‹ Histoire de l'origine, des progrès, et de la décadence des diverses factions qui ont agité la France depuis le 14 juillet, 1789, jusqu'à l'abdication de Napoléon (volume 2)Chapitre 10 sur 15 · TOM. III. Q · texte numérisé non relu

TOM. III. Q

d'autre réponse au magistrat. Faites moi punir, ajoutà-t-il. Je le mérite; on ne doit pas se faire justice soi même ; mais je vous le déclare, si Ton ne me fait pas mourir, toutes les fois que je rencontrerai Tassasin de mon frère, je ferai tout ce . qui sera en mon pouvoir pour le tuer. On retint cet homme quelques jours en prison, mais Ton n'osa pas le mettre en jugement. On craignit que la publicité des motifs qui donnaient lieu à ces sortes de scènes, ne soulevât le peuple contre les prêtres qui se montreraient dans la rue, et qu'il remplaçât les huées par des \oyes de fait. La police employait toutes ses resources pour étouffer la connaissance des ces fatales représailles, mais il était impossible que les témoins qu'elles avaient gardassent le silence. Jusques là Ton avait cru que Bonaparte avait le grand art déjuger les hommes, et de ne ûon^ ner à chacun d'eux que les emplois aux quels ils étaient propres. L'excellence de quelques uns de ses choix prouva qu'il le possédait et qu'il en faisait usage, quand son intérêt l'exigeait ; mais d'autres furent si contraires à l'opinion que l'on se faisait de lui, que l'oû

pperçut bientôt que T on avait pris le ange sur les principes qu'on lui suppoit, et qu'il ne les avait affectés que parce 'ils étoient utiles à son ambition. Par ex-* iple, on avait cru longtemps» à en jugei? r ses loix, ses institutions, et sa conduite vée même, qu'il ne se dirigeait que d'aprèa philosophie. Mais à mesure que sa puis^ ice s'accrut, il fut aisé . de reconnaitre qu'à star de tous les princes il commençait à indre cette philosophie, et Ton vit qu'il mllait à l'étouffer avec autant d'ardeur 5 dans l'origine il avait feint de l'encenser, de la protéger. On avait excusé sur l'a^ ié^ fraternelle l'indulgence avec la quelle apportait les scandales journahers que dont le ministère de l'intérieur, confié à son :e Lucien Bonaparte. Là régnait une alité sans exemple. Moyennant de Tarit on était sur de tout obtenir. On enlet aux hommes le^ plus recommendables prix de leurs services, pour en faire la ]^ des méprisables saltinbanques dont le listxe faisait sa société. Un secrétaire

orné Cipmpi, et un nommé Duquesnoi, dont

le banqueroute occasiona la mort peu de temps après la chute du ministre, disposaient de tout C'était peu; par une perfidie inouïe on imputait cette vénalité aux .seuls hommes qœ dans le ministère en étaient exempts, afin d'avoir un prétexte pour les chasser, et se débarasser de leur présence. Ce fut ainsi, par exemple, que on ne rougit pas de descendre à accuser un chef, nommé Camus, de s'être laissé corrompre par un don de soixante mille francs pour faire obtenir un marché à un fournisseur; et qu'on joignit à l'iniquité de chasser cet homme innocent, la révoltante im^ pudeur de donner une place à celui là même qui avait touché ces soixante mille francs. On murmurait contre de semblables abus, mais le titre de frère du consul était un abri sous le quel Lucien bravait la censure publique^( ^ )

On ne garda par les mêmes ménagement pour d'autres nominations du consuL On a vu plus haut combien celle de Portalis avait afiàitf' la confiance que Ton avait eue en sa philosO^ phie. Ce fut bien pis dans la suite, lorsqd'-ff après la mort de ce ministre, l'empereur nonuM

Poitalis le fils, directeur de la librairie. Alors toute liberté de presse et de pensée fut ané* aolie. La moindre apparence de philosophie fut un titre de proscription. Nul ouvrage ne put paraitre s^il n'était marqué d'un cachet monachal. Le journal de Geoffroy, si funeste dans tous les temps à la patrie, à la littérature, et au bon sens ; ce journal que Ton souffrit pendant plusieurs années, avec une indécence que Ton ne conçoit pas, insulter chaque jour dans un stile de porte faix à la mémoire des deux plus grands hommes du dernier siècle^ Voltaire et Rousseau dont les cendres reposent au Panthéon, ce journal dis-je fut le seul pror tegé par Mr. le Directeur. L^s gens de lettrei? outragés tous les matins par ce libelle perma^ uent, constament repoussés par les censeuri^ nommés par ce directeur se condamnèrent au silence. Le mal en vint à ce point, que les libraires alarmés pour leur commerce, se ré* unirent et présentèrent des mémoires à Tempereur pour faire cesser cet état de choses. (Somme cette branche de commerce rapporte de Targent au gouvernement, Mr. le Directeur fut sacrifié, non pas à la philosophie, mais à

rinterêt. Qu'importe ? On en fot délivré ; et il disparut avec la gloire d'avoir fait pendant quelques mois rétrograder la France au qua^ torziéme siècle.

Un choix heureux de Bonaparte, quand il n'était encore que consul fot celui de Fourcroy. Il lui confia Tinstruction publique. Ce savant illustre était encore au dessus du siècle qui Favait vu naitre. Il débarassà toutes les méthodes d'enseignement des préjugés qu'elles retenaient, et dont Tinfluence est si dangereuse pour les enfans, parce qu'elle se grave pour jamais sur leur imagination flexible. Il ne délégua l'éducation qu'à des hommes exempts d'esprit de corps, au dessus des routines, capables de former des citoyens, des hommes instruits, de dignes fonctionaires publics. D voulut que l'éducation fot uniforme ; et d'après les principes sur les quels il la baza il la rendit tout à la fois nationale et constitiitionelle. Au reste, personne n'ignoré que Fourcroy était un des premiers savans de l'Europe, et que c'est à lui que la chimie a da ^avancement immense qu'elle à obtenu depuis quarante ans. Quelques annéesi après^ quand

Bonaparte voulut organiser plus en grand Tinstruction publique et recréer l'université, ce fut Fourcroy qu'il chargea de dresser le plan de ce grand édifice. Il s'en occupa ^vec un zèle, une constance, une application égales à sa haute intelligence. Il employa plusieurs mois à cet important travail. Tout le monde en conséquence s'attendait à le voir nommer grand maître de l'université ; malheureusement il ^y attendait lui même, et lui seul dans le fait y avait des droits incontestables.. Quel fut rétonnement général en voyant Bonaparte appeler à cette place Mr. de Fontanes, honmie d*esprit sans doute, mais dont la réputation littéraire, très préconisée par des proneurs, se bornait cependant à une imitation en beaux vers d'une pièce d'un célèbre poète anglais, et ne le mettait pas de niveau avec la place que Bonaparte lui donnait. La révolution française qu'il avait en partie passée chez Tétranger ne lui devait aucune reconnaissance ; il n'avait eu aucune part au travail dont cependant-il allait receuillir tout le fruit ; enfin on redoutait ses principes anti-philosophiques ; et cette nomination paraissait d'autant plus

singulière, que son attachement pour Bonaparte était douteux aux yeux d'un grand nombre de personnes. Au reste le choix de quelques personnes à, qui le nouveau grand maître confia la direction d'une partie des lycées, ne fut rien moins que rassurante. Beaucoup de pères virent que Ton allait feire de leurs enfants des moines ou des jésuites. Mais Bonaparte ne voulait que des soldats. Il n'était pas sain de lui résister, et Téducation militaire, dont les inconveniens sont encore moins grands que ceux d'une éducation jésuitique, vint heureusement garantir cette portion de la génération naissante des momeries dont on se proposait de Taccabler, et sauva aux pères le malheur de se trouver exposés dans la suite à reconnaitre qu'ils n'avaient dojiné le jour qu'à des tartufes ou à des familiers de l'inquisition.

Fourcroy ressentit vivement l'injustice et l'affront que Bonaparte lui faisait, en confiant à un autre l'exécution d'un plan qui lui avait coûté tant de veilles et de méditations. La noble fierté de son caractère ne lui permit pa3 • de descendre aux plug' légères réclamations;

mais sa sensibilité profonde ne put dévorer une ingratitude aussi marquée. Sa santé s'altéra. Ses nombreux amis, son fils, ses sœurs, son épouse dont il était adoré ne purent triompher de ses chagrins. Encore dans la force de Tage, il s'avança vers sa dernière heure. Conseiller d'état, sa faiblesse Fempêcha à la longue de remplir les devoirs de cette place. Bonaparte s'apperçut de son abscence. Il sut qu'il était malade. Il en parla à Corvisart son premier médecin. Honneur à Corvisart dont la généreuse franchise ne lui déguisa pas les justes sujets de mécontentement dont la vie de Fourcroy était empoisonnée. Bonaparte traita cela de bagatelle. Qu'il se console, ditil à Corvisart. Allez lui dire que je le nomme Directeur Général des mines. Réparation tardive ; Fourcroy était mort le matin. Cette indiférènce de Bonaparte à la nouvelle des chagrins de Fourcroy fait peine. Il s'estimait donc bien peu pour être surpris que la perte de sa confiance pût affecter un galant homme.

Un autre, de ses choix généralement / approuvé fut celui qu'il fit du comte de la ^ Cépède pour grand Chancelier de la légion

d'honneur. Une institution, dont la puissance ne s'exerce que sur Timagination, et repose entière sur les idées que Thomme attache à rhonneur et à la gloire, ne pouvait être confiée qu'à celui dont la délicatesse était exquise; que sa naissance chevaleresque rattachait à tous les sentimens dont Fhéroisme se compose ; à qui le long usage des convenances avait apris à modifier sa politesse au gré de toutes les classes ; qu'à un homme enfin, en harmonie par l'élévation de son ame avec tous le? guerriers, par la bonté de son cœur avec tous les citoyens utiles, et par les connaissances de son esprit avec tous les gens instruits. La Cépède tenait un rang illustre parmi les savans de l'Europe; il en tenait un plus précieux encore parmi les hommes les plus vertueux de la . France. . Bonaparte aurait pu dire de lui ce que Henry IV disait de Sully. Je l'ai toujours présenté avec avantage à mes amis et à mes ennemis. Mr. de la Cépède est du très petit nombre de ces hommes d'état, que l'on déplace, mais que l'on ne remplace pas, et que les disgrâces n'atteignent jamais, parce que leurs disgrâces sont toujours injustes. J^

m'honore d'être jusqu'à la mort Pélisson pour ce ministre qui jusqu'à la sienne ne sera jamais Fouquet.(^) C'est le seul des choix faits par Bonaparte dont on ne l'a jamais vu se départir. Il mit à sa conservation une opiniâtreté qui lui fait honneur. Dix fois il refusa la démission de ce ministre, que ses passions douces rappelaient sans cesse aux charmes d'une vie paisible et studieuse.

Bonaparte déjà maître de la France sous un titre républicain marchait, d'un pas égal, vers la souveraineté d'Italie. C'est le seul des potentats qui se soit jamais permis d'ordonner à une nation de se transporter hors de chez elle, pour venir recevoir de lui lés loix qu'il voudra lui donner. Ce grand acte de despotisme est si extraordinaire, qu'il reçoit de sa nouveauté même un caractère de grandeur que l'on ne peut s'empêcher d'admirer ; et, ce qui peut-être est plus extraordinaire encore, c'est que l'Italie obéit. Elle vint à Lyon dans ses députés, se prosterner à ses pieds ; et cette assemblée que l'on nomma consulte reçut des mains de son vainqueur une constitution, une organisation, et un nom nouveau

qu'elle reporta dans sa patrie. La république Italienne remplaça la république Cisalpine, et sollicita de la bienveillance de Bonaparte, comme un insigne faveur pour elle, qu'il daignât accepter la place de président de la république nouvelle. Il lui accorda cette grâce.

Dans cet empressement de voler au devant des fers de Bonaparte la France n'a rien à envier aux autres nations; et la même

année va le voir élever au consulat pour dix ans et au consulat pour la vie. La flatterie croissait en proportion de sa puissance. Le corps législatif n'attendit pas à être provoqué pour lui décerner cet hommage d'une confiance illimitée, que le sénat, déjà façonné à une obéissance imperturbable, s'empressa de sanctionner, en enchérissant encore sur les législateurs par le Sénatus Consulte qui lui donnait le droit de se choisir jun successeui* Quand on rapproche cette adulation du corps législatif, dont j'expliquerai ailleurs les véritables motifs, avec la séditieuse opposition de quelques uns de ses membres au- mois de Décembre 1813, pour peu qu'on ait le cœur français on ne peut résister à l'indignation.

que Ton éprouve. Il est bien temps de se plaindre de la tyrannie d'un homme, quand . on la conduit par la main au faîte de la tyrannie. Cette haine pour la tyrannie, il falait Tavoir en 1802. Alors la France eût été sagement gouvernée, parce qu'il avait toutes les qualités nécessaires pour gouverner sagement. ^ Alors dix guerres désastreuses n'eussent pas été entreprises, et quelques millions dTiommes vivraient encore : mais attendre que toutes les générations françaises soient décimées par les combats, que TEurope entière soit désolée, qu'un deuil universel couvre la terre ; attendre que le sang dispute aux fleuves le droit d'ar-^ roser les moissons, que chaque mère soit poursuivie sur sa couche par le spectre de ses enfans immolés par la guerre, que chaque matin vous rappelé aux funérailles du jour, quand on est encore fatigué des funérailles de la veille ; attendre que la présence des ennemis imprime aux premiers réproches toute l'ignominie de la lâcheté ; c'est unir à la honteuse bassesse des esclaves flagellés, la honteuse bassesse des esclaves révoltés. Où est l'excuse du corps législatif? Le tribunat ne

lui donnait-il pas Texemple de la courageuse résistance? Bonaparte frappa le tribunal» Eh bien ! qulmporte ? Il tomba du moins avec gloire. Mais vous ! qui affectez aujourd'hui de vous plaindre de la tyrannie, votre co^ur ne vous à jamais rien dit contre elle. 0 honte ! Il a falu que les esclaves du Nord vinssent app|*endre à des français qu'ils n'étaient pas faits pour être esclaves. Quand on n'a pas eu le courage de briser ses fers, on à mauvaise grâce de les maudire ; et c'est être toujours esclave que d'attendre l'humiliation de la patrie pour affecter l'orgueil de la liberté.

Que l'on avoue avec franchise que l'on regrette d'avoir connu trop tard la chaine que l'ambition, la pohtique profonde et Fadresse dirigée par toutes les ïesources du génie imposèrent à une grand nation ; mais qu'on ne dise pas que l'on a vu forger cette chaine avant que le poids s'en fit sentir ; cela n'est pas vrai ; et il serait heureux pour ceux qui le disent qu'on leur prouvât qu'ils profèrent un mensonge. S'il en était autrement, ils s'avoueraient criminels. Prévoir la tyrannie, et

concourir à la développer, à raffermir, à la rendre inataquable, c'est s'accuser de haute trahison envers la patrie ; et Ton renonce au droit de se plaindre de la tyrannie quand on s*en déclara volontairement complices. Remettons les hommes et les choses à leur place. Refusons à ces hommes cette vanité de prévoyance, dont ils se targuent aujourd'hui, et accordons leur ce qui leur appartient. C'est à dire cette inconvséquence, cette légèreté de jugement que le français apporte dans tous les événemens et qu'il appliqua plus que jamais à son admiration pour Bonaparte. Et comment deviner Thomme, que l'on voyait chaque jour se renfprcer en modestie ; déceler par ses actions la pesanteur du pouvoir ; chercher à s'en soulager en accroissant sa popularité ; multiplier la familiarité de ses communications avec les grandes autorités; rapporter tout à la gloire de la république ; tandis que les puissances voisines se teignent insensiblement de ses couleurs, affecter de n'en réfletter d'autre^ que celles qu'il reçoit du peuple français ; ne parier de l'asservissement de l'Italie, des loix imposées à la Suisse^ de la rupture avec TAn^

gleterre, de renvahissement du Hanovre, de& préparatifs de Boulogne, de la malheureuse expédition même du Général le Clerc aux îles, que comme des hommages rendus à la liberté des peuples ; peindre sans cessç la mer esclave, pour s'annoncer comme le vengeur de rhumanité désolée ; appeler sur lui la grati* tude du commerce, en caressant son mterêt par la brillante idée de la liberté des mers ; celle des âmes religieuses par le rétablisseinent du culte; celle des sages par la profession des idées libérales; celle de tous les partis par l'adroite politique de n*en écarter ni de n'en craindre aucun? Il savait bien mieux que. ces prétendus devins qu^en livrant la France à la magie de Tadmiration il ravissait aux hommes la puissance de Tétudier, et*" qu'en les forçant de consacrer tous leurs momens à le louer il ne. leur en resterait aucun pour le pénétrer. L'on n'avait pas à faire à un chef de factieux ordinaire. Ce n'était pas assez de quelques fragmens de peuple pour composer sa faction, il lui falait des peuples entiers ; que l'on se respecte donc assez aujourd'hui pour convenir que l'on était sous le charme,

LA EÉVOLUTION FRANÇAISB. 241

et que Ton a cédé au torrent sans prévoir dans quel abime il le précipiterait.

Cette expédition aux iles que commandait le général le Clerc, beau frère de Bonaparte, entreprise pour soumettre les nègres, ne fit au contraire qu'accélérer le complettement de leur indépendance. Les différentes interpré* tations que Ton donnait à la mort, en apparence prématurée, de Toussain Louvertuî?e, n'étaient par faites pour inspirer la confiance aux chefs noirs; Tinsarrection du Cap fut décisive. Des-»salines commandait les nègres. Obéir pour obéir ils préférèrent se donner pour maitre un homme de leur couleur, et telle fut Torigine de ce petit empire qui s'élève maintenant aux Antilles, et qui fera peut être un jour payer bien cher à TEiirope Tespéce de mépris avec le quel on en parle encore aujourd'hui. L'insalubrité c^e Tair fut plus funeste que la guerre à Tarmée de le Clerc. . La fièvre jaune , ladétrâisit presque en entier^ Officiers, sol* dâtSy employés, tout en fut atteint. Le génépi mème^ en fut victime. Les foibles débris de ce grand armement passèrent sous le commandement du général Rochambeau, et le sort.

TOM. IIX. E

S4â BISTOXRE DES FACTIONS D£

des armes dans la suite les conduisit . dans le» prisons de TAngleterre.

La France à cette époque receuiUait également les restes de la fameuse expédition d% gypte. Les généraux Régnier etMenou les coq* duissaient. Desaix avait revu la France bieo plutôt. Il avait scellé de son sang la victoire de Marengo remportée à Theure même où Klelw, le' successeur de Bonaparte au Caire, tombait sons les coups d^un assasin. II pénétra daps k jardin où le général se promenait, lui reoiit une lettre, et le poignarda dans le nxxBueot où il en faisait; la lecture. Ce miaérable était un jeune osmanli, sans aveu, sans &h tune, et musulman de religion ; il coramik ce cri^e par fanatisme, et crut £aire une action agréable au prophète en tuant un infiddk^ Il fut arrêté et suplicîé. La mort de Kleber &(t un malhjBur pour le consul. On supfiQsaît qu'il ne Taimait pas* Mais Tinviiai^eml^bnc^ tittbiçsait la malice des conjectures. . Qm .d^ robba autant qu^U fut possible aux xe^garda k spectacle déchirant des tristes débris de .«^ttft armée si brillante de jeunesi^. et de Jbioç.i i^n départ. Le cœur était déchiré ea vi^wk

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les infortimés qui avaient survécu au climat et aux combats, revenir presque tous mutilés, privés de la vue que la réverbération des sables leur avait i:avie, et à peine couverts par de misérables haillons. Mais qu'était il besoin du soin que Ton prenait pour épargner ce chagrin au peuple, ou pour mieux dire, pour épargner au consul les reproches que méritait son ambition, origine première de cette eîxpédition. Une chose bien plus impartante occupait nos français. C'était Tabjuration du général Menou. Le général Menpu mahometan, ayant subi le baptême de sang, portant le nom d'Abdalla, et en musulman fervent possesseur de plusieurs^ épouses, voila dans le retour de Tarmée d'Egypte ce qui: méritait attention!!!

Cependant les années marchaient, et insefifiiblement le consul disimulait moins. Les messages au Sénat étaient plus impératifs. La baânie contre le Tribunat éq prononçait plus oif^eitement. Déjà Ton signalait dans ce corps le parti de la cour, et celui de Topposition. Leff tribuns usaient assez souvent dans leur

discottfs^ de cette formule : Tribvm du peuple.

Cette expression fut dabord livrée aux plates et améres diatribes des journaux salariés; Bientôt après elle fut officielement interditte. Ils s'étaient exprimés avec beaucoup dlndépendance lors qu'il avait été question du consulat à vie, et surtout lors de la discussion du code civiL On redoutait bien plus encore leur audace républicaine à IV proche du grand événement qui se méditait^ et dont quelque bruit perçait déjà dans k public. On affecta de les laisser tomber dans une' sorte de disgrâce. Les jours de grandes audiences le consul ne leur adressait que quelques mots insignifians. A la cour on les traitait assez hautement d'héritiers des jacobins. Leurs orateurs passaient pow terroristes. C'était disait on, un corps tdtale- Hient incohérent avec la constitution actuelle; avec cette masse turbulente il est impossiUe au consul de faire tout le bien qu'il désirer S'agit il de contredire quand il fiaut tout réparer? à quoi bon payer si cher une assemr blée dont l'unique affaire est d'entraver la marche de l'administration ? avec les quinie cent mille francs que coûte le tribuitsAf 1^

consul aurait de bonnes chaloupes canoniéres, et cela vaudrait bien mieux. Ce corps est une superfétation dans Tordre actuel. Ces discours que le consul laissait tenir autour de lui sans les faire cesser passaient de la cour à la ville ; on les répétait, on les colportait dans toutes les sociétés; et c'est ainsi que Ton préparait le public à voir avec joye la chute du tribunat quand il plairait à Bonaparte d^en indiquer Finstant.

Sur ces entrefaites la conjuration de Cadoudal éclata. Les fronts se renbrunirent et les regards devinrent plus sombres. Il ne s'agissait point ici de ces sortes de conspirations royalistes dont la Convention et le Directoire feignirent tant de fois de s*occupper sans que le public les imitât. .Aujourd'hui toutes les attentions s'éveillèrent quand on vit les noms de Pichegru et de Moreau mêlés à ceux des conjurés. Pendant la puissance de Bonaparte deux espèces de dictons se sont maintenus parmi le peuple avec une ténacité peu commune, sans rien perdre de l'impression qu'ils faisaient sur les esprits. . Tant que Bonaparte ne fut que consul, on répétait à tous propos : mon

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Dieu! que deviendrions nous si on venais à le perdre ? quand il fut empereur la phrase changea, on dit alors : mon Diçu ! que deviendrions nous s'il niourait sans enfans. Ces phrases triviales étaient un véritable talisniaik Avec la première, on avait trouvé le secret de faire considérer comme nn bienfait lee mesorei inquisitoriales que prenait souvent 1» police. Avec la seconde on réussit à justifier Ip. diasoliir tion du mariage de l'impératrice Joséphine. Jamais la première de ces phrases ne fut plus souvent répétée dans les groupes populaires que pendant le procès de Moreau. Elle étût le refrein de tous les discours ; et si quelques uns des partisans de ce général élevait la voix pour le disculper, soit d^jis les groupes, soit dans les cabarets, soit dans les environs du palais de justice d'où la foule ne désempara pas tant qne durèrent les débats du procès, il se trouvait toujours là quelques hommes dont le costhume semblait tenir à la classe des ouvriers qui feignaient d'aprouver ce que disaient les défenseurs de Moreau, mais en revenaient toujours à la phrase habituelle; vous avez raison, disaient ils, mais enfin si

nous venions à le perdre, que deviendrait on ? que deviendrait la France ? et les auditeurs de dire: oh! oui, ce seroit un grand malheur. Que résultait il de là? c'est qu'en grossisant ainsi dans l'imagination du peuple l'embarras où . se serait trouvée la France en perdant Bonaparte, on rendait tout à la fois et le consul plus précieux, et les accusés moins in* teressans, puis qu'ils étaient soupçonnés d'avoir voulu attenter à sa vie.

Ce procès eut cela d'odieux, c'est que la réputation militaire des deux généraux qui s'y trouvaient compromis, donnait à penser à beaucoup de gens qu'un sentiment de basse jalousie avmt déterminé Bonaparte à souffrir qu'on les mit en jugement. Mieux conseillé, et quand bien même il eut été convaincu qu'ils avaient trempé dans la conjuration, il aurait du affecter de regarder la chose comme impossible ; affirmer hautement que l'idée d'un crime ne pouvait entrer dans des âmes si généreuses, et les prendre l'un et l'autre soifs sa sauvegarde souveraine. L'avantage qu'il eût retiré d'une semblable èonduite est incal*^ culable. U est certain que les amis de

Moreau étaient nombreux, que leurs propos donnèrent quelques inquiétudes à la cottr^ et que Ton pouvait craindre un soulèvement en sa faveur si les juges eussent prononcé son arrêt de mort. Il n'eut pas lieu. La condamnation ne porta qu^un éxij d'une durée limitée. Ses partisans se contentèrent de dire, qu'on n^avait pas osé le condamner. Mais je me meffie de ce propos même ; il eut été dèjplacè dans leur bouche ; car si Ton n'avait pas osé le condamner, il était donc condamnable ; et cette conséquence que Toh pouvait en tirer, rendait le propos totalement à l'avantage de son adversaire* ^

Mais l'on ne touchait pas encore au dê^ nouement de ce drame, lorsque le Séilat en corps vint mettre la couronne impériale aux pieds de Bonaparte. La surprise fut gêné* raie. Si quelquefois dans les conversations particulières, on avait-dit Bonaparte sera roi, Bonaparte sera empereur, si Ton avait prétendu même lui assigner un titre et décider d'avance s'il prendrait celui d'Empereur des Gaules on s'il ferait revivre le titre d'Empereur d'Occident, il n'en est pas moins vrai que ce»

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sortes de diiscussions n^avaient rien de sérieux et qu'elles ne paraissaient pas s'écarter de la classe de^ces questions que dans le monde on ne met en avant que pour exercer Tesprit. Il est certain que personne n'était préparé à ce grand événement, que dans toute la France les opinions individueles n'envisagèrent que TOUS le point de vue qui leur était relatif. Les républicains virent dans un moment s'évanouir leurs plus douces illusions. Le titre de consul flattait leur oreille parce qu'il se rattachait à dès idées de grandeur et de liberté dont ils avaient acheté chèrement la jotiissance par quatorze ans de tourmentes révolutionaires, tandis que celui d'empereur, inséparable pour ainsi dire du souvenir de César, n'offrait plus la même garantie à l'indépendance dont ils croyaient jouir. Il répugna moins aux partisans de la royauté, parce qu'ils allaient retrouver les formes monarchiques. Bonaparte n'était pM peut-être le roi qu'ils voulaient, mais enfin d'anciens souvenirs s'éfiacaient insensiblement parmi les nombreux émigrés rentrés; on leur rendait une cour, des titres, des cordons, des bon-

neurs; les rangs allaient cesser d'être con-

fondus, et ils se resaisissaient du moins d'une faible partie des objets dont le sacrifice leur avait été si pénible. Les chefs de larmée, que les rayons du trône allaient environner d'un éclat plus imposant ; les hommes de Tordre civil que de grands services, ou de grande .talens, a voient fait monter à des emplois éminens dont une dinastie nouvelle garantissait la durée ; les modernes enrichis dont l'orgueil appercevait le berceau d'une noblesse nouvelle ; les artistes dans tous les genres dont la gloire et la fortune se trouvent mieux du hàbi des empires que de la simpUcité des républiques ; le coH)mérce de. luxe dont les nombreuses branches ont besoin pour prospérer de la pompe des cours, et qui semblables au liére dont le développement est plus vigoureux sur les vastes murs des antiques tours que sur les murailles modestes des cabannes, cherchent pour sétendre davantage la vaste enceinte des palais; toutes ces classes virent naitre l'em» pire avec joye, plus frappées à coup sur de la création d'un régime ou leur égoisme Isrouvait sou intérêt qu'alarmées du succès inattendu dû.

rambition d'un homme que personne n'avait calculée. Bonaparte, en mettant ainsi tout-à«coup une si grande distance entre le peuple et lui, perdit en amour ce qu^il gagna en majesté ; Ja confiance ne s'altéra point encore ; mais le respect amena la crainte; et en troquant le titre de grand homme contre le titre d'em^ pereur, il ravit à ses actions les jugemens de . renthousiasme pour les livrer aux arrêts de la sévérité." En s'élevant il se mit en spçctacle» et Ton jugea Tacteur sans lui tenir compte de la difficulté du râle.

Il est ordinaire que dans Paris Tévénement du jour absorbe à l'instant la vive impression que faisait Tévénement de la veille* Cela tieot à ce goût pour Tinconstance, à cet amoDr des changemens qui distinguent le peuple de Paris des autres peuples, même français. . C*est une. resource dont les divers gouvernevaevis ont plus d'une fois usé pour distraire son attention de certaines circonstances, sur les quelles il leur importait qu^elle ne s'appesantit pas. Ce fut ainsi, par exemple, qu^en 1813 le fameux procès de Michel Jeune, adroite* ment jeté au milieu de Paris^ détourna tou^

les regards des opérations de la guerre. Pendant cet intervale, Leypsich eut le temps de vieillir et l'on n'y songeât pas. Cette fois, il n'en fut pas de même. Le phénomène de l'apparition de la pourpre impériale ne refroidit point rinterêt que Ton portait au procès de Moreau. C'est qu'ici la curiosité n'avait sa source que dans l'esprit de parti ; que dans les peuples comme dans les individus cet esprit de parti dénature les traits distinctifs du caractère, et qu'enfin en dernière analyse, l'empereur dans ce grand procès se. trouvait en jugement tout aussi bien que Moreau. La mort de Pichegru vint jeter sur cette affaire une teinte de cruauté dont Napoléon ne put éviter la défaveur. Je ne souillerai pas la noble profession d'historien en prêtant à des bruits publics le caractère de la vérité, et en cherchant à m'approcher de conjectures en conjectures jusqu'à la main de qni l'ordre d'un crime aussi révoltant aurait pu tomber. Je dirai simplement que jamais roman ne fut plus invraisemblable, que celui du genre de mort que l'on attribua à ce général. Quand «m mensonge criminel veut accuser un homme

JLA RÉVOLUTION FRANÇAISE. ^3

d'avoir mis un terme à sa vie, il faut du moins qu'il lui rende la mort physiquement possible* On prétendit qu'il s'était étranglé avec sa cravate, et que pour la serrer avec plus de force il avait employé un rouleau de bois à peu près semblable à celui dont se servent les moissoneurs pour lier les gerbes. On ne peut rien inventer de plus absurde. Malheureusement pour Napoléon, l'attentat non moins révoltant et peut-être plus inutile encore de la mort du Duc d'Enghien, qui suivit de si prèi* celle de Pichegru donna une autorité incontestable à l'opinion de ceux qui l'accusèrent d'avoir donné l'ordre de celle de ce général. Mais il y a cette différence entre ces deux grands crimes d'état, que l'un à eu pour ainsi dire l'Europe pour témoin, et que Tautre s'est commis dans l'ombre ; c'est à dire entouré de ce mystère qui n'est connu que de la tyrannie et la rend plus odieuse et plus épouventable encore. En pareil cas l'impartialité de l'historien, quand la preuve des faits lui manque, cloit à la postérité la connaissance des diverse^ interprétations données à un événement quelconque ^ l'époque même où il se passa. J«

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viens de dire qu'en général les soapçons s'attachèrent à la personne de Napoléon ; je dois maintenant rendre compte d'une autre version que Fon ne répandait qu'avec une extrême circonspection, que Ton ne se disait que dai» rintime confidence, et qui ne trouva que peo de crédit parce qu'on la crut fabriquée pour in-* nocenter l'empereur. Quoi qu'il en: soit, la? voici.

Pîchegru, lors de sa proscription au 18 Fructidor, avait laissé des amis dans le Conseil des Anciens. Plusieurs de ses compagncMis d'infortune à Sinamary avaient revu la patrie ; quelques uns même y occupaient alors des emplois importans. Il ajoutait à ce nomlrfe de partisans quelques amis qu'il s'était acq⣻ en Angleterre, pendant le séjour qu'il y avait fait en s'échappant de la Guyane. Quelques personnes prétendirent, comtoe jç le disais tout à l'heure, que lorsqu'il fut arrêté à Paris, lors de la conjuration de Cadoudal, ses amis qui jugèrent que sa perte était certaine, résolurent de le sauver. Il ne leur fut pas difficile en se cotisant de former une somme assez forte pour tenter le Concierge de la prison où il"

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était détenu. Uon s'en assura en effet ; c'é* tait le plus difficile. Ce Concierge, pendant les jours qui précédèrent l'évasion du général^ prétextant, dit-on, 'que des ordres lui recom^ mandaient de redoubler de sévérité dans sa surveillance sur Pichegru en commit la garde à son guichetier de confiance, et dès lors rentrée de sa chambre ne fut plus permise qur'à cet homme, et les autres guichetiers ses camarades ne js'inquietérent plus de ce qui pouvait s'y passer* On se procura à l'hôtel dieu un eadavre à peu près de la taille du prisonnier qae Ton acheta pour les dissections de l'amphithéâtre. On l'introduisit facilement pendant la nuit dans la prison dont le Concierge avait ënnivré tou» les guichetiers à l'excej^tipn de eelui qui était dans la confidence. On re-. vêtit ce cadavre des habits que Pichegru était dans l'habitude de porter, on le plaça sur le lit^ et, le guichetier lui arrangea, autour, du col la cravate de la manière dont je l'ai dit plua htut» je figurant qu'à cet aspect on ne douterait pas qikil ne. se fût étranglé. Ce fut ainsi que là lendemain l'état du corps fut .constaté. Ionique Ton fit la visite» et l'on fut si conyaincu.

qu*il s'était donné la mort que Ton ne s'œcuppa point de vérifier Tidentité du cadavre^ que Ton enterra rapidement. Le guichejier, à ce que rapportait la version que je cite, avait préféré d'arranger ainsi le cadavre à Tidée bien plus naturelle de le pendre à la muraille, dans la crainte que dans cette positira, se trouvant fini en vue, la supercherie ne fut plus facilement découverte par les personne» qui viendraient dans la chambre le lendemain. Ainsi, aurait été sauvé le prisonnier si Ton pouvait en croire à ce rapport. Bien longtemps après je me suis hazardé de demander 4 la personne de qui je tenais cette anecdote, ÊEtusse ou vraycj si elle savait ce qu'il était devenu. £IIe me répondit qu'il était passé dans llnde par la voye de Constantinople, qu'il y avait pris du service dans la compagnie Anglaise, mais que depuis plus d'un an l'on n'en avait point reçu de nouvelles. Au reste on donnait dans le temps pour raison de la timidité avec la quelle on rapportait ce fait, la crainte de conpromettre vis-à-vis de l'empereuï* les proscrits de Fructidor revenus en France, et de le$ exposer à son ressentiment. ' ' .

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Débuter ainsi dans la carrière impériale, c*était y débuter sous de sinistres auspices. Etre^ soupçonné d'avoir sacrifié Pichegru à la haine et à la jalousie, et d'avoir immolé d'Enghien à Fambition, c'était charger les alarmes présentes de prophétiser les alarmes de l'avenir^ et le mécontentement public se manifesta par le peu d'acclamations qui se firent entendre à son passage la première fois qu*il se rendit en grande cérémonie au Sénat. Le sentiment pénible que la mort de Pichegru avait fistit éprouver ; la condamnation des conjurés dont le suplice de plusieurs affligea parce que c'était un belle occasion pour Napoléon d'user pour la première fois du droit de faire grâce ; la funeste impression qu^avait faite la catastrophe du Duc d'Enghien, dont on apprit tout àlafbis et l'arestation, et l'arrivée à'Vincennes, fit la fin tragique, voikt quelle fut la cause de la froideur de peuple, que la magnifience du cortège avait attiré ; et Ton n'obtint qu'a prix d^argent quelques uns de ces cris d'allégresse qu'à peine deux mois avant la multitude lui prodiguait encore avec tant d'empressement. Il est certain que la mort du Duc

TOM.III. s

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d'Ënghien frappa de stupeur tout Paris. U n'était pas une seule maison où cet événement ne fut Tobjet de Tentretien* On parlai}; du Duc d'Eughien partout, excepté. d^ns les Uem; publics : la tyrannie était comm^cée.

On cherchait vainement quels pouyaieql avoir été les motifs d'un acte, on Ton retrouvait tom les caractères de la perfidie, de la burbaricr et de la cruauté : de la perfidie, puisqu'il pesaah pour constant que le territoire de Bàde avaîl été violé, et que Von avait abm^é de la vielt lesse et de la faiblesse du gr^ad Ppc pour enlçver le Duc d'Enghion; die.l* bçufbarie, puisque Ton affirmait que le Duc d'Ënghieo en arrivant à Vincennep avait deiàa^é wmm une fja^veur spéciale d'entretenir rempereiv pendant une demie heure, et que quand' il y va d^ la vie d'un homine il est en effets barbare d^ repousser un entretien^ qui peutramôiff tell^ explication capable peut être de leuash ver ;('^)de la cruauté, parce que dans ropiniw générale livrer un homme à un& commisHiatt,^ oii .^donner qu'on le tue, c'çst prçQiséiiMQ| la même > chose. Pourquoi re&tseic de voir «W jeune hoimn^, intéressant par seS' vertus «1

iiA RÊvoLrtioîr PïiANçîAisÈ. S59

on courage, prisonnier, désarmé, et dont Tairâche n^entrainait aucune conséquence? était- JB crainte de se laisser attendrir ? mais dans EU souverain une semblable crainte est barbare. Pourquoi le faire périr? qu^avait Tempereur à edouter? nulle armée ne menaçait les fronîeres. Avait il un parti dans Tinterieur? son '^flinage de la France se rattachait-il àlaconiratioir de Cadoudàl? mais cette conjuration tait découverte, les chefs avaient été jugés, Hè n^existait plus. Pourquoi faire mourir un làmme dont l'existence avait totalement cessé Pêtre à craindre' alors ce n'est ni punir, Ntii^tt'il n'y a point de déht ; ni se vânger, MHS quHl n'y a point d'outrage; ni se dé- Nffafiser, puisqu'il n'y a point de rivalité; feet assasiner, voila tout^

Napoléon n'a pas ignoré que non seulement Kml^ la France, mais encore toute l'Europe ititsêusaxt. Comment a t'il gardé le silence? il if il pensé qu'une justification dégraderait la riià}e9té impériale? elle l'eut relevée au contraire» Si elle n'eut pas été généralenient ad- ■lise, ^lle aurait au moins divisé les avis;

dfo-efat entrainé des discussions dont il eut pu

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tirer avantage ; mais n^en présenter aucune, V c'est avouer tacitement que Ton sent la iai» || blesse de toutes celles que Ton pourait bazarder. Quand la raison d'état conduit un souverain à se permettre de semblables actes, s'il est vrai que jamais la raison d'état puisse justifier un attentat, question qu'il n'appartieol qu'à Machiavel, Philippe IL ou Richelieu A% résoudre, quand, dis je, la raison d'état coinmande de semblables actes, l'acte unç fok commis, la raison d'état cesse; alors à qum bon la taire, et ne pas dire avec franchise: la dignité de ma couronne, la sûreté de ma personne, la tranquillité du peuple que je gouverne couraient tels dangers; et il ne resbut d'autre parti pour les faire cesser que celiû que j'ai pris. Napoléon iie donna pas cette explication: il se tint sur la reserve, mètûie avec ses plus véridiques amis. Us étaient ea bien petit nombre, mais enfin on en comptait jusqu'à trois à sa cour. £h bien, dit4 le lendemain à l'un d'eux, eh bien, que dites vous de l'événement de cette nuit? je son haite que vous n'ayiez pas à vous en repentir» lui répondit celui qu'il venait d.'iaterïOgers

LA RÉVOLUTION FRANÇAUSfE. 26l

Napoléon ' ne répliqua rien, et changea de propos.

Le motif de la haine de Napoléon pour le Dut d'Enghien ne pouvait se trouver que dans le procès de Georges Cadoudal. Je connaissais un des commis qui travaillèrent pendant trois ou quatre mois au dépouillement des pièces originales de ce procès. En causant avec lui, il me dit que dans son travail il avait «u connaissance de Tun des mémoires que Pichegru avait présentés à Moreau pour le déterminer à entrer dans la conjuration. Que par ce mémoire il paraissait que . Pichegru gavait formé le projet de placer sur le trône, à Fexchiaâon de la branche ainée des Bourbons, le Duc d'Enghien, qu'il préférait à cause de la capacité de son génie, de i^es dispositions pour Tart de la guerre, et dé Tinterêt plus intime qu'il inspirerait à une nation belliqueuse, par les. souvenirs qu'elle gardait de l%iéroisme de ses ancêtres. IJi présentait à Moreau comme possible, comme présumable même, la renonciation de la branche ainée en &veur du Duc d'Enghien. " L'Europe sera ^ satisfaite jen voyant un fils du grand Gondé

" sur le trône de France. Peu lui importe '^ le quel? et dailleurs quand il sera roi>ce ^^ sera à lui à défendre ses droits/^

Je n*ai pas vu cet écrit prétendu^ A4-il jamais existe? s'il exista» la mémoire de ce commis après un an d'intervalle au mxm était-elle fidelle? n* était ce point aussi une fable qu'il inventait, pour se donner un air d'importance en me faisant croire qu'il avait été initié dans quelques secrets? mais, en admettant pour un moment que cet homme dit la vérité» et en supposant que ce mémoire eA été connu de Napoléon» cela suffisait-il pour le déterminer à faire mourir le Duc d'Ëughien) un prince est-il passible de toutes les t^iméres dont r imagination d'un chef de parti peatse repaitre? où était 1 aprobation du Duc ? était il vraisemblable même qu'il eût donné h mains à un projet qui l'eut mis li|i même en opposition avec le prince que» dans son ofMmoD sans doute, il devait regarder comme son sou* verain } quand l'existance de ce mémoire » rait démontrée, quand on aurait la certitude que Napoléon en eût eu connaissanoe» ceb ne le justi^rait pas. Si cette JustificatioD est

LA RfeVOLUtiON l^RAÎfÇÀtëi. ÔÔâ

()ossible, lui seul en possède la élef, il û*apàrtient qu'à lui de révéler ce jsecret. Qu'il y prenne garde. Les preuves de son intiocencé tei^ient*»eUe incontestables, il s'est placé dafls une telle position envers les hômtties, qu'elles pàraitraient toujours controuvées si elles étaient [mbliées par d'autres que par lui. Lé titiiè seul de son défenseur serait im àtoH à Viti^ crédulité, et lui même s'il lui étai* dcmné d^éteblir cette innocence d'une màiàêfê ïtré^ cnosabte, il n'écbaperait point au pytthùtûstùe delà pluspart des contemporain 5' m«is cela ae éok peint l'arrêter. L'Eiiro{)e eôferére l'ac^ cusê d'un crime. S'il fié tait,' à cette acciusa* ûùn If'histoire ajoutera la siehm Elle le doit. C*ert œi devoir qu'elle teAïj^îftt. L*i seul peut k forcer à en remplie un atttre. .

t/on s'éjmisa en conjecturés de tout, genre pWir deviner au quel de ses cottrtisàils on pouvait assigner )a'doupable Mssesse de lui È¥6tÊ àotmk le conseil de éomrtiettre ce crime. Atftnt tout il aurait felht savcnr s'il avait pris tOnsetl de qwélqu' un. En général on parut s^flCSÊorder à fiiire à deux hommes- le déplora*- H^ faorafiéur d'avoir' été consultés dans cette

affaire, comme si une consultation semblable pouvait avoir eu des témoins pour en savoir quelque chose. On ne peut se £gurer avec quelle impertinente assurance une foule de gens à Paris annoncent ainsi ce qui se passe dans le cabinet des souverains ; on leur entend dire avec un sang*froid risiblè^ le roi a dit telle chose à monsieur tel; ils étaient tête à tête. Cela est certain. Ainsi d'après ces gens si bien instruits, Tempereur eût consulté selon les uns, un de ses plus dévoués serviteurs, et, «elon les autres, un de ses ennemis le plus caché mais le plus constant* Quand à ce dernier, s'il est vrai qu'il f&t son ennemi, il ne pouvait lui doQuer un conseil, plus capable de lui nuire* Quand au premier, dont le caractère est pacifique et i^iaturellemeat tinû4e, il n'est pas présumable qu'il l'eût encouragé à cette action» Sa tête est froide ; il en «ût calculé les suites; il en eût prévu .les cotisé* quences. Il lui fut fidelle tant que son attachement ne fut point en contradiction avec ses devoirs. Il est inutile de nommer ces deux hommes. Peut-être furent ils bien étranget» ^ cet événement. D'après le caractère coniui

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de Napoléon, il m'est démontré qu^il ne consulta personne dans cette circonstance. Au reste, devenu empereur il cessa de se gêner. Il reprit le caractère qu'il tenait de la nature, et que jusques là il avait maitrisé pour arriver à maitriser le monde. Il était dans son essence de prendre en toutes cboise^ son parti rapidement.( ^ )

Nul souverain n'a mieux que lui réduit en prar tique le sens de ces mots, qui n'étaient qu'une formule sous lapluspart des rois: de notre ^er* iaine science et pleine puissance. Sous son régne îis furent retranchés des édits impériaux ? sa volonté était absolue» îl le prouvait par ses actions, il n'avait pas besoin dti secours des mots.

Les premières faveurs impérialeâiureht pour les militaires, et les premiers coups d'autorité contre les magistratures «populaires. Il créa dis tiuit maréchaux de France ou de T Empire, et cassa cent tribuns* Alors, maib seulement alors, on eut le secret de son régne. Son élévation à l'empire fut soumise à la sanclion du peuple. Mais il ne fut pas sain de

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m tenir sur la négative. Le général* Simon, ^ Camot en ont fait la triste expérience^ La légion d'honneur fut mise en irigueur» et les ihremiérôs décorations fbrent distriBàées dans k' temple At» invalides, avec tout rapareil des IKmipiEJs solemnelles. Dan» kt- -situation non- ^^\\e ou Napoléon allait se troutt^ placé, cette institution ne pouvait avoir été cotiçue que -par un facâmne de genre.

* ^Elle pouvait appeler autour de son trône nouveau les hommes que d^^néiens attacfaemêns €R ^teijùtient peut^tr» eikxnre^ éloignés, mais ^ue li^urs opinions moharehiqEuéfl uoeo»tuifnaraient insensil)lemient à J* y ^roir atfeis, pois qu'eKe leur garantissait le retour de ces distinctions dont la perte leur avs^t été « sensible; û'nh Bdtr* ooté en iippelant k» ré. publicains à 1 -usage deces mèlnef distinctio»^ «I parle, prmci^^n«m« de VMt.tia.le»

^argnàilt la» konte dé /éérùgeir à F aoii^ terité des leur, iUes compromettait neamoitis assea^ pour qu^ls craignissent de séparer désor*mais leur cause de la sienne et pow les forcer au dilence'Sdr la résurrection d-^e classe de

LA mÉrOlUTION ÏRANÇAISB. 867

piivilegîé& Ce n^était pas une conception ordinaire que celle d^un ordre^ qui allijsit adûsi les principes de T inégalité des conditions si ckers aux grands, avec les principes de i^é«r galité si cfaers aux petits. Il se garda bîen dans rorigine d^établir un système d'hiérar^ chje dans la ci»xipQsitk>n de cette légion; U s^en reposa sur la vanité des IxHnmés du soin de la solliciter; et sur que Tunifermité des croix blesserait Inentôt leur orgueil, il leur laissa le soin de désiref que la prééaûaeac^ des grades eut pour enseigne la pcééiâîàeiicé des métaux. Il eut donc Tair de n'avoir d'au* Ère but que de réduii*e en pratique une graade idâe libérale, en mettant les vertus de pair avec la gloircf, et en faisant marcher sut la même ligne dana la carrière derboàneuri.^ les arts et rhéroismis, et les searvicesde }» paix »t les dévoitemens de la guerjife.

. Mais aa profonde politique attetidtît de ciette ii^titution un avantage qui n'était rdatîf qu'à lui mnlj et c'est en cela que c^e graisdft omception était véntablement son chef d'u^ wtek Ejûl appelant dans cfap^que régime^it mû

assez grand nombre de simples soldats à la décoration, il s'emparait non seulement de leur imagination, mais encore de celle des soldats qui n'étalent pas élus, et les enchaînait tous au char de la guerre, ceux-ci par espoir d'obtenir, ceux là par orgueil d'avoir obtenu. Il avait donc trouvé l'art de se créer ainsi tout-àcoup quatre ou cinq cent mille i^ïdes, heureux et jaloux de braver la mort à son premier signal. Mais le complément de cette combinaison profonde, 6'est que cette puissance illimitée qu'elle lui donnait sur Fimagination de la soldatesque actuelle, elle Tétendait encore sur l'imagination des générations, trop jeunes encore pour entrer dans les camps. Les soldats décorés, rappelés dans leurs foyers ou par leurs blessures, ou par des congés, ou par te terme de leurs services, en se disséminant sur la surface de l'empire, portaient dans le sein de leurs villages le spectacle du prix at* taché à la valeur, et la vue seule de ce ruban mettant en fermentation la tète des jeunes gens, leur faisait quereller le temps d'être trop lent à les appeler aux armes ; ainsi les soldats

mêmes dont l'empereur ne pouvait plus user, devenaient encore pour lui les instrumens créateurs de ses cohortes futures. L'armée était devenue par Timpulsion de son génie une vaste propagande, où chaque régiment tenait un dépôt de missionaires, qui successive^ ment allaient inspirer la soif des combat» jusqu'au fond des plus petits hameaux. : Une décoration, un titre honorifique, un revenu assuré, un privilège de siéger dans les assemblées coinmunales, que de moyens de séduc^ tion exercés par un seul homme sur les aifans de ce village qu'il habite. Il n'aura pas be-> soin de leur vanter les lauriers de Mars. Qu'il laisse agir son ruban. Il parlera mieux que lui. Napoléon connaissait bien les français quand il institua la légion d'honneur. Maintenant s'il médite de conquérir l'Europe, il peut sans crainte dépenser une année chaque campagne ; il en à de rechange pour l'avenir. Jadis un puérile ornement, une bagatelle^ une misère, ajoutées par un recruteur à l'uniforme dont il était revêtu, attiraient à lui une foule 4e jeunes gens. Ils sacrifiaient huit aos d»

lear liberté au plaisir de porter un plumet, un pompon* Mais aujourd'hui, voir uifi ruban à 9on semblable ; attacher à ce ruban une idée de gloire ; le sacrifice de la vie n*est pas trop pour s'en procurer un. Tel est le firançaîs* Voila ce que Napoléon savait à merveille. Que ce soit ou sagesse ou folie, raison ou préjugé, en France dès que le ma^ue mot HOîfviÈvn s'attache à quelque chose, il n'est plus entre les hommes que deux manières d'être : nvaux, ou égaux;

Tout ne fut pas parfait cependant dans ce chef d'œuvre de politique. Cet homme' si despote, tremblait lui même sous un maître. Son ambition le mettait dans la dépendance de l'armée. Sous le masque de l'audace, il dissimulait son esclavage; ses flagorneries fréquentes envers le soldat décelaient son isecret ; heureusement pour lui le soldat dans saon honorable bonhommie attribuait à l'amour de Fempereur ce qui n'était que l'effet de sa pofi-' tique alarmée. Longtemps avant que la lé^ gîon d'honnfeur ftit instituée^ il avait imaginé^ de récompenser le» actions d'éclat pieur des

LA BÉVOLUTION FRANÇAISE. 21711

armes d'HONNEUR. On entendait par armes d'honneur, des fxisils, des mousquetons, des sabres, des pistolets, dont les montures étaient en argent. Il y avait jusqu'à des baguettes, d^honneur pour les tambours et les timbaliers.^ Oç Joignait à cette réconipensç un diplôme dans le quel Faction récompensée p^ Farme était relatée. Ces faveurs étaient accordées sur la présentation des généraux, commandanâr les différentes armées. Uempereur pour can resser cette classe de militaires, et pour appeler à lui seul Tamôur que le soldat pouvait porter au général dont il croyait que la pro- . tection lui avait valu Tarme, décréta, qùanâ* il ins^tua la légion, que tous les soldats qui avm«' ^nt obtenu des armes d^honneur seraient légioQ^ires de droit. Cette adulation était maladroke. On sent à merveille qu'un très mauvais sujet peut>^tre très brave, très témé* raire^ ' Moins il aura de principes, plus il se moquera die la vie ; un tel homme se jetera sur un^cénon,- un drapeau, un bataillon avec une intrépidité étonnante ; il joue le tout pour' le tbut« . S'il réusftity tant mieux. Il gagnera ' t^Jours quelque chose, quan4 ce ne^ serait que

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plus d'impunité dans sa licence. S'il est tué^ . tout sera fini. Que lui importe? Il n*à lieh à perdre ni à fregretter. Que Ton ne croye pas que j'éxagére. La plus grande partie de* légionaires de droit était composée d'homme» de cette trempe. S'il leur eut fallu obtemr la décoration d'après les qualités exigées' par la loi, je ne dis pas simplement par le témoi- ' gnage rendu à leur bravoure, mais encore à leur bonne conduite, à leur exactitude dans le service, à leur respect pour la discipline, il n'en est pas un seul peut-être qui en eut été jugé digne. J'ai été pendant dix ans chef de la discipline des membre de la légicm ; et je dois dire avec vérité que cent fois j'ai été.pénétré d'admiration en voyant que . sur une masse de vingt à trente mille individus peutêtre, dont les trois quarts se composaient de militaires subalternes, à peine le graiid chan* celier avait il dans une année une centaine d'écarts à réprimer ; et de quelle nature encore étaient c^s écarts ? I>es rixes de cabaret, oa d'autres bagatelles de ce génre.(^) ' Je ne. citerais pas vingt délits graves arrivés pendant les dix ans que ie suis resté en fonctions ; et ^

LA RÉVOLUTION PRANÇAIS£. 273

! n^ai jamais mieux senti quelle irrésistible utorité le sentiment de Thonneur exerce sur î militaire français, puis qu^il suffisait souvent le rappeler une seule fois à ceux dont on se plaignait qu'ils étaient membres de la légion )Our qu'ils se corrigeassent pour jamais des l^auts qui leur étaient reprochés. Mais je lois dire avec la m^e franchise que sur troia plaintes il y en avait presque toujours deux [ui concernaient des légionaires de droit, tisensiblement ils se seraient éteints, et Tin- OQvénient eut cessé. Mais il était grave à la aissance d'une institution, qui plus que toute utre, avait besoin pour être respectée que la induite de ses membres en imposât à la- caimnie et à la malveillance.

Un autre tort, ce fut de souffrir que dans les iscours que Ton prononça lors de la première istribution aux invalides, les orateurs qua- Bassent les membres nouvellement nommés 'Elite de la nation. Cela donna beaucoup 'humeur et fit faire des paralelles peu avanigeux pour les élus. Il est certain, que dan» \ nombre des spectateurs, que la curiosité avait ttirés à cette cérémonie, il se trouvait des

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