‹ Histoire de l'origine, des progrès et de la décadence des diverses factions qui ont agité laChapitre 8 sur 16 · TOM. II. K · texte numérisé non relu

TOM. II. K

devant le tribunal. Leur assasinat était commandé, ainsi à quoi servirait de parler de leur défense. L'éloquence de Vergniaux fit pâlir les juges. Mais dans un autre temps les derniers regards de Coligny firent aussi pâlir ses assasins et ne les désarmèrent pas. Quand on prononça leur condamnation, ils firent retentir les voûtes du cri de Vive la République. Ce fut pendant ce concert unanime de tant d'hommes généreux que Valazé se donna la mort. On les conduisit au supplice, et le cadavre de Valazé les y accompagna. C'est un rafinement do férocité que Marius n'a pas connu.

-■ Ce fut là le dernier jour de la République Française. Un deuil éternel s'étendit sur tous les véritables républicains. Il nous fallut renoncer à la plus douce des chimères ; à cette chimère qui compte les vertus pour quelque chose dans les fondations d'un gouvernement, Il nous fallut reconnaître, mais un peu trop tard, que l'on peut bien avoir sans cesse à la bouche l'éloge de Rome antique, sans avoir le courage de l'imiter. Nous n'avons possédé de cette célèbre république que l'insolence de se*

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ribuns. J'ai vu pendant quelques mois dix mile brigands, peut-être, trainër dans la boue les noms chers au capitole, et je n'ai pas vu 3ans toute la France un véritable Cincinattfs. La Gironde seule fut romaine. La rivale dont la puissance l'écrasa n'a fait que parddier l'histoire. Triste dénouement d'un beau 'revé! [1 est dur de n'avoir à offrir à la postérité que îa copie de Caton ; et sans la Gironde* nous l'aurions rien à lui laisser ;

De ce moment, l'écluse du torrent révolutionnaire fut levée. Elle ne se rabattra plus. La mort s'étendit sur la vertu et la poursuivit sans relâche. Vergniaux dédaigna le poison, pouf accompagner son ami Ducos à Téchafaud. Rabaut Saint Etienne, le plus honnête des hommes- et le plus éloquent des écrivains est trahi par la perfidie. Un monstre prend le masque de l'amitié pour découvrir sa retraite. On croit à ses sermens. Il accourt, eibbrasse Rabaut, Sort, revient avec dès gardes. Rabaut est arrêté. Rabaut périt.

On rencontre Gorsas. On le dit hors de la loi. On le saisit. On le conduit au tribunal. On

de lui demande que son nom. C'est assez;

on l'envoyé à la mort ; et la même heure vit l'arrestation et le supplice. Le crime de Çrirey Dupré fut son amitié pour Brissot. Le tribunal lui demande s'il Festimait ; oui dit-il, parce qu'il a vécu comme Aristide, et qu'il est mort comme Sydnei.' Il suffit. On le livre au , bourreau. Mde. Roland les égala tous eii courage. On la retint quelques mois en prison. Ce fut là qu'elle écrivit ses mémoires* Ouvrage recommandable par la vérité, admirable par le stile. Le jour fatal de cette femme illustre arriva. Ses grâces raccompagnèrent à l'échafaud. Quand elle' y monta pour y trouver la mort on eut dit qu'elle montait chez un amie. Le vertueux Bailly vit arriver aussi sa dernière heure. On se fit un jeu de prolonger son supplice. On démolit sous ses yeux l'échafaud qui l'attendait ; on le reconstrusit sous ses yeux. Le temps était mauvais ; il neigeait. Un jacobin s'approche; tu as peur Bailly, tu trembles. Non mon ami, j'ai froid. Mot sublime.

Si quelque chose pouvait réconcilier Philippe Egalité avec l'honneur, ce serait de trouver son nom sur cette longue liste d'illustre*

égorgés. Le mépris qu'on lui portait depuis long-temps le rendait étranger à l'intérêt dô tout le monde. Peu de jours auparavant Robespierre, dans un discours aux Jacobins, avait dit, il faut que Philippe d'Orléans iheure. Cet arrêt avait été écouté avec indifférence. Un maître qui dit à un laquais, écrasez cette arraignée, fait plus de sensation sur la société qui l'écoute. Philippe d'Orléans, lors du décret pour l'expulsion hors du territoire français des membres de la famille de Bourbon, avait été conduit à Marseille, ou il était retenu prisonnier. On le traduisit à Paris. Il fut condamné. On s'attendait à la mort d'un lâche. L'on se trompa. Il ne demanda qu'une grâce; ce fut que son supplice ne fût pas différé jusqu'au lendemain ; il l'obtint. On affecta en le conduissant de l'arrêter pendant long-temps devant^ le Palais Royal* Cette inutile barbarie l'affecta peu. Il jeta plusieurs fois Les yeux avec indifférence sur ce superbe séjour de ses ayeux. Il s'avança vers la mort avec tranquilité, et la reçut sans pâlir. La nature forme rarement des individus de cette espèce. Il reçut d'elle les dons extéri-

eurs ; ce fut un malheur ; ils hâtèrent la cor-

ruption de sa jeunesse. Sa naissance le plaça dans le rang le plus élevé ; ce fut un maljbeur; . il ne put-être déslors ambitieux sans ê£rç criminel* Sa richesse fut immense; ce fut, un malheur; elle n'appela autour de lui que des ame$ viles et mercenaires qui perfectionnèrent ,en lui cette bassesse de sentiments que le défaut d'éducation avait laissé s'enraciner. Il n'eut ni le courage d'un «conspirateur, qi l'audace d'un factieux, ni la bravoure élevée, d'un .prince du sang, ni la raison d'un citoyen. Ce fut simplement un de ces phénomènes de révolution qui pendant un jour sont tout* etlpendant leur vie ne sont rien. .,

Depuis la destruction des Girondins jusqu'au neuf Thermidor, la mort ne se reposa plus. Bientôt la perte journalière de quelques hommes paru* trop ;peu. de chose à la Montagne. Il lui fallut; frapper d'un seul coup des villes •entières; et gigantesque dans ses fureurs, .Lyon, Nantes, Bordeaux, Marseille, Toulon, méritèrent par leurs superbes remparts l'honneur de la préférence de sa rage destructive.

L'ingratitude lui coûtait peu. Pour elle la reconnoissance eut été un fléau. Rien de ce qui pouvait diminuer les torrens de sang ne pouvait trouver grâce à 3es yeux. Ainsi forent oubliés dans un seul jour les services que Nantes avait rendus à la cause républicaine.

Carrier y fut envoyé. Ce fot l'ange de la mort. Tout périt ; et les hommes que les soupçons entourèrent, et les hommes que les délations poursuivirent, et les hommes dont les forces et les resources s'étaient épuissées en luttant pendant six mois contre les Vendéens. Ici plus d'échafaud; ici plus de massacre; ces moyens sont trop lents. Des vaisseaux sont achetés, d'énormes barques sont construites; des trapes sont pratiquées dans leurs calles. On embarque pèle mêle hommes, femmes* enfans, vieillards, négocians, prêtres, magistrats. On appareille ; les flots de la Loire enportent les navires; les trapes s'ouvrent; tout se noyé ; tout périt ; tout : les navires mêmes, et souvent les bourreaux mal adroits.

La voix publique désigna ces sortes de commissaires conventionels, par la qualification de proconsuls. On la choisit parce que-Ciceron

l'avait flétrie. On était Romain jusques dans la haine. L'étonnanta fécondité de leur génie pour varier les supplices était un phénomène. Tous n'ont pas aspiré à cette haute renommée. 11 en fut beaucoup que leur modération condamna à l'obscurité. Mais les célèbres, les véritables ambitieux de la gloire du temps !

Quels admirables Protées dans l'exercice du crime. Tous ont as s a sine, égorgé, massacré. Mais ils craignirent sans doute la monotonie des moyens. Ils voulurent que -dans l'histoire générale des forfaits, un caractère original les mît en évidence, et chacun se plut à perfectionner la scélératesse pour éviter d'être confondu avec un rival. Ainsi Carrier et Joseph Lebon dans le grand art de dépeupler ne se ressemblèrent pas. Ainsi Collot d'Herbois, Javogue, et tant d'autres. Mais un spectacle qu'il n'appartient qu'à la Révolution Française d'avoir donné au monde, c'est la réunion fréquente dans les mêmes individus, de la sublimité du stoïcisme à la profondeur de la perversité. Ces hommes ! Ils revenaient couverts du sang des générations. Leur front était calme, leur œil paisible. Ils parlaient

de leurs travaux comme Scipion parlait de ses victoires. Carrier accusé par la Convention se défendit comme Thraséa et mourut comme

Socrate. Ces exemples se sont renouvelés cent fois. Dans ce siècle inoui, la mort n'effrayait ni Tinnocence ni le crime.

Lyon fut traitée avec plus de barbarie. C'est qu'elle se montra plus héroique. Elle fut grande avant le siège. Elle fut sublime pendant le siège. Elle fut moins noble après le 9 Thermidor. Lés réactions ne vengent pas ; elles deshonorent. Elles servent les haines particulières. Elles sont sans profit pour l'état. Une réaction n'est que la livrée d'une faction nouvelle, où tout le monde est chef. Chacun se choisit une victime, et Ton compte autant de morts qu'il y a de réacteurs. C'est la faction des lâches, parce qu'échappés au péril, ils frappent sans danger.

Les Jacobins s'indignèrent, de la tranquilité de Lyon. Silentieuse au dix Août!!! Cette mélancolie politique peignait ses sentimens.

Un détachement d'anarchistes est expédié.

Challier le précède. Il sera, dit-il le Marat de Lyon. 11 le fut. Un club de six cents bri-

gands est formé. Le plan de massacre est arrêté. Challier fait jurer le secret aux conjurés sur un poignard. Ce secret est violé.

Le maire est intruit de la conjuration. C'est la vie des négocians qui surtout est menacée. Ce magistrat ferme et conrageux fait battre la générale. Les conjurés trouvent toute la ville armée, et la conjuration échoue. On fit grâce à Challier et à ses complices. On craignait les Jacobins, la Convention. On eut tort.

Ponr n'avoir pas su braver des dangers éloignés, bientôt Ton sera réduit à braver les dangers présents.

On fit un crime à Lyon de ne pas s'être laissée égorger. Les députés le Gendre et Bazire partent porteurs de la vengeance; tout puissans pour punir, sans pouvoir pour pardonner, telle était leur mission. On espérait

beaucoup de le Gendre. Long-temps boucher,

on comptait pour quelque chose sa familiarité avec le sang. Cet homme n'était point orateur. Il parlait sans aprêt. Des mots sublimes noyés dans une trivialité habituelle; telle' était son éloquence. Cet homme dont 'honoraient les plus farouches Jacobins était

destiné à les anéantir un jour. Il avait de la grandeur d'ame. Sa famille l'adorait; personne ne le connut ; tout le monde le craignit. On comptait alors sur sa férocité ; il s'agissait de Lyon, on le choisit. IL fut le seul homme qui porta à Lyon un cœur sensible. Il eut la malheureuse faiblesse de ne pas en écouter les conseils. Etait-il aveuglé par les fureurs exa*gérées de ses chefs de Paris ; ou tremblait-il pour lui-même? Je crois qu'il tremblait. < L'arrivée de ces deux commissaires fut un triomphe pour Challier. Les Lyonnais n'ont osé le punir. Il devient leur magistrat. Challier procureur sindic de la commune, secondé par des municipaux émules de ceux de Paris, se dédommage du premier massacre qu'il A manqué. Lyon est en armes. La commune est assiégée ; trois traités de pacification sont entamés. Trois fois le perfide Challier fait voler la mort dans les rangs des Lyonnais, qui s'en fiaient à ses paroles de paix. Enfin la commune est forcée, les, commissaires de la Convention, Challier, ses municipaux sont faits prisonniers. La représentation nationale fut.respectée. Mais Challier et ses complices furent

jugés. Ils expièrent leurs crimes sur Féchafaud. C'en fut assez: la perte de Lyon fut résolue. La reconnoissance l'emporta un moment sur la fureur révolutionaire ; les commissaires de la Convention, sensibles à la magnanimité de leurs vainqueurs, informèrent leur souveraine que le mouvement de Lyon n'avait rien de royaliste ; qu'il gavait été dirigé qjie contre une municipalité coupable. Cet hommage à la vérité fut rendu par le Gendre.

Quatre jours après son collègue et lui se laissent effrayer ou tromper; ce premier rapport est démenti, et Lyon est digne des plus grands châtimens.

Dubois de Craricé est chargé du siège.

Kellerman est tiré de Farmée des Alpes. Ses soldats ont ordre de le suivre. On laisse respirer les ennemis de la France, pour verser le sang français. Ce siège fut terrible. Opprimés, oppresseurs, des deux cotés courage égal, dévouement égal, opiniâtreté égale. D'un coté fanatisme d'héroisme, de l'autre héroisme de fanatisme. Dans les assiegéans aveuglément, dans les assiégés exaltation, et partout gloire. Enfin les veilles, les fatigues, Fin-

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cendie inextinguible sans cesse alimenté par les bombes, l'épuisement des vivres, la mort moissonant sans relâche les défenseurs de Tantique cité, la fain exténuant les vieillards, les femmes et les enfans, toutes les calamités réunies enfin, amènent le jour du désespoir.

L'émigratiou du petit nombre, de braves qui subsistent encore est la dernière resource.

Ainsi jadis Carcassone échappa toute entière, à la féroce armée des barbares inquisiteurs.

Precy se met à la tête de la colonne Lyonnaise, la porte de Vaise est ouverte; on sort. La retraite paisible d'abord, est bientôt troublée. Le nombre accable enfin ce faible reste de tant de héros. Les uns périssent en combattant ; la fuite sauve les autres. Lyon est vaincue, elle à tout perdu hors la gloire, et son nom même est effacé.

Maintenant il ne s'agit plus de victoire, il s'agit de vengeance. Collot d'Herbois, Couthon et Maignet arrivent. La proscription commence par les édifices. Le paralytique Couthon, couché dans un palanquin à l'instar des sultans de l'Asie, porté par des Jacobins subalternes qui lui tenaient lieu de Cipayes, armé

d'un maillet d'argent, s'arrêtait aux portes des édifices. Maison rebelle disait-il, je te frappe au nom de la loi, et la maison était démolie. La nouvelle de la soumission de Lyon fut entendue par la Convention avec des transports de joie difficile à peindre. Cette joie excessive et tumultueuse donna la mesure de l'inquiétude profonde* que la résistance de cette grailde ville à la tyrannie avait occasionnée aux souverains du jour. Les propositions les plus extravagantes, marquèrent l'explosion de cet enthousiasme désordonné.

Le raporteur du comité de salut public termina ce débordement de gigantesques absurdités, en intimant à l'assemblée la volonté suprême des despotes révolutionnaires. Sur les ruines de cette ville infâme, dit-il, il sera érigé un monument qui portera pour inscription, Lyon fit la guerre à la liberté, Lyon n'est plus. Les trois commissaires renchérirent sur ce décret. Le nom de Lyon disparut. On n'appela plus cette ville que commune affranchie. Affranchie de quoi ? Ce n'était pas de l'esclavage puisqu'elle subissait le jougy Rtjy^Ustes fct Républicains, tout était

esclave alors. Ce n'était pas de l'infortune ; puisque les calamités du siège, n'avaient été que le prélude des maux qu'on lui réservait.. Tout ce que la bombe avait épargné s'écroula devant le triumvirat conventioneL Les ma* gnifiques façades de Bellecour, les superbes hôtels des quais du Rhône et de la Saône, lai bibliothèque, l'hôtel Dieu, cet admirable temple de la compatissante charité, monument victorieux de vingt siècles, sacré même dans son enfance pour Caligula, tout périt, tout. On* ne garda de murailles que ce qu'il en fallait pour former des prisons ; elles furent remplies ; une division de l'armée révolutionnaire vint bivoaquer sur ces ruines ; Paris céda généreuse^ ment l'élite de ses Septembriseurs, et la vengeance de Collot d'Herbois se prépara. On a prétendu que, comédien long-temps, le parterre de Lyon osa le siffler jadis. Il conserva dix ans dans le cœur le resentiment de cet outrage. Le jour de la vengeance parut, et le sang de tout un peuple dut expier ce grand attentat. S'il était possible de prononcer ce que serait un homme, s'il jouissait de la pu* issance, par la manière dont il remplit tel on

tel rôle au théâtre, on aurait pu prédire le sort que Collot (THerbois réservait à Lyon par l'expression terrible qu'il donnait au rôle de Brigard dans le Jenneval de Mercier. J'étais à Bordeaux, quand ce rôle lui fit dans cette ville une réputation colossale. Jamais l'esprit humain ne traça au théâtre un caractère plus exécrable. Quand d'Herbois le jouait, la salle ne pouvait contenir la foule qui se pressait pour le voir. Son costume, son geste, son organe, ajoutaient une vérité terrible à l'horreur de ce caractère qu'il rendait avec une atroce perfection. Il y faisait une sensation d'autant plus forte que, et je crois l'avoir déjà dit ailleurs, que, dis-je, les mœurs des Sybarites ne furent pas marquées par plus de mollesse, que celle dans la quelle ce comédien était plongé à cette époque; en sorte que Ton attribuait ainsi ce grand contraste entre ce rôle et sa vie privée, au grand talent du comédien, tandis que dans ces instants, il ne faisait peut-être que donner un libre cours au caractère qu'il avait lui même reçu de la nature. La manière dont il jouait ce rôle m'était restée profondement gravée dans la mémoire ; et j'avoue

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que quand je le retrouvai à Paris, je' ne dis pas à Fépoqae où il faisait joiieif ses ouvrages! auf théâtre de Monsieur, époque ou ses formes extérieures n'étaient pas encore dénaturées, niais lorsqu'il fut parvenu à la Convention, et bientôt après au comité du salut public, ce ne fttt pas sans on véritable effroi que je retrouvai en lui, non pas le d'Hefbois esclave nonchalant des plaisirs bordelais, mais l'épouvantable dfierbok applamssant à Jenneval la route des forfaits. C'était le même costume, la même férocité d'organes, le même regard sinistre et meurtrier, la même attitude sanglante et catilinaire r le même front jauni par les alarmes dtt jour et les rêves de la nuit, la même audace tour à tour flagellée par les serpens du crime et la crainte du supplice. Cette crainte déchirait par lambeaux le cœur de ce spaventabk révolutionnaire. Il allait partir pour Ljon. Un nommé Trouville, honnête et pur républicain, l'arrête à l'instant qu'il allait monter en voiture. Dès lors les grands chefs ée la faction terroriste lisaient dans l'âme de Robespierre. D'avance ils se voyaient ses victimes. 11 fallait ou le faite trembler en le

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siirpassant . en forfaits, ou se résoudre à se laisser bientôt dévorer par lui. Où je vais ? tu le sais ; à Lyon. — J« n'aime pas cette mission. Crois-moi. Refuse* et reste.— Tu ne connais pas le tigre. Si je reste, il m'égoige.- Je vais sauvef m'a vie. Adieu ; et il s'élance dans la voiture. Ce mot est certain. C'est ainsi que les terreurs, de quelques proconsuls ont :ét& souyènt le mobile de leurs sanglantes fureurs. Le temps était venu où Robespierre ne trouvait plus de Seïdes ; autour de lui du.moins. Ses lieutenants, trop lâches encore pour oser le frapper, mettaient entre eux et lui un rempart de /cadavres pour l'empêcher de les atteindre. L apothéose det Challier fut le prologue de la tragédie. Collot d'Herbois prononça l'oraison funèbre. Qui ne plenra pas fut suspect, et dévoué à la mort. La commission temporaire avait été instituée. Elle n'examina, ni ne jugea ; elle condamna. . Avez-vous vu dans les cités ces tomberaux chargés de transporter des décombres hors des murs, et bientôt revenant à vide sur leurs pas se croiser avec ceux qui leur succèdent, reprendre une charge nouvelle, et parcourir ainsi vingt fois dans le jour

le chemin assigné au déblaiement qu'ils opèrent? Ainsi pendant plus d'un mois furent foulées par les charrettes fatales les rues qui conduisaient des prisons à Féchafaud. Charretiers, boureaux, juges, tous enfin se lassèrent ; tous, excepté Collot d'Herbois. Nous succombons, lui dirent-ils un jour, nous périssons de fatigue. Collot trouva des exécuteurs plus robustes. Les victimes sont rassemblées ; on les groupe par centaines; le bronze les foudroyé, la mitraille les écrase, et Fexplosion proclame au loin et leur supplice et leur innocence. Ainsi périt Lyon, l'orgueil de la France, l'orgueil des arts, l'orgueil du commerce. Elle resta silentieuse dans la tombe, jusqu'au jour de la résurrection. Ce jour fut pour elle celui de la réaction. Les poignards ne firent que changer de main. Les persécutés devinrent à leur tour persécuteurs. On eût dit que la France avait conjuré de se dévorer, et qu'elle ne trouverait le repos que sur les os de ses derniers enfans. La postérité en croira-t-elle à nos récits? J'en doute, et cependant c'est la vérité que nous traçons.

De Lyon on marcha à Toulon. Dugommier, général estimé par ses talents, et aimé du soldat, commanda le siège. Ce siège tiendra une grande place dans l'histoire, noir pas précisément par les événemens dont il fut marqué, rton pas par la bravoure des assiégeais, non pas par la courageuse défense des assiégés, mais parcequ'il sert de date à la fortune du premier capitaine du monde. Ce fut là que Bonaparte fit ses premières armes. Toulon* occupé depuis plusieurs mois par les Anglais, fut repris; mais la marine fut entièrement perdue. Tous les vaisseaux français furent emmenés. Le sort de Lyon effrayait les habitans que des sentimens royalistes avaient attachés aux conquérons de leur ville. Mais Barras et Fréron étaient ici les commissaires de la Convention, et ils marchaient sous d'autres enseignes que les proconsuls de Lyon.

Ils cédèrent à quelques actes de sévérité, pour se mettre eux mêmes à l'abri des ressent.mens du comité de salut public. Barras n'était pas sanguinaire. Quand à Fréron le temps des sanglantes fureurs n'était pas encore arrivé pour lui. C'était à la réaction, commotion

non moins horrible que le terrorisme à dév€~ lopper son caractère*

Nous voici arrivés à l'époque où il n'existe plus en France, ni royalisme, ni républicanisme, ni liberté, ni esclavage. On pourait dire même que l'anarchie à disparu. L'excès de tous les excès à effacé toutes les opinions ; un sen» timent seul survit à tous les sentimens ; c'est le désir de la mort. On aspire à la tombe, comme à la fin d'un jour de fatigue on aspire le lit où Ton trouvera le sommeil. Les enfans cherchent la mort dans les combats pour échapper à la nouvelle prochaine du supplice de leurs pères ; et cet abandon fut l'origine de plus d'une victoire. Les pères bénissent Tèchafaud qui les met à l'abri de gémir du trépas présumé de leurs enfans* Gouvernement, politique, mouvement populaires, ignardLses, grossièretés, pillages, crimes révolutionnaires, on devient insensible, indifférent à tout. Quelques bruits de victoire interrompent de temps en temps cette apathie générale ; on voit le sourire renaître un quart d'heure sur les figures. Le sentiment de la gloire est le dernier qui s'éteint dans la nation française.

Mais parmi ces cris de victoire poussés par les dominateurs, combien en fut-il qui ne provoquèrent que les larmes? Lyon, Toulon, la Vendée, n'éfaitxse pas des français qui s'égorgeaient, on que Ton égorgeait? Quelles victoires ! Une inscription inouie vint insuit* <er 4 la monotonie générale, et malgré son ridicule ne fut pas même capable de réveiller le sarcasme parmi le peuple le plus caustique de l'Europe. La catalepsie du corps social était prononcée* Sur le frontispice de tous les monumens, de tous les édifices publics, de tous les palais, de tous les hôtels, on écrivit en lettres d'un pied de proportion;

UNITÉ, INDIVISIBII/ÏTÉ DE LA RÉPU- BLIQUE, LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATER- NITÉ, OU la mort. Cependant au milieu de cette léthargie générale, des actes dignes de l'antiquité illustrent ces temps de désolation. La ' Convention décrète douze armées, et ces armées sont formées; des armes sont forgées par enchantement, et douze cens mille hommes en moins de six semaines mena»

cent la terre de leur débordement. La Convention décrète les victoires, la reprise des villes

la îtivcrLtrrtoar f rakçmse. 151

rexpiaîaoïii des jdéfeites. >Elte es« obéie. Les dé* faites sont effacées, les villes reconquises, leô victoires remportées Contraste inconcevable ! qui ne s'est jamais vu, qui ne se reverra plus ; toute la grandeur, toute la fermeté, toute la sublimité du Sénat dé Rome, toute la bassesse, toute l'immoralité, toute la barbarie dû conseil de Néron* voila la Convention. Bitlaud de Varennes, Collot d ? Herbois, Couthon, St. Just, envoyant la mort ; et Carnot envoyant la guerre ; tel est le comité de salut public. Les premiers ne dorment plus. On apprend le soir les forfaits du jour; on apprend le matin les forfaits de la nuit. 1 Carnot tout entier aux apprêts des batailles ne se doute pas à quels hommes il est associé; Il ne m'a pas connu, je ne le connais pas, je puis donc le louer. C'est Saxe, c'est Vauban, c'est Puisegur, assis sans s'en douter à côté de Tibère, de Domitien, de Commode ; il ne s'apercevait pas que l'or qu'on lui prodiguait pour organiser la victoire, était humide du sang qui dégoûtait des mains dont il le recevait dans ce comité de salut public. Tout est terrible et cependant, tout est grand. Génie du mal,

génie du bien^ tout y «ait empreint d'un 4a*ractère colossal.

* Cependant cette faction en possession ide la survivance de toutes les factions, qui de sa massue Herculéens écrasa le trône, la république tet la liberté, cette faction dont le noyau aemblait indissoluble, cette faction éprouve une fermentation intestine. La dislocation s'annonce comme prochaine,; et semr blable à ces fleuves dont les immenses flots, après avoir promené la terreur et le ravage à travers les empires, se divisent en branches formidables en approchant de leur; embouchure, cette faction, disje, va bientôt *e désunir sous trois chefs bien distincts* Ne. pouvant .s'écraser, ils. vont se dévorer ;.#t l'ambition triplement déçue va venger par de triple?

échafauds les longs outrages faits à l'humanité. Les tyrans seirt les plus glands ennemis des tyrans. Ils ne veulent la liberté pour personne, mais ils la veulent pour • eux. L| commune de Paris jouissait av>ec orgueil de sa domination. Après avoir commandé à la Convention de jse décimer eUe même, . elle faisait succéder le mépris à l'humiliation, se

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riait des regrets donnés i la mémoire de la Gironde ; et Chaumet et Hébert insolemment assis sur le cadavre de ta république, prêchant à k populace que la liberté était l'immoralité, pour mieux gouverner les hommes les débara»saient 4e la divinité, et pour les dégoûter de toutes les vertus de la liberté les encourageaient à tous les vices de la licence.

L'athéisme s'était emparé des Basiliques, Le nom - de Ttmple de la Raison était inscrit sur l'architrave de toutes les églises. Cette commune devenait chaque jour insuportable à Danton. 11 l'avait ménagée tant qu'elle avait fuis sur son compte la réputation des crimes qu'il lui avait souflés pour se débarasser de ses ennemis; mais quand plus audaciause àmesure qu'elle devenait plus impunie, sa conduite annonça qu'elle croyait n'avoir agi que pour -elle même, elle lui devint odieuse. Sa jalousie ne put souffrir que cette puissance, dont les préparatifs avaient coûté tant de soins et dç veilles à sa politique, passât en d'autres mains que les sienne*, et il ne songea plus qu'a briser des mstramens dont l'utilité cessait pour lui. Daus ce grand drame politique

154 HISTOIREvDES ÏACTIONS DE

Danton ne voulait que le premier ible. . Mais parmi les rôles secondaires, dont il se figurait sans doute que la distribution lui apartenaity il considéra . comme. . un simple • confident l'homme, qu'il ne devait regarder que comme un riyal ; et trop confiant dans sa supériorité -se crut assez invulnérable: pour traiter en vassal celui qu'il ne devait traiter qu'en ennemi. H reconnut trop lard que dans la politique des factieux du premier ordre, il est des instants où il faut perdre l'homme qui vous coudoyé pour qu'il ne vous perde pas* > Un des. malheurs de Danton fut de trop négliger l'étude du .cœur humain. Il jugeait les hommes plus d'après ses désirs que d'après la Bature,. Il soumettait leurs intérêts aux sieos, tandis que peur les dominer il faut toujours asservir, ou du moins feindre d'asservir ses intérêts aux leurs* Il en est de cela comme de 1 esprit; si vous voulez qu'ils vous çn croient -beaucoup, teignez 4e leur, en supposer plus qu' à vous, Le génie que l'on vous prête dépend presque toujours de celui que vous accordés aux autres, . Robesr piere en avait moins que Danton» mai£< il avait de. plus que lui cette jsouple&se de.jteifidie

qui ne lui permettait de tourner le dos à ses complices ou à ses rivaux, que quand il avait la certitude que leurs perte était certaine.

Comme à Danton la commune lui était odieuse.

Il craignait en elle un obstacle à son élévation, mais plus rusé que Danton, il se garda bien dé séparer sa cause de celle des municipaux, et nous le verrons jusqu'à son dernier instaiit faire dépendre sa grandeur projetée de l'appui de ceux mêmes, dont le suplice eut marqué le preqnier acte de son autorité. Robespierre craignait Danton, Danton ne craignait pas Robespierre, voila ce qui le perdit. La terreu* commençait à peser. a Danton. Robespierre s'en apperçut, et pour l'enlacer davantage dans le piège, il laissa tomber sur des discours quelques mots de clémence. Cette apparente conformité de sentimens trompa Danton, et il livra sans détour sa pensée? à Robespierre. Parut alors Camille des Moulins, jeune 1 encore et dont Famé brûlante embrassa avec emportement l'espoir d'anéantir le régime de la terreur. Son journal le vieux Cordélier^ qui eut à peine quelques mois d'existance, répandit la ^consolation dans toute ta France: Lé mal-

heureux paya bien cher Terreur de son humanité. Robespierre avait souffert la publication de ce journal. C'était y avoir applaudi. L'in* telligence de Danton et de Robespierre accrut les ennemis du premier, et ces ennemis étaient redoutables. C'était Collot d'Herbois, Billaud . de Varennes, Couthon, St. Just. Collot d'Herbois parce que la sanglante horde du 2 Septembre, et des massacreurs de Lyon, le portait. à la dictature; Billaud de Varennes, non par ambition personelle, mais par un penchant inné pour l'opposition ; St. Just et Couthon. parce qu'en se voyant séparés de Robespierre, ils perdaient l'espoir de ce tri. um virât, sur le quel reposaient leurs fortunes futures. Maisla haine de ceux ci n'était «que simulée ; .elle était convenue avec leur chef; elle n'en était que plus dangereuse, parce que n'étant pas sentie, «ils avaient plus de liberté d'esprit pour en calculer, mesurer, et diriger les coupa Je prouverai jailleurs que jamais il ne furent plus étroitement unis avec Robespierre qu'a cette jépoque. Camille, élève et protégé de Danton tonna surtout contre Hébert et Chaumet* Un mémoire plus vigoureux encore contre

les crimes dont la commune s'était rendue coupable, fut publié par un autre conventionef Phelippaux. Le public lisait avec transport ces écrits, et la confiance s'accroissait dn silence* que gardait la Montagne. Les Jacobin?

incertains de Fopinon de leurs chefs restaient également muets. Trois députés, Bazire, le capucin Chabot, et Fabre d'Egkntme furent arrêtés. On leur reprochait des vols et des dilapidations. Ils périrent, et Ton crut entrevoir l'aurore du jour de la justice. Robespierrç pour mieux tromper Danton, jeté avec lui les bases d'un comité de clémence et en même temps convient avec le comité de saliit public de frapper à la fois le parti de Danton et celui de la commune. On commença par la commune, et pour achever de l'entourer de l'horreur publique, on lui laissa le loisir de se livrer à ses odieuses saturnales de la spoliation des temples. Il n'y avait plus alors de religion en France, mais il existait trois classes de prêtres. Les réfractaires, c'est à dire ceux que leur conscience timorée, leur asservissement à la cour de Rome, et leur orgueil sacerdotal humilié de la perte des richesses, de l'anéantis*

sèment des pompes religieuses si chères à leur amour propre, et de l'introduction de la tolérance, qui plaçait à leur niveau les ministres des autres cultes, avaient déterminé- à refuser le serment d'obéissance aux loix. . Ceux ci àvoient seuls conservé la confiance des dévots. Us se glissaient en cachette dans les maisons des prétendus fidèles, de ces hommes bien moins religieux que mécontents, peu jalonx de sanctifier leurs maisons par la célébration clandestine des mystères, mais satisfaits de donner l'essor à leur haine contre la révolution, en caressant des personnes en révolte contre les loix de leur patrie, et bien aises d'ajouter à leurs cercles obscurs des êtres toujours prêts à calomnier la France, et à renchérir sur Finimitié qu'ils lui avaient jurée. Les seconds étaient les prêtres assermentés. Ces prêtres étaient ceux dont la raison plus éclairée Savait pas cru que le respect poui: la patrie fut incompatible avec la profession du sacerdoce, et que leur attachement à l'évangile rendant plus fermes dans l'accomplissement des devoirs du citoyen, empêchait d'oublier le principe du législateur, rendez à César ce qui appartient a

César. : Ceux ci étaient les prêtre* des hommes sans prévention, les prêtres du peuple, dont l'esprit est inhabile aux futiles distinctions théologiques, et dont le cœur prie de bonne foi l'éternel sans s'inquiéter de l'opinion politique du prêtre qu'il voit présider au sacrifice. Les troisièmes étaient la honte de l'autel ; misérables jongleurs que l'espoir de la licence encourageait à l'effronterie du mensonge. La corruption leur fit secouer lejong de l'hypocrisie et leur dicta le blasphème et l'imposture contre le ministère jsaoré qu'ils avaient jusqu'alors exercé. Ils se complaisaient dans* leur infamie, par ce qu'elle les rendait l'objet des applaudissements de la plus vile populace. Ces apostats furent les coriphées des modernes bachanales méditées par ]a commune. Jamais dans l'antiquité les prêtres de Cybele ne traînèrent après eux plus de honte et de dissolution. Les trésors des églises furent enfoncés et violés. Tout à coup on entasse sur dç sales tombereaux, et les riches banieres de ces confréries, innocentes réunions, dont s'amusait la simplicité des bourgeois opulens, et les chapes magnifiques qu'aux jours solemnels te

clergé dans sa pompe étalait aux regards der là multitude éblouie, et lés superbes dais, et les chasubles, et les dalmatiques resplendis-, santés d'or, et de pourpre, et de soye. U serait difficile à l'esprit humain de se faire une idée du spectacle dégoûtant qu'offrirent les rues de Paris pendant plusieurs jours. Sur ces infâmes tomberaux, encore empreints de la boue dont on les remplit chaque jour, sur le dos des chevaux épais et pesants accoutumés à les charier de porte en porte, de véritables malfaiteurs, des brigands enlevés aux prisons* ou la chaine des bagnes devait venir les cher* cher, à peine couverts des haillons de la misère, sans bas, sans souliers, abasourdis sous le poids de l'ivresse, roulaient leurs corps infects sur ces tissus, chef d'oeuvres des arts et du commerce, jetés pèle mêle, amoncelés sans ordre et sans choix, sur ces chars choisis par l'insolente profanation. Là dans les vases superbes, dont la riche et brillante matière disparaissait pour ainsi dire sous le feu des rubis, ces misérables savouraient sans pudeur le vin que la commune impie leur faissait distribuer. Les coupes d'or, cizelées pour les

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tabernacles, passaient de main en main jusqu'aux conducteurs des chevaux; et sans cesse vidées, et sans cesse remplies, descendaient ainsi d'échelons en échelons jusqu'aux pédestrès compagnons de cette horde sacrilège qui dans son bachique délire jetait souvent dans la fange des ruisseaux ces calices, ces ciboires, ces vases d'or et d'argent dont l'opulence des monarques, la piété des fidèles, et le faste du sacerdoce avaient depuis tant de siècles* surchargé les autels du dieu de l'univers.

Ce que la langue peut assembler de triviales obscénités, ce que l'ivresse peut réunir d'impudiques expressions, ce que les chansons peuvent offrir de lubriques images, tout enfin s'unissait pour ajouter l'impudeur aux cris, aux vociférations de la brutale hilarité de cette odieuse canaille. La pudeur fuyait épouvantée ; l'honnêteté évitait le passage de ces forcenés. La solitude régnait dans presque toutes les rues; et ces cortèges infernaux arrivaient enfin à la Convention Nationale ; et jetaient aux pieds des représentans du plus grand peuple du monde, ces dépouilles que dans leurs blasphèmes ils s' applaudis-

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