÉPARATION DES POUVOIRS CIVILS ET RELIGIEUX
ment des circonstances de fait nouvelles. Or, là séparation des pouvoirs devait amener à sa suite Timpunité des délits contre les dieux, par cette simple raison que ceux qui avaient le droit de punir n'avaient plus à s'occuper des choses divines et que ceux qui s'occupaient des choses divines n'avaient plus le droit de punir. Le mot de Tibère, selon lequel c'est aux dieux de venger leurs injures * est un mot d'administrateur moderne, d'esprit positif et sceptique : il eut sans doute profondément scandalisé les hommes à la fois grossiers et retors qui procédaient à Tabolition de la royauté en la masquant aux yeux des dieux par le maintien d'un roi de parade. Mais c'est le démembrement d'attributions opéré par ces hommes au début de la République, sous l'empire de scrupules d'ordre cultuel, qui a enlevé aux dieux leurs vengeurs. C'est aussi lui qui a, sans doute beaucoup plus rapidement, enlevé son ancien caractère religieux à la procédure du sacramenium. Les magistrats gardent l'habitude acquise de trancher les controverses privées qu'on leur défère ; mais l'expédient, tiré de la fusion des pouvoirs civils et religieux, grâce auquel on leur avait imposé cette tâche, est bientôt sorti de l'usage. Le sacramenium avait probablement cessé d'être un serment dès avant les XII Tables ».
La séparation des pouvoirs civils et religieux a, si Ton veut, été la plus profonde. Elle n'a pas été la seule. La juridiction séculière s'est détachée de la juridiction ecclésiastique par suite de la répartition entre des autorités distinctes des fonctions sacerdotales et judiciaires du roi. La juridiction civile