TOM. II. Q
engloutit dans le même abime, et royalistes, et républicains, et patriotes. Robespierre»
pour arriver au pouvoir suprême, ne connut d'autre secret que d'abuser de deux mots, peuple et liberté. Il fatigua les gens sensés par l'assomante répétition de son attachement prétendu pour le peuple; mais: cet attachement ressemblait à celui qu'un assasin porte à son poignard, quand il est sur que la lame en est tranchante et bien trempée. Sans . influence dans rassemblée constituante, où la faiblesse de ses talens ne lui permit par de sa fair* remarquer parmi tant d'hommes supérieurs, son ambition démesurée n'échappa point cependant aux çegards perçans de Mirabeau.
" Ce jeune homme est à craindre, dit-il à un " de mes amis, qui le .soir môme me rapporta " le propos ; si Ton n'y pre*d garde, il a*- -V rivera ; ce ne. sera, ni par le génie, ni. par *' l'éloquence ; mais ce sera par le crime* Si i* on le laisse poursuivre sa carrière,* il sera " moins que Catilina, bien moins encore que u Cromwel; mais il joseïa plua qu'eux/' Le peuple fut longtemps > dope de son - amour hypocrite* Cette confiance ne : doit pas,aup
prendre. Ce peuple sortait d'un régime où jamais personne ne s'était avisé de se dire son ami, et il se livra sans réserve à celui qui sembla se faire publiquement gloire de ce titre. Il se dégoûta plus vite de Marat, parce que Marat montra trop tôt et trop souvent là aoif du sapg dont il était tourmenté, et que le peuple veut bien. qu'on le rende heureux, mais non pas que l'on tue pour qu'il soit heureuxt Il resta froid pour la Gironde, qui seule tara*vaillait pour sa prospérité, parce qu'elle se conduisit avec lui comme ces amis généreux, qui ne parlent jamais des services qu'ils vous rendent ; mais il resta plus: long-temps fidèle à Robespierre, parce que Robespierre eut Tait de ne paraitre s'occuper que de sa défense et de créer chaque jour de prétendus dangers afin d'avoir l'air d'en garantir ce peuple, et d'être en droit de lui commander la reconnaissance. Quand à la liberté qu'il feignait "sans cesse d'adorer, qu'il affectait de croire toujours compromise, dont il vantait lés bienfaits avec le ton glacé de l'indifférence; il n'en • parlait que jfcur empêcher l'effervescence de
•'amortir. ' Ce mot' n'était dans sa bouche
228 HISTOIRE DES FACTIONS Dl
qu'un venin que comme la vipère il lançait contre ceux qu'il voulait écraser. Il en usait pour exaspérer l'animosité du peuple, à peu près comme on verse du vinaigre sur de la craye pour la mettre en ébulition ; mais dans son amour pour le peuple et pour la liberté, . il ne considérait que lui seul. Prospérités nationales et misères publiques, étaient des mots que son oreille ne conduisait jamais jusqu'à son cœur. Innocence, vertus, nature ne présentaient aucune idée à son imagination; et humanité, était une expression qu'on ne lui avait pas appris. Malheureusement pour la France, Robespierre fut dédaigné trop longtemps, et il ne devint à craindre que parce que l'on ne le craignit pas assez. Il est des hommes que l'on ne doit jamais balancer à admettre dans les premiers rangs, quoi que l'on soit convaincu qu'à peine ils seraient dignes de figurer dans les inférieurs. Le moyen d'enchaîner certaines ambitions est de leur accorder beaucoup. Celle de Robespierre était de ce genre. On lui fit trop sentir son infériorité ; le désir de la vengGfcnce irrita son amour pour, le sang; et son système de dé-
population lui fut suggéré, bien plus par ses ressentimens particuliers, que pour l'intérêt de sa grandeur préméditée. Ainsi poursuivit-il avec acharnement la cour, les constituants, et la Gironde ; la cour, on pour , mieux dire la reine, parce qu'elle ne l'avait pas cru digne d'élever son fils ; les constituais, parce qu'ils l'avaient mortifié dans ses débute; les Girondins, parce qu'ils avaient repoussé ses premières avances. Ainsi écrasa-t-il la commune d'Hébert, parce qu'elle lui fit trpp appercevoir qu'elle prétendait régner sans lui ; ainsi fit-il périr Danton, parce que Danton eut l'im.
prudence impolitique de lui faire sentir qu'il le regardait comme son second. Rien de plus dangereux que les ambitieux, dont l'orgueil ne pouvant supporter ni supérieurs ni égaux, ne les empêche pas cependant d'avoir l'intime conscience de leur médriocrité. S'ils portent une ame scélérate, pour se défaire jde leurs rivaux, ils les tuent.
Robespierre n'avait pas assez de profondeur dans le génie pour concevoir un grand plan d'usurpation, ni assez d'élévation dans le caractère pour l'exécuter. De tous les moyens d'arriver au pouvoir suprême qui s'offrirent à
son esprit, il choisit le pire ; je veux dire la terreur. Il crut qu'en comprimant toutes Jft* pensées il se débarasserait de tous les obstacles ; il débuta comme les tyrans finissent.
Quand il se crut à la veille du succès, il fat facile de remarquer dans ses derniers discours qu*il était dans son intention de détendre Tare, L'on pourrait croire qu'il était entré dans son plan de commencer par se faire haïr de la
parfie saine de % la nation, afin d'arriver plus
certainement ,à s'en faire aimer. En parvenant à la puissance, il eût mis un terme à la terreur, et eût* imputé à d'autres l'organisation de cet affreux régime. Il voulut singer Augustej qui commença pafr la haine et finit par l'amour. Mais le modèle était mal choisi.
Octave avait à faire à un peuple fatigué de huit cents ans de liberté, et Robespierre à un peuple aigri par douze cents ans d'esclavage ; la position n'était pas I9 même. Auguste se fit aimer des romains parce qu'il leur donna des fers ; et quelque chose que Robespierre eût pu faire, il eût été constament détesté des français parce qu'il leur eût rendu les leurs.
Parmi tous ses crimes, il eh est un que l'on ai ee mé 'semble, négligé de lui reprocher. Ce
LA BivOLUTIOÎT IUANÇAISB 231
régime de terreur, que dans les projets de son ambition sa politique étroite lui fit embrasser, glaça, anéantit le. noble et généreux élan que le peuple français avait déployé pour reconquérir sen droits légitimes. 11 amena une époque où il fut persmis de craindre que ce peuple n'eût perdu, poqr de longues années peut-être, le sentiment de sa dignité que sa révolution lui avait appris à connaître. L'amour pour la liberté, que quelques hommes conservaient encore dans le cœur, ne fut plus considéré que comme une disposition aux at>* tentats. L'égalité devint un objet de dérisioft pour les classes même que cette égalité rétablissait dans les droits imprescriptibles accordés par la nature à tous les hommes. On en vint au point de rougir du titre sacré de citoyen. Le mot, patrie, ne parut plus qu'un mot vide de sens. Tout ce que l'éducation nous avait appris à admirer dans les peuples anciens, fut mis au nombre des absurdités. Robespierre déshonora .l'antiquité parmi les modernes.
Fabius, Cincinnatus devinrent des hommes sans vertus, parce que les satellites du tyran avaient usurpé leurs noms. La malheureuse influencé de soi) régne de sang s'étendit jusque»
sur les constitutions futures ; il rendit les législateurs à venir plus timides devant les idées libérales. Il nous a fallu parcourir une période de vingt ans, faire l'essai de trois constitutions, avant d'arriver à en obtenir une, où les droits de tous et de chacun fussent à peu -près garantis. Mais tout devait être phénomène dans la révolution française. Les armées, que partout ailleurs on se figure comme si dangereuses pour la liberté publique, furent à cette époque l'unique azile qu'elle trouva en France. L'armée ne fléchit pas le genou devant le tyran. S'il eût triomphé, elle se serait débandée ; elle le mésistimait ; et le soldat français n'obéit pas à l'homme qu'il méprise. Robespierre enfin fut criminel envers toutes les nations. Il rendit, pour quelque temps du moins, le peuple français indiffèrent pour tous les régimes, pourvu qu'il trouvât le repos; et il consolida, pour des siècles sans doute, l'esclavage de vingt peuples, qui spectateurs éloignés de la révolution française, ne jugeaient de la liberté que par les sanglantes convulsions que l'abus de ce mot entretenait en France. Il ne négligeait dans sa politique mesquine aucuns petits moyens, pour se riiénager des défenseurs, ou des preneurs, quand il serait;
parvenu au pouvoir souverain. La place de directeur général des bureaux du comité dé salut public m'avait été offerte le jour même où il prononça son fameux discours sur l'être suprême. Il ne me falut pas une grande sagacité pour appercevoir tout le danger d'une semblable place. Ce n'était pas la responsabilité du moment qui était à craindre, mais la responsabilité future. Etranger à toutes les factions, je ne voulus pas que les : jugemens publics, faciles à prévoir pour l'avenir, me confondissent un jour avec des hommes dont j'étais loin de partager les opinions. Je n'eus pas besoin d'une politique bien déliée, pour faire tomber sur la tête d'un autre l'honneur que Ton prétendait me faire. Quelques membres du comité imputèrent à. vertu républicaine ce qu'ils appelèrent mon désintéressement. J'avoue simplement que ce n'était que l'effet de ma prudence. Robespierre fut, je ne sais comment, instruit de ce fait si peu important en lui même ; et cela m'attira son attention. Heureusement je l'ignorai longtemps ; ma tranquillité en eût été un peu troublée. Ne l'ayant jamais approché, ne lui ayant jamais parlé, j'étais loin de soupçonner
que mon nom même lui fftt connu. Je œ Kappris que le 2 Thermidor. Ce jour là un homme de ma connaissance se présente chez
moi à dix heures du soir, et me dit gaiement qu'il rient me demander à souper. Je le reçois avec franchise. Nous soupons tête à tète.
Alors on parlait peu des affaires publiques.
On vivait comme dans les pays d'inquisition ; on craignait jusqu'aux murs. Cependant il mit la conversation sur ce chapitre, et après quelques mots vagues, il m'annonce sans dé*- j tour la dictature de Robespierre comme très^ prochaine. C'est de sa part, que je te visite/ me dit-il. Il sera bien aise de s'entourer de personnes estimées pour leurs talens littéraires. Il compte surtoi ; et comme ton ami, je l'ai assuré qu'il pouvait être sur de ton zèle. Il a su le refus que tu as fait de la direction générale des bureaux. Il l'approuve; tu peux porter, tes vues plus loin. Ce négociateur s'étendit beaucoup sur ces dïfférens objets ; et j'eus le temps de me remettre un peu de la surprise que m'avait occasionée une déclaration aussi brusque et aussi imprévue. Elle m'étonnait d'autant plus que je connaissais ce monsieur pour être très royaliste ; mais dans la
tA nivoLUTiON française; 235
révolution ces raprochemens d'hommes très opposés d'opinion, ont été plus fréquens qu'on ne croit. L'ambition ou l'intérêt explique ces contradictions. J'évitai eu lui répondant les protestations d'une reconnaissance que je n'éprouvais pas. Je me renfermai dans des généralités. J'appuyai sur ce principe, que partout l'un des premiers devoirs du citoyen était d'obéir au gouvernement établi dans son pays, et de le servir de tous ses moyens ; et je m'épargnai des détails dans les quels je ne voulais pas entrer, en lui débitant quelques autres lieux communs semblables. Il me quitta bien, convaincu que Robespierre aurait en moi un serviteur dévoué ; et quant à moi je restai un peu souciepx d'un entretien de cette espèce.
Que Robespierre réussît on ne réussît pas, le danger était le même ; et j'étais loio-de prévoir que huit jours après le ciel en aurait fait justice.
Robespierre manquait d'une qualité indispensable à tout ambitieux. Je veux dire le courage. Sa poltronerie surpassait celle de Thersite. La vue d'une epée nue lui causait de la frayeur. 11 ne put jamais prendre sur lui d'essayer à monter sur un cheval et
l'eût-on conduit par la bride, il n'eût pas été rassuré. Il attachait de l'importance aux rêves, et cherchait à se faire expliquer les siens. Il consultait les tireuses de cartes, et comme tous les tyrans, il avait soif de connaître l'avenir. J'ai su par un jeune homme, nommé Y Admirai, qui fut pendant quelques années attaché à la bibliothèque nationale, qu'il y fit chercher un livre, dont on lui avait sans doute parlé. Ce livre, selon l'indication qu'il avait donnée, devait traiter des sortilèges et des secrets ocultes employés par Catherine de Médicis. Il fut très mécontent de ce que le livre ne se trouva point, soit qu'on lui eût mal enseigné le titre, soit qu'en effet il n'existât point.
. Robespierre en mourant ne fut pas le plus , dangereux des tyrans dont la providence délivra la France le 10 Thermidor. St. Just, qu'à peine Ton remarquait à ses côtés et qui se perdait, si je puis m'exprimer ainsi, dans l'orbite de cet astre sanglant, St. Just tôt ou tard l'eut renversé, , remplacé, et surpassé. Celui ci beaucoup plus jeune, était impénétrable dans sa dissimulation. Son génie était vaste II concevait et projettait grandement; et une fois décidé, il ignorait comme on reculé, La
mort ne l'effrayait ni pour lui, ni pour les autres. Il étudiait les hommes, non pour les connaître, mais pour les perdre. Il cherchait leurs passions pour en user. contre eux comme on abuse de l'ivresse. Il s'aprocha de Robespierre, non pour le servir, non pour s'iastruiré dans la route du crime, mais pour que les crimes de Robespierre l'instruisissent de la route qu'il falait prendre pour l'écraser un jour. Il était froid dans le danger, calme dans l'orage, de glace dans la victoire. Sa politique étplt cruelle ; il trompait sans caresser, et le mensonge avait chez lui toute l'austérité de la franchise. Son insolence toujours égale, toujours uniforme, ne permettait jamais d'appercevoir s'il commandait, on s'il obéissait. A ses yeux l'ingratitude était sublimité, et la reconnoissance faiblesse. i Insensible aux bienfaits, il les recevait comme un hommage, et remerciait comme on injurie. Son éloquence était sinistre ; où eût dit que chaque phrase précédait l'annonce d'un malheur.
Dans ses discours il ne persuadait jamais, il alarmait toujours. L'histoire des hommes et des temps lui était familière, mais il l'appelait à son aide comme on évoque les spectres.
Sa figure était orgueilleuse et sévère; son teint avait cette sorte de lividité et de nuance jaunâtre que donnent les tourmens intérieurs de l'envie* Son regard était superbe, âpre et scrutateur. . Le dédain n'abandonnait jamais ses lèvres. Son oreille etoit toujours éveillée, sans cesse inquiète, constamment attentive. Il n'était pas d'une haute stature, mais ses formes étaient athlétiques. C'etoit la tête de Domitien sur le corp» de Spartacus. Tel est le portrait de cet homme, qui passa sur le théâtre de l'ambition avec la rapidité d'un météore. Son apparition se chargea seule de prédire ce qu'il fdt devenu. Pour se faire redouter il dispensa de lf expéri* ence. L'horreur qu'il inspira fut l'ouvrage de la réflexion. 11 fut semblable à ces dangers dont on ne s'épouvante que lors qu'ils ne sont plus. On eût dit que l'enfer a^ait médité sa vie pour prouver que Robespierre n'était pas son chef d'ouvré, et que le ciel indigné se ffat hâté de briser l'ébauche.
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UVI£ IV.
Robespierre était tombé ; ; toute la France respirait. Des jours plus doux s'annonceaient, les échafauts étaient abattus. Oh ouvrait les prisons, f X-es victimes, heureusement échappées, étaient rendues $ux embrassemen* et aux consolations de leurs familles. La vio toire commençait à ^^nnoncer fidèle aux armées françaises; déjà quelques traités <& paix se ménageaient Qui n'eût di$ que ma belle $b malheureuse: p^triç allait jouir enfip d'un repos si nécessaire et< si cruellement acheté? mais ces jours de calme si désirables et, si désirés étaient loin encore. Un régime npn çnoias cruel, noi^ moins ; sangtajt que régifl^e de la, terreur allait lui, succéder, jrfoqtipii çdlait ,pa[raitre> ^Jhisqu'à-pjtèasnt
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crime avait eu sa discipline. Les chefs des factions lui avaient imposé une sorte de joug qu'il n'osait secouer, et il suivait en esclave soumis et infatigable la route qu'on loi traçait sans s'écarter jamais de la marche qui «lui * était commandée, Maintenant on va l'émanciper ; il ne va plus dépendre que de ses caprices, de ses fantaisies, des inspirations de sa propre volonté. Il n'attendra plus à la porte d'un tribunal révolutiohaire l'heure où il lui prescrira de frapper. Il ne sera plus assis à la porte de la commune, à la porte des cordeliers, à la porte des Jacobins pour obéir à leurs décisions. Il va joilir de âà liberté pléniere. Il va massacrer auhâzard, dévorter en détail, moissonner les hotames en' aveugle. Il nea'mformera pins s'il proscrit des royalistes, s'il frappe dès républicains, s'il égofge des
patriotes, des constituant des Girôtidins, -des contrerévolutionaires. Les opinions îui seront désormais indifférentes. Il prêtera son ministère à tous les vices, à toutes les noirceurs. Ici se termine le deshonneur des gouvernons et commence le deshonneur des gouvernés.
La terreur n'a fkit que changer de conduc-
teurs. Les vengeances personnelles, les haines de famille, les rivalités de tout genre, les inimitiés invétérées ou récentes, les ressentimens entretenus par la mémoire, les noirs
' souvenirs qu'alimentent toutes les passions; voila ce qu'il va servir. . Cependant il écrira sur son front: vengeur de l'humanité.
H se fera tout à tous. Il noyera, égorgera, massacrera sans s'informer sur qui tombe ses coups. Les maisons, les rues, les campagnes, les hameaux, tout théâtre lui sera bon* Ne lui demandez pas les forfaits de celui dont il tranchera les jours. Peu lui importe. On lui dira frappe ; il frappera. Et voila ce que l'on appelera le Réveil du Peuple. O Malheureux peuple ! quelques couleurs que portent les boureaux de l'humanité, c'est donc toujours à toi qu'ils imputeront leurs forfaits !
Comment se fait il que cette Convention Nationale, supérieure si souvent au sénat de l'antique Rome, si imposante dans ses pro-
. près dangers, si grande dans ceux de la patrie, dont le génie commandait aux armées de naitre, dont la volonté décrétait la victoire, et qui toujours obéie vit l'Europe conjurée