‹ Histoire de l'origine, des progrès et de la décadence des diverses factions qui ont agité la (volume 3)Chapitre 8 sur 11 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

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jugemens réciproques que Ton portera sur les événemehs passés on veut n^écouter que Yïm^ partialité, il n'est besoin ni de bayonettes ni d'échafauds pour remettre tout dans l'équilibre convenable; ni d*échafauds, parce que là grande masse des factions a péri, et qu'ils en feraient naitre de nouvelles, ni de baypnçttes parce qu'elles aigrissent et ne persuadent pas, j'aurai donc, je l'espère, rendu par cet ouvrage service à l'Angleterre, à la France, et à l'humanité; à l'Angleterre en la ramenant à la justice qui lui est naturelle ; à la France, en la replaçant sous le véritable point de vue où elle doit être apperçue; à l'humanité en prouvant qu'assez de sang a coulé pour faire triompher des opinions déraisonables, sans qu'il en coule encore pour étouffer des opi* nions sensées.

J*ai quelque droit d'en être cru. Les places que j*ai occupées pendant de longues années; places, qui par leur nature indépendantes des événemens, ne m'obligeaient par conséquent à m'asservir à aucune faction, mais me mettaient à portée de bien connaitre l'es* prit de toutes, sont mes titres. J'ai long-temps Joui de la confiance de Mr. de Clermcmt Ton*

Aère, et Fai secondé dans toutes les mesures qu'il prenait pour le salut de Louis XVI. Après kuchute de cet infortuné monarque j'ai servi sous le ministre Roland, et j'ai été témoin du combat journalier que ce ministre honnête homme liimait à la Êiction ^sanguinaire qui maitrisait alors la Fr^uice. Chef du bureau des comptes décadaires jusqu'à la fin de la session de la Convention Nationale, j'ai eu pendant plus d'un aa sous les yeux le tableau de l'esprit général de toute la France. Chef du bureau des commissaires du pouvoir exécutif sous le ministère de Bénesech, personne mieux que moi n'a pu connaitre les efforts que les partis faisaient encore pour se heurter, et reconquérir la domination* Secrétaire intime d'un membre du directoire, j'ad vu de près les principes suivis par cette grande autorité. Enfin pendant dix ans, chef de division à la grande chancellerie de la légion d'honneur, j'ai été autant qu un autre à portée d'étudier la marche du gouvernement de Tempereur. Si je n'écrivais que pour la France, îi ne VÊne serait pas venu dans la pensée de fatiguer le lecteur par la liste des places que jfM occupées depuis vingt cinq ans au service de la patrie; -c^a ferait supposer en nK)i un

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carc)€tèr€i avantageux qui m'est bien étranger^ et cetteespêce de jactance me fut inconnue da tou& tempa; m^i» éciivant spécialement pcnis r Angleterre j'ai du me conformer à Tusage adopté par ses littérateurs les plus célèbres* ^ Ici la confiance du pubHc dans un. ouviiage quelconque repose sur cette espèce db for*^ malité.

Celui ci, entièrement écrit pour l'Angleterre, sera lu je Tespere avec quelcpe intérêt. Je n'ai rien écrit qui ne soit à la connaisaoca de tous leâ français; mais les français même' y trouveront un assez grand noml]^ de £Buit^; que les temps, les circonstances, la politique peut-être, n'ont pas permis de publier sur ld> théâtre où ils se^ sont ^passés. Ce n'est points Thistoire de la révolution que j'ai écrite, c'est l'histoire des malheura de la révolutiop, ou pour mieux dire l'histoisç. des plus, grands .ennemi3de la révolution, l'histoire des: tyxçns dont la criminelle ambition se li^ia contre 1^ liberté objet unique de cette> révolutipn. Cette hm.

bert^; on la isoulait solis un monarque, cheraJors. à toute la France, dont la puissance fût eooore plus, affermie^ sur les bazes immuablesd'une c(Hi6titutioa a^ropnée aux ton&j^ à ^

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marche des lumières, aux progrés de la philosophie; on la voulait sous la garantie d'une représentation nationale, gardienne toujours éveillée des droits du peuple et de la dignité du trône ; on la voulait sous la protection des loix, dont la simplicité, en écartant le danger des interprétations source ordinaire des abus^ assurât la force, et dont la clarté en les mettant à la .portée de ^toutes les intelligences commandât le respect et l'obéissance ; on liBt voulait enfin fondée sur le sentiment unanime de toutes les classes de la société pour la plus grande prospérité de la patrie, sur le sacrifice, léciproque de quelques privilèges en contrailiction avec les droits communs à tous, et bientôt remplacés par des avantages bien plus durables, parce que leur jouissance n'eût été onéreuse pour personne. Voila ce que la France avait voulu et ce qu'elle veut encore^ • Tel était le grand ouvragé de T Assemblée con^ fftituante^. la plus célèbre des réunions hu-^* xnaines par le patriotisme et les talehs, et dont aucune époquoi de l-histcnre du monde ne peut ofirir lei modèle. :Ce bienfait qu'elle légua à la patrie» la malheureuse foiblesse de VAssem»: lèJéé l^guiotiverle lasmi; périr entre ses^ mahùw

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Elle foufFrit que les factions commençassent à porter la coignée à ce grand monument ; il s'écroula, et ses vastes débris devinrent le trône de toutes les tyrannies. Tel est le sommaire de mon ouvrage. Il en sortira cette vérité, que lors qu'un grand peuple est parvenu à connaitre ses droits, toutes les fureurs humaines peuvent bien s'entendre, se concerter, se réunir pour le replonger dans Tignorance, et le rendre à Tesclavage, mais que tous les efforts sont vains, et que le sentiment de sa dignité, la justice de ses prétentions, et Tamour de la liberté liment sans cesse les nouveaux fers qu'on veut lui imposer, et surnagent sur les torrens de sang que Ton répand pour les étouffer. L'histoire de FAngleterre est une grande autorité qu' aucun factieux, aucun usurpateur, aucun tyran, ne peut repousser.

Les politiques modernes devraient Tétudier davantage. Elle leur apprendrait qu'il ne faut souvent qu'un jour ^ un peuple pour briser ce qui coûta vingt siècles de travaux, de veilles et d^alarmes à Tambition de dominer et aux entreprises du despotisme.

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