FIN
fa) On nomme ainsi Tune dés issues an Palais Rojïil qui conduit à la rue Yi vienne. Elle prend ce ^ofn de quelque! degrés qu^il faut monter en sortant du jartHn poulr s^élerv^r «& niveau de la rue Neuve des Petits Champs. <^était sous les galeries voisines de ce perron que se réunissaient depuis midi jusqu^à trois heures les hommes qui spéculaient sur le tours du papier monnaie, et les brigands qui en profittaient pour s^eii^ richir des calamités publiques.
(b) On est toujours firappé d^étonnenent quand on voit le peu de ' discrétion que ces divers agens mettaient dans leurs dé» inarches. On ne peut se dissimuler que pour dresser le'urs plans, nouer leurs correspondances, et sVntendre avec moins de contrainte, Londres ne fut le séjour quMls préféraient. Je ne veux pas en inférer que le gouvemerofent Anglais les apuyàt de sa protection. Cette discussion m>ntrainerait hor» de mon sujet. Je dirai seulement quMIs choisissaient Londres, parce qu^à Londres on ne doit compte de son opinion à personne ; que, pour vu que Ton y respecte les loix et que Ton ne trouble pas Tordre, chacun y jouit du droit de penser, parler^ À:rire, agir, comme bon lui semble; mais Cette liberté doit *elle , exclure la prudence, quand Pambition, Tespoir des ré-
compenses, la manière de voir enfin, vous condamnent au I Inalheur de jouer un rôle dans ces grandes scènes politiques, dont la subversion de tel ou tel système d^une nation doit être le dénouement ? Croirait-on par exemple que, dans des temps postérieurs, le fameux plan de contre-révolution formé par Georges Cadoudal et Pichegru, et dont le développement compromit Moreau et priva la France des services de ce gé;iéral, croirait-on, disje, que ce plan fut arrêté dans un diner de vingt cinq à trente personnes donné dans la grande salle publique d^un restaurateur français, qui demeurait alors dans la place de Leicester autrement dite Leicester Square? Que dans cette salle, située au rès de chaussée, en présence des garçons de service du restaurateur et de la livrée des difiËrens convives, les fenêtres qui d^un coté donnent sur le trottoir extrêmment passager, et de Tautre sur une vaste cour commune à tous le^ étrangers qui habitaient cet hôtel, toutes grandes ouvertes, on traita sans ménagement de cette importante affaire ? Que les têtes s^échaufant à mesure que le repas se prolongeait, les noms des acteurs, Tindication des rôles qu^ils devaient remplir, la désignation des ports où ils débarqueraient, Pénumération des resources et des associés - qu^iis trouveraient en France* des moyens et des sommes qu^on le,ur y ferait parvenir, des appuis et des intelligences que Ton s'y était procurés, et vingt autres objets de cette nature que dans des circonstances semblables on devait envelopper dans le plus grand secret, y furent cent fois répétés, avec ce ton de voix élevé que prennent^ même à leur inscu, des hommes et des Français surtout réunis dans un repas où le vin coule avec abondance ? Comment ignorer, comment ne pas réfléchir qu^il n'est pas de gouvernement en Europe dont la police n'entretienne chez ses voisins des agens, disons le mot des espiojui»
^nahd ce ne serait que pour connaitre la conduite que les individus de leur nation tiennent dans Tétranger? Moi même, qui pendant mon séjour assez long à Londres ne sortais prcsquo jamais de mon cabinet où mes travaux littéraires me retenaient, j^en ai rencontré de ces espions, qui certes ne sont pas dé ma connaissance, mais que je connais parfaitement. Aloii est-il étonnant que tous ces projets dont le succès parait incon-^. testable à leurs auteurs, avortent constament, puisque toop les détails du plan quMls doivent suivre les précédent toujonra sur les b'eux ou ils prétendent Texécuter ?
CcJ Sous le Gouvernement Révolutionnaire cette honteus* ignorance se rencontrait partout. Un décret de la ConvcntioÎB avait ordonné, par exemple, que les cbefs des administrations, quand ils auraient besoin de commis, s^adresseraient aux sections, afin que ces places fussent remplies par des patriotes, pères de famille. Un administrateur du domaine, nommé Mr» de Normandie, écrit un jour à la section du Muséum pour lui demander un commis. L^ Assemblée consultée, désigne on homme. Il est nommé. Le lendemain Mr. de Normandit écrit à la section pour la remercier, mais en même temps il la prie de lui envoyer un autre homme, parce que celui qu'elle avait nommé ne savait pas écrire. Grande rumeur ! on discute longtemps pour savoir s'il est nécessaire qu'un commis sache écrire. On s'écriait que Mr. de Normandie était un aristocrate, qu'il haïssait les patriotes ; et peu s'en falut qu'il ne se fût attiré une méchante afiaire pour n'avoir pas voulu d'un commis qui ne savait par écrire.
La Commune Révolutionaire de Robespierre, qui avait Usurpé tous les pouvoirs, s'était aussi arrogé le droit de fo censure littéraire. Un jour j'adressai à cette censure une hlueite dramatique; J'avais usé dans le dialogue de cette
txpr^iiioa vulgaire; fkLme Nature; je ne me rappeiè phi* de b phrase ; mais dans ce seas par exemple : ^^ Le monde veut ^ que la chose soit ainsi, mais Damf Nature raisonne àxi^ ^ féremment.^! On me renvoya quelques jonrs après le ma- IMIscrit, revêtu de l^appirobation* Maig coqinie je n^avais pas véiéchi qu^algrs les expressions 4e Moimewr^ Madame^ M^dew^oiiMe^ étaient piroscrites, le censeur avait rayé Dame Na^ Uirty ei spirituellemej^ y avait substitué Citoyenne Nature»
J^ai vu un procès verbal dW commissaire envoyé par cette pème commune i la poursuite d^un bonune quelle voulait &ire arrjker» Il le joignit sur k route de Metz dans une petite ville que Ton nomme St. Menhould. Le procès verbal portait: ^^ £t ^ je déclare avoir arrêté le ^particulier dans une auberge de ^ St Menhould mangeant un pied de la ditie sainte.'''^ Pour entendre cette impertinente bêtise, il faut savqir que c€^e petite ville est renommée pour Texcellence des pieds de cochon que f on y mange, et qu'en conséquence en tervus de cuisine on af^le pied» à la St^ fiSenhauld.
Un Comité Révolutionaire fiiit une visite domiciliaire clies an prIHre qu^on lui avait dénoncé comme un accapareur. On ne trouva aucune marchandise chez lui. On entre dans sa bibliothèque. Un des visiteurs prend un livre sur un des raypns. Cest un tome de FHistoire Ecclésiastique de Flewry f9k trente et quelques volumes. ^^ Histoire Ecclésiastique, dit-il» *^ ah ! Rien d'étonnant, nous sommes chez un abbé.^^ II rem^ Iff volume, et prend successivement le second» le troisième, le quatrième, etc. toujours Histoire Ecclésiastique. Oh! oh! trente Histoires Ecclesiasti^pies. Arrêtons. Cést un accapa* peur de livres.
(fit) CTétait ajiors que je publiais mes Semaines aitiques. Il ni» ^l'appartient pas aasuiément de rappeler Pétonnant succès de
«et ouvrage, que la postérité reverra je Petpére avec jl/mir^ parce qu^il offre sous le voile de la gaieté la peinture fidelle de$ mœurs de cette époque. Ellle le consultera peut-être coauvitr nous consultons aujourd'hui la Satire Menippeb si» les évé« nentens de la ligue. £h bien! Les préventions étaient teU^ que les journaux en citaient de longues pages; savoir les roy^ alistes d'un côté, en regrettant que je ne fusse pas asseï exclusif; et les anarchistes de Pautre, en m'accusant de re» publicanisme modéré,^ d'aspirer à dvilSitr^ disaient-il», l» révolution, Mais ils s'accordaient à me /atr«gracé, parce qu* dans les avis que je me permettais quelquefois de donner ati Directoii^, ils ne voulaient voir que le Uâmt ou la satire. Au 18 Fructidor, je frisai de près la déportation; mais le Direct toire qui selon toute apparence avait mieux compris me» êemaine* que les journalistes, ne les porta pas sur la liste det feuilles périodiques dont il demandait la suppression ; et le conseil des cinq cents rassemblé à Podéon, passa à l'ordre du jonr sur les dénonciations lancées contre cet ouvrage pa^ quelque députés exagérés. Le lecteur me pardonnera cette note. Ih n'est ni dans mon usage, ni dans mon caractère da citer mes propres écrits. Je ne l'ai fait ici que parce que cette anecdote donne une idée de Tesprit du tempe.
(e) Cette lettre, que son objet rend historique, figurera sln* guliérement dans l'histoire du Générai Moreau. Sans doute i) sera difficile de la concilier avec la conduite postérieure de ce général. Mais dans ce siècle de miracles on peut-être tour^-^ tour, à ce qu'il parait, dénonciateur républicain, conspirateur royaliste, et traître à sa patrie, sans cesser d'être un héros.
(f) Aujourd'hui Comte de l'Aj^arent, et membre de la cou<; des Pairs. Les républicains se plaignaient hautement de Mfi^ d^OssonviUe, l'un des chefs de la haute pojice. Maia^oayeat
la passion articulait les faits qu^on lui reprochait^ et Ton sait assez combien la passion exagère. Les fameux clubs de Clichi, royaliste, et de Charôt, républicain, chaque jour discutaient leurs espérances et leurs craintes. L^oisiveté, et souYent l^ignorance, s^emparaient de quelques phrases des orateurs, et transformaient en certitude ce qui la plus part du temps n^était qu^éventael. De là tant de soupçons affirmés comme de», vérités. De là tant d'actions imputées à des hommes qui n'y avaient jamais songé» En rérolution les réputations coûtent si peu. à faire.
(g-) Le ministre Béneseeh roulait le bien* On 'lui devait d'avoir ramené Tordre dans les diverses parties de Tadministration, et d'avoir &it disparaitre la disette. Ses bureatux étaient bons, mais on y portait à l'excès la crainte du retour du ter^ rorisme. Mr* de Champagneux l'un des chefs avait une grande influence sur Tesprit du ministre. Il avait été formé à l'école de Mde. Rolland, dont-il fut l'ami intime, et par conséquent de la Gironde ; et l'on ne dira pas que l'amour de la république fût étranger à cette faction. Mais Champagneux avait hérité de toute la haine de ce parti pour les jacobins, et elle s'était ' accrue encore par la douleur si naturelle que lui avait fait éprouver k déplorable catastrophe de ses amis et de sa meilleure amie. On sent quels avantages les royalistes pouvaient concevoir de ces dispositions apparentes, et les inductions défavorables au ministre que les républicains, naturellement jaloux, pouvaient en tirer. Le mouvement anarchique de Babœuf avait imprimé une terreur égale aux députés royalistes et aux députés républicains modérés. Apparemment que cette alarme fat assez forte pour inspirer l'idée de translater le Corps Législatif hors de Paris. Ce qu'il y a de certain, c'est que je fut diargé pai^ le myiistre Béneseeh de composer un mémoire
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pour développer la nécessité de cette mesure. Je mis quinze " jours à la rédaction de ce mémoire, Le ministre l'approuva, et le lendemain me félicita de la part, me dit-il, de ceux à qui il Pavait communiqué. Je sus que dans Pintervalle des archi-» tectes avaient été envoyés à Fontainebleau pour y disposer tout ce qui était nécessaire à rétablissement du Corps Législatif. Cela n^eut aucune suite, et je n'ai plus entendu parler du mémoire. J'ajouterai simplement ici, mais par forme de plaisanterie, que dans tous les pays du monde, et notament en Angleterre, un chef de bureau que l'on aurait chargé d'un semblable travail en eût été récompensé par un honorable gratification ; mais en France à peine daigna t'on m'en remercier. Je n'ai donc pas mal choisi l'épigraphe de cet ouvrage; Mihi Galba, Otho, Vitellius, ete.
(k) Que ne puis je en dire autant de l'Angleterre, où j'écris* cet ouvrage. Moi philosophe, moi étranger, moi recommendal>le aussi, je n'y ai eu qu'une seul fois recours à deux hommes dont on vante les hautes connaissances, et ils m'ont fait éprouver uti traitement qui frise de près la barbarie.
(i) Sa politique particulière lui imposa silence^apparemment sur un événement si récent encore à cette époque. Mais son opinion était pour cette journée. Dans des temps bien postérieurs, en 1810, on parlait devant lui du 18 Fructidor, et on l^envisageait d'une manière peu favorable. Ceux qui blâment cette journée, dit-il sèchement, ont tort. Ils ne la. connaissent pas.
(kj Elle était composée de treise vaisseaux du premier rang, de quatre vingt dix vaisseaux de guerre de différentes grandeurs,, tels que frégates, cutters, chaloupes canoniéres, gali- ^tes à bombes, et enfin de trois cents transports. Le 8 Juin
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elle était devant Malthe dont la conquête ne retint Bon»* parte que neuf jours. Au commencement d^Août il parut devant Alexandrie. LWmée débarqua. L'Amiral Nelson commandait Tescadre Anglaise qui remporta la victoire d'Aboukir. Elle était de quatorze vaisseaux de ligne que Ton avait détachét de la flotte de TAmiral Jervis qui bloquait alors Cadix après avoir battu les Espagnols au Cap ^L Vincent. Tonte PSurope connait cette bataille fameuse que TAmiral fimix perdit par sa faute. Il ne voulut pas suivre les conseils du général qm lui manda de ne pas perdre un instant à se rendre à AléxandriCf ou à Corfou. Il s'embossa trop loin de la côte. Nelson passa entre la tète de sa ligne et la terre, et tout fut perdu. Une mort glorieuse impose silence à tous les reproches. Un boolet d* canon emporta TAmiral Bruix. Peu d'instans* après son vaisseau sauta. Il montait TOrient.
(l) J'ai été témoin d'une scène assez singolére qui vient à Papui de cette vérité, ^u nombre des belles institutions que l'on dut au génie tout à la fois philantropique et patriotique dt François de Neufchateau pendant son ministère de rintérienr^ il faut placer les expositions biennales des produite de l'iBdastrit française. Elles étaient extrêmement curieuses parce qnVlks réunissaient sous un seul point de vue tout, ce que le génis national peut à la fois inventer, créer, ou perfectioner ; et P ne refusera pas sans doute à la nation française d'avoir peu rivales en ce genre. A celle des expositiond qui eut lien la grande cour intérieure du Louvre, un fabricant avait parmi plusieurs autres tissus de laine extrêmement beam, de ces étoffes connues sous le nom de Casimirs, non seolemen'^d'une finesse rare, mais encore d'une solidité par&ife. L public en foule admirait cette pièce d'étéffe exposée comméchantillon, et ne tarissait point sur les éloges qu'il donnait a
fabricant. Un jeune homme se trouvait {présent) et avec ce ton de suffisance que quelques jeunes gens de Paris s'arrogent quelque fois, convint que ce Casimir était beau, mais qu'il connaissait une maison ou Ton vendait du Casimir Anglais supérieur à celui-ci. Le fabriquant lui répondit avec modestie qé'il connaissait tout aussi bien qu'un autre ce que l'on pouvait fiiire en Angleterre, qu'il ne doutait pas que Fon ne pût y fiibriquer des Casimirs aussi beaux que le sien, mais qu'il ne convenait pas qu'il s'y en trouvât de supérieur. Le jeune homme insista ; le fabricant tint ferme ; l'auditoire écoutait en ttlence, et était curieux de savoir comment cette légère dis^ cossion finirait. Enfin le jeune homme, un peu piqué par la contradiction, offirit de parier 25 louis, et d'aller sur le champ chercher la pièce d'étoffe de comparaison. Le fabricant accepte, le pari est déposé, et le jeune homme part. Aubout ■ d'un quart d'heure il est de retour, apportant avec lui la pièce d^étoffe soi disant Anglaise, et accompagné du marchand dans le magazin du quel elle se trouvait, et qu'il n'avait pas prévenu de ce dont il s'agissait. Le fabricant au premier coup d^œil qu'il jetta sur l'ètdffe sourit. Monsieur, dit-il au jeune homme, cette pièce à été fabriquée chez moi, elle est de la même qualité que celle que j'expose ici. Je prie les personne» présentes de confronter les deux marques. Ëllea sont parfiMteraent égales. Appellant ensuite son premier ouvrier : Reeminaissés vous cette pièce de Casimir ? — ^Oui, Monsieur. Je l'ai tenue, sur mon métier. — Je crois. Monsieur, que ces preuves doivent suffire, et que le pari m'appartient légitimementJ Mais je vais completter votre conviction ; et Monsieur qui vous a accompagné ici, et à qui la pièce appartient, ne s'y i^efusera pas sans doute; et s'adressant alors au mai'chand, ft'est ce pas moi Monsieur qui vous ai vendu ce Casimir f
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N^est ce pas dans ma fabrique que vous Favez pris ? — Ouï, Monsieur, répondit le marchand un peu déconcerté. — Aionit il me semblerait assez naturel que vous eussiés à lui conserver son titre de français. — Je ne le vends pas non plus comme étant Anglais. Mais vu sa beauté, ce jeune Monsieur m^a sontena qu^il ne pouvait être qu"* Anglais, et je ne l'ai pas contredît par ce que c'^cst une bonne patrique^ (expression des marchands français). . Cette scène amusa beaucoup les spectateurs. Le jeune homme paya le pari de bonne grâce, et dit en riant an marchand. — Votre déférence pour mes opinions me coûte un pea cher, je vous prie de ne plus en avoir de semblable. , Prenez ces 25 louis, dit le fabriquant à Touvrier. Il est juste que je TOUS récompense de m^avoir fourni le moyen de faire rendre justice à Pindustriç française. £n France, la mode est un véritable fléau. L^interêt national n'est rien pour elle, elle régorge avec la plus coupable impudeur. En Angleterre on donne dans Texcès contraire. Il suffit qu^une chose soit française, quelque belle quelle soit, le premier mot est no good. Cela se remarque dans les plus petites choses. La meileore montre, la boite la plus élégante, le diamant le mieux monté, etc. si vous les montrés à un marchand Anglais, le terrible no good arrive. J^ai un ganif excellent. Je voulus le faire repasser. Le coutelier Anglais me répondit, Il rCen V4uU pas la peine, il ne vaut rien. On pourrait dire aux Anglais: n^usés pas, mais ne méprisés pas. Je suis persuadé que s'ils pouvaient venir ceuillir le raisin en France et le pressurer en A^igleterre, le vin leur paraitrait cent fois meilleur. Mus grâce à Bacchus, il est en France quelque chose que les Anglais •ont forcés d'approuver.
(m) Ce mot bêtise^ tout grossier qu'il soit, n'est point ici déplacé à l'égard d'un tel personnage. Croirait on qu^nn habilf
komme dans Part vétérinaire lui ayant été recommandé, parce que, disait-on, il ferait faire un pas à Vhypiatrique^ il prit ce mot hypiatrique pour le nom d'une île de la Grèce, et répondit que cette demande regardait le ministre des relations extérieures. Un jour obligé par sa place de présider à une distribution solemnelle des prix du« conservatoire, et n'ayant ni l'esprit de composer son discours, ni de le faire faire par un autre, il osa en présence du directoire in jîocchi, du corps diplomatique, et de toute la France savante venir déclamer le discours de ,Gres$€t sur la musique. Notés bien que ce discours est le plu» pitoyable des ouvrages de ce poète. Misérable mannequin, que les plus crapuleux jacobins faisaient mouvoir à leur gré : cet homme eut cependant la confiance du directoire pendant quelques mois.
(n) Cette famille est recommendable par les hommes de mérite qu'elle à produits. De Wailly l'architecte était cousingermain du célèbre De Wailly le grammairien, dont les fils ont hérité de la science de leur père, et occuppent des places importantes dans l'instruction publique. Madame la Comtesse Fourcroy était veuve de l'architecte De Wailly. Cette Dame, aussi belle qu'aimable et spirituelle, était donc destinée à embellir la vie de deux hommes illustres par leurs grands talens. Elle à eu le malheur de survivre à Tun et à l'autre.
(o) C'est le nom que l'on donne en France aux appartemens que les acteurs occuppent dans un théâtre et où communément ils s'habillent. Ces loges, à Paris surtout, sont richement meublées et dé corées.
(p) Cette versatilité du peuple de Paris est la chose la plus déplorable. L'histoire nous le représente le même dans tout les temps. Sous Charles VI, il cria successivement vive Bourgogne^ vive à'^OrléanSf vive ^Armagnacy viv» Maillard^
vivent les Maillotins, vivent le& AngUtis. Sous Henri III, vive Bourbon^ vive Chiise^ vive Mayenne^ vivent les Seize^ vivent les moines. Cet examen ne finirait pas. Depuis quatorze mois que n*a t-il pas crié ? Vive AUxastdre^ vive d''jlrtow, vive LouiSy vive Benaparte, vive WdingUm^ vive Blucker, vive l'Empereur, vive la Nation, vive le iîoï. Il ne lui reste plus qu'à crier vivent les Jolis Cosaques, & il n'y manquera pas.
(q) fiotot fut estilé quelque temps aprè». Le conisul connut le conseil qu'il avait ëonné.^
(r) J'en fis l'^reuve dès le lendemain ^« La Société Philoteelmique m'avait chargé de Télôge dti Général Jotfbert. Je le prononçai à midi au Louvre devant un auditoire de sept à huit cents personnes. J'étais fatigué. Je dinais avee mes amis la Cépédé, Fourcroy, Legouvé, Guillard, et quelques autres hommîes célèbres de ce genre. Un Stâ^e arrive. Le Consul Sièyes vous'demande. Je quitte mes plus chères afiections. J'arrive au Luxembourg. C'est On article de rédaction dont le consul à besoin me dit un des ehefe du secrétariat. J'arive chdz le Consul Sièyes. Je me fais ànnonoer. On revient. Il edt à table, me dit-on, attendes. J'attends dans une antichambre au milieu de vingt Laquais. Aubout d'une heure je hazarde de me faire rappeler à^ son souvenir. On revient, le consul prend le café« Attendes. U vous fera appeler. Depuis une heure j'étais debout. - Il n'y avait pas une chaise; je découvris des malles daaa un coia« je pus m'asseoir. Onze heures sonnèrent. Tous les eour« tisàns s'écoulèrent. Visages nouveaux, J6' n'en coonuf pas un. Un laquais eut enfin Vextréme corHpUUêcmce de m'annoncer pour la troisième fois. U revient. Le consul va se coucher^ Il vous fera appeler demain s'il à besoin de vouit