RETABLISSEMENT DE LA CHAIRE DE MEDECINE
(15 ventôse) et où le rapport fut présenté, il y était entré comme successeur d'Ilorace-Bénédict de Saussure. La commission conclut à la création de la chaire et à la nomination du candidat après entente avec lui-même'. La Société Académique, ayant adopté ces propositions et approuvé le projet de règlement rédigé par Odier, adressa à la Société Économique Farrêté ci-après, en date du 6 germinal (26 mars) :
« La Société Académique, considérant que l'établissement d'une chaire de Médecine serait extrêmement utile à Genève, tant pour préparer à l'étude de celte science les jeunes gens qui au sortir des Auditoires de Belles lettres et de Philosophie se vouent à cette carrière que pour Tinstruclion des officiers de santé des campagnes voisines;
Considérant que le citoyen L. Odier, D' en médecine, quia donné des preuves de sa capacité dans Fart d'enseigner, (pii est connu dans le monde savant, par ses ouvrages, et distingué à Genève par sa longue pratique, consent à se charger des fonctions de cette place;
Considérant enfin que des leçons de ce genre ne sont pas de nature à y admettre indistinctement tous ceux qui voudraient les suivre, mais que, soit
.( Odier, les excellentes leçons qu il a iloiinées ci-devant sur la matière médicak- et l'utililé dont il <■ pourrait être pour notre déparleraent que les médecins de campagne et les sages-femmes fussent " à portée de recevoir encore de semblables leçons, propose d'adresser au citoyen Odier la vocation « de professeur honoraire, sous la charge de donner des leçons publiques pendant un certain nombre « d'années, comme l'ont fait les autres professeurs de cette classe. La Société Académiciuc arrête. « sur cette proposition, de nommer une commission composée de trois membres, le citoyen recteur << et les citoyens professeurs Prévost et l'ictct, chargée d'examiner: 1" S il convient d'ériger une « chaire de professeur honoraire de médecine ; 20 Si Ion doit en adresser la vocation au citoyen » Odier et à quelles conditions. <i
Les leçons, c, données ci-devant sur la matière médicale, .) auxquelles Pictet fait allusion dans sou exposé étaient des leçons de pharmacie, organisées, en 1774, par le docteur Louis Odier, avec l'agrément du Conseil, et données pendant les vacances d'été dans l'auditoire de Philosophie. (Reg. Conseil, li févi-icr 1774.1
' Reg. Soc. .\c.. 15 ventôse an VII (,5 mars 1799): « Le dernier rapport du citoyen recteur est au « nom de la commission nommée dans la séance précédente pour s occuper de la chaire honoraire « de professeur de Médecine. La commission estime : 1" qu'une chaire de cette nature, laquelle » n'est point un établissement inconnu à Genève, pourrait être fort utile pour préparer les jeunes « gens qui se vouent à la médecine aux leçons qu'ils iront recevoir dans les grandes écoles, et surtout « pour former et instruire les officiers de santé des campagnes. les sages-femmes, etc. Elle croit « aussi que le citoyen Odier, qui a déjà donné d excellentes leçons à Genève el auquel le ci-devant « gouvernement avait voulu adresser la vocation de professeur de Médecine, est digne à tous égards « de remplir la chaire dont on propose la création. Mais la commission pense qu avant de prendre 0 une résolution définitive à cet égard, on doit en conférer avec le citoyen Odier lui-même et con- « venir avec lui, soit du nom que Ion donnerait à cette chaire, soit du nombre des leçons et de la « durée de l'enseignement auquel il s'engagerait à l'instar des autres professeurs honoraires. — La « Société Académique adopte les propositions de sa commission et la charge de conférer avec le Il citoyen Odier sur les objets exposés dans son rapport. «
pour des l'aisons de décence, soit poui- éviter le danger des demi-connaissances en ce genre, leur publicité doit être soumise à (|ueif|ues resiriclions;
Arrête, de créer une nouvcih; cliaire de prolesseiii- pour l'instruction des jeunes gens qui se vouent à l'étude de la médecine, et pour celle des ofliciers de santé des campagnes, d'y appeler le citoyen Louis Odier, et de l'agréger à l'Académie en (|ualité de professeur honoraire en Médecine, sous les conditions pur lui acceptées, telles ([u'elles sont spécifiées dans le projet de Règlement sur cette nouvelle cliaire annexé au présent ai'rcté'.»
En créant une chaire honoraire et eu désignanl le titulaire, la Société Académique agissait dans les limites des compétences (|ui lui étaient reconnues par \c Hi'i^lemciil sur rori^dnistdidii de l' insl ntclioii . Mais il parait que la tournure autoritaire de son (i arrêté » (h'plut à (piel(|ues-uns des membres delà ScK-iéti' i'IconomupK», ce (pil laillil occasiouner un nouveau conflit, i.a majorilé loiilelnls ((iinpnl (pi il ne lallail ])as « renvoyer cette allaire » et Ion se Ijoina, en donnant la ratification alteudue. à (pialilier solennellement de « préavis » le séditieux arrêté-. La minorité prit sa revanche en laisiiul introduire certaines modilicalions dans le règlement annexé iclalil à renseignement médical. L'une entre autres comportait l'admission au cours des élèves sortis de l'auditoire de Philosophie sans avoir passé par celui de Ik^lles-lettres, c'est-à-dire sans avoir nécessairement fait des études régulières de latin et de grec. Vainement Louis (Alier
' i;\liiiil dos llfirisIrL's de la Sociéli' .\i:Hir'iiii(|iii- du ti tjcriiiinal an \ll, sii;nc I. lluiUier. i-fcli-ur. (Itcg. Soc. Ec, Annexes I. IJ-'^ IL]
^ Ri'g. Soc. Éc, X"" avril t"99 (12 {rcriiMiial an \\\): n I^c citoyen -Xeckei-, an nom dn Unrcan cen- « irai, fait nu rapport sur le préavis de la Société Acarléniiqne relatif à l'érection d'nne chaire de .1 médecine et à la désisjiiation du citoyen Louis Odier pour la remplir. Le Rniean central juge celle « alïaire l'orl utile el le citoyen Louis Odier très propre à. la bien remplir. Il a discuté néanmoins 0 quelques objections qui se sont od'ertcs à lui et il pi-opose que le Bureau dICducatiou soit chargé « de peser ces objeclions et de l'aire à la Sociélé un rapport à ce sujet. — Dont opiné, la Société. Cl jugeant convenable de ne pas renvoyer celte all'aire. coulirme lavis qui lui a été porté pai- la Société " Académique savoir: 1" De créer une cliaire de médecine: 2" D'appeler le citoyen Louis Odier à Il la remplii-. La discussion des articles du Règlement est ajournée à la prochaine séance, u
17 germinal ; o ...Il sera remis à !a Sociélé Académique un extrait des registies, conçu en ces termes :
I. La Société Économique, ayant pris connaissance d'un Préavis (sicjàeXn Sociélé Académique por- I. tant création d'une chaire iHinuraire de médecine, el nommaul le citoyen Louis Odier pour la rem- « plir, a approuvé celle inslllnliou et cette élection. Le Kèglemenl sur cet objet est délinitivenienl Il arrêté. Il en scr'a expédié copie à la Sociélé Académique avec un extrait des Registres de ce jour. i>
Le citoyen Necker, auteur du rapport, était le trère du ministre de Louis XVI, l'ancien professeur Louis rv'ecker, connu sous le nom de Necker de Germauy. (f/'. I, 569 ss.l Revenu depuis la Révcdntion dans sa patrie, il avait été nommé membre de la Société Économique le 18 août 1798. (Reg. Soc. Ec. ad diem. Cf. 22 et 25 août.)
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