JURIDICTION CIVILE DU PRETEUR, TEMPS, LIEU
Le préteur ne peut pas plus que le consul exercer la juridiction en d'autres temps et il est sans doute plus rigoureusement astreint que le consul à l'exercer en ceux-là *.
Le rituel détermine aussi le lieu de la ville dans l'intérieur duquel le magistrat doit avoir son tribunal '. C'est toujours l'enceinte à ciel ouvert, contiguê à la salle du conseil, où le
que les points de repère d'une époque donnée qui paraît être celle du solstice d'hiver ; car, à cette date, le soleil se couche à Rome à 4 h. 27 et disparaît derrière le Capitole environ une demi-heure auparavant, précisément au moment où un observateur placé sur les marches de la curie devait le voir atteindre Tangle N. E. de la prison dans la ligne de laquelle se trouvait donc la colonne Maenia. En considération de Tobscurité croissante dans laquelle se trouvait après cela le comth'um, le magistrat, sans attendre le coucher du soleil vrai, prescrivait au héraut de proclamer la suprema, à laquelle se terminaient ses audiences et celles des jurés (p. 85, n. 3)^ dès le moment plus précoce d'une demi-heure environ où le passage du soleil en un point donné marquait sa disparition pour le comitium. Cf. Huelsen, Rôm, Mitth,, VIII, 1893, pp. 88-91. Cela compris, ce que nous apprend le texte de Varron, c*est que la loi Plaetoria a légalisé cette pratique. Quant au point de savoir si cette disposition se trouve cachée dans la finale corrompue du texte de Censorinus, il est pour notre sujet d'importance secondaire. On remarquera seulement que rinterprétation proposée ici écarte : t^ au point de vue du fond, l'assimilation admise par Marquardt et Mau, Vie privée, I, p. 300,entre Theure de la suprema et Vhora nona (3 h. 46 en été, 2 h. 13 en hiver) que Gosconius dans Varron, De L L., 6, 89 (p. 169, n. 4), semble signaler comme la dernière heure proclamée par le héraut ; ce n'est pas seulement contraire au témoignage de Pline : ce Test aux témoignages concrets qui montrent les audiences se prolongeant à notre époque et aux temps postérieurs jusqu'après la 10* heure (G. Titius, dans Macrobe, Sat., 2, 12; Asconius, In Mil,, p. 35) ou même la 11« (Loi de ûenetiva, c. 102) ; 2<* au point de vue de la restitution du texte de Censorinus, tous les systèmes qui l'entendent comme signifiant que Taudience finirait au coucher du soleil, quoique la suprema eût été proclamée auparavant (Lachmann, lahn. Bruns, Ru dorlT, Bethmann-Hollweg ; v. les renvois dans Karlowa, Legisaktionen, p. 318) : c'est impossible en face du témoignage de Varron, avec lequel celui de Censorinus peut d'autant moins être en contradiction que, directement ou médiatement, Varron est sans doute la source principale de Censorinus.
1. La disposition de la loi Plaetoria est une atténuation, mais une atténuation qui montre la rigueur avec laquelle on entendait l'obligation du magistrat d'observer Theure légale. Quant aux jours, les consuls ne pouvaient pas rendre la justice aux jours qui lui étaient fermés ; mais, même lorsque l'un d'eux était dans l'intérieur de la ville et que par conséquent il n'y avait pas de préfet, il pouvait être empêché par plus d*une cause d'attendre les plaideurs à son tribunal et il n'est pas sûr qu'il fut positivement astreint à s'y trouver constamment aux jours ouverts à la justice. Le devoir de présence a dû être bien plus rigoureux pour un magistrat dont la justice était la fonction fondamentale et qui fut bientôt astreinte la résidence.