‹ Histoire de l'Université de Genève (volume 2)Chapitre 11 sur 82 · LA VISITE DE BONAPARTE AU COLLEGE DE CALVIN · texte numérisé non relu

LA VISITE DE BONAPARTE AU COLLEGE DE CALVIN

gide de l'époque du synode de Dordrocht; [)uis, dans le costume du grand siècle, Robert Chouet, le cartésien, et sa descendance, les savants genevois: en théologie, Jean-Alphonse Turrettini , maître de Jacob Vernet ; en sciences, Gabriel Cramer et Calandrini ; en jurisprudence, Burlamaqui, théoricien du droit naturel.

Toute la gloire intellectuelle de l'ancienne Genève' était là. Pour en taire luire un rayon au regard perçant de Bonaparte, il suffisait d'un mot, d'un geste de Pierre Prévost ou de Marc-Auguste Pictet, que leurs fonctions à la Bibliothèque appelaient à en faire les honneurs.

Quelle impression le nom de Jean Calvin, récemment inscrit, comme les autres, en grosses lettres romaines, sur la toile assombrie, au-dessus du front pâle, laissa-t-il dans le cerveau qui allait à son tour bouleverser le monde? Nul ne le dira. Mais un fait parle haut et montre que Napoléon, de cette rencontre, avait gardé le souvenir de quelque chose de grand. Lorsqu'il fonda l'Université Impériale, dans laquelle disparurent toutes les écoles de France, l'Académie de Calvin y entra debout, avec son nom, son recteur, son organisation séculaire. Elle survivait à l'indépendance de Genève.

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