RÉTABLISSEMENT DE LA CHAIRE DE MÉDECINE
tailla <le nouveau sa plume, démontra qu'il était impossible de faire des études complètes de médecine « sans savoir le latin et même un peu de o-rec. » 11 dut céder, sur ce |)oint, pour rester maître de sa poi'te (piant aux auditeurs non immatriculés'. Les cours du nouveau professeur s'ouvrirent le ÎO mai (1"' prairial). 11 en parle en ces termes, dans une lettre à son ami le docteur Daniel De la Roche, établi à Paris en 1782, attaché à cette époque au régiment des gardes suisses puis, après la Révolution, à l'Hospice Necker :
« J'ai promis à l'Académie tie donner tous les étés deux cours, l'un de médecine pratique, pour les olliciers de santé des campagnes, l'autre de carrière médicale, pour les jeunes étudiants, cpii, après avoir achevé leurs études de philosophie, sortiraient de l'.Xuditoire avec honneur pour se vouera la médecine. Je tiens parole. Depuis quatre décaties je tionne ces deux cours avec suo cès. Le premier est sidvi par vingt six médecins ou chirurgiens du Département qui l'ont, deux l'ois par décade, jusqu'à 10 ou 12 lieues pour m'entendre, qui me paraissent très satisfaits et auxquels je suis bien assuré de rendre un grand service. L'autre est suivi par deux jeunes gens, pleins de bonne volonté et de zèle, auxtpiels j'enseigne les éléments de ce qu'ils doivent appremlre. J'ai encore la conviction la plus intime (pie ce cours doit leur être extrêmement
' " Hégti'mcnl sur lu chaire de prufesscitr liiiiitiraire di' médecine, n
Il Art. 1. Le professeur lionorairo de Médeciiic donnera tous les étés. |)i]idaiil six :ims de suite, « deux cours de leçons, l'un à l'usage des étudiants qui se voueront à l'élndt' fonipK-le de la inédo- « cine, l'autre à l'usage des oITiciers de santé des campagnes.»
(( Art. 2. Chacun des cours durera quatre mois, à raison tie tieux let^'oiis par décade. »
tï Art. 3. Le professeur pourra, à son choix et selon ses ct)nvenances, donner ses leçons chez lui Il ou à l'auditoire. »
K Art. 4. On ne pourra assister à ces cours tpi un nit>yen tl un billet d'atlniission, donné par le « recteur aux l'Iudiants sortant de Philosophie, et par le professeur aux odiciers de santé, ou autres « personnes, qui vomiraient les suivre. L'un et lautre en feront rapport .i l'Académie. i>
« .\rt. 5. Tous les étudiants qui, après avoir achevé un cours d'étutles régulières dans laudiloiii' Il tle Philost>phie, à la satisfaction de l'Acatlémie, déclareront se vouer à l'élutle complète de la nié- Il decinc. de la chirurgie ou de la pharmacie, auront droit à un billet d'admission pour le premier Il tle ces jours, qui servira à leur tlonner un aperçu tle la carrière médicale tlans toute son étendue. Il à les initier tlans la connaissance des principaux termes techniques, et à leur indiquer l'ordre qu ils Il dt)ivent nieflre dans leur études. »
Il Art. 6. Tous les officiers de santé établis dans les dilféreutes communes du UéparlenienI, qui Il auront été admis à pratiquer la médecine d'après un examen de capacité ou suivant les formes Il prescrites par la ct)nstilulion, lorsqu'elles auront été déterminées par la loi, auront droit à un « billet d'admission pour le second cours, qui servira à leur faire connaître les maladies les plus or- II tlinaires à Genève et tlans les envirt>ns, les traitements les mieux adaptés à notre climat, et la pré- II paralion de remèdes simples et peu dispendieux, n (Rcg. Soc. Ec, 17 et 22 germinal et Annexes /', fM^ li). Les observations de Louis Odier, avec sa lettre, en date du 21 germinal, an |)rt'sident de la Société, le citoyen Achard-Trembley, se trouvent dans l'Annexe 1-, Ltis 17.
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précieux et faciliter ijeaiuoiip leurs études futures... Je voudrais (|ue ces faits fussent connus du gouvernement, qu'ils vinssent a l'appui de la protection que le ministre avait paru nous accorder relativement à l'instruction publique, qu'on ne nous la relirai point et que, si jamais l'idée d'établir dans un grand nombre de (lépartomenls des écoles secondaires de mé<Iecine, comme l'avait, je crois, proposé Daunou, venait à se réaliser, le département du Léman ne fût pasoublié, ni moi non plus '. »
On no voit |);is que Ic.hnv d 'Instinct ion soit inicrvonu, ;'i il ne un lilic, ni
(l;ins la (iralion do la cliairc Inuiorairc de Médecine, ni dans 1: uination
du proiesseui-. Le docteur Odier, (ju'on avait poussé à la piésidcncc, tandis que son collèoue Hoissier acceptait le secrétariat, était mai placé pour faire acte d'aulorilé eu sa |)r()pre cause. \'A. c(unuie le ministre de l'Intérieur laissait laire, il lit comme lui. On a reuiar(|iM' (pie le laulcuil présidentiel réservé par Desporles à un administialeur du Département axait disparu, dans les huicanx du ministère, sans laisser de traces, preuve significative des dispositions accomnuxiantes de Fiancois île .Xeul'chàteau -. L Cntrée d'Odier dans le corps professoral, coïncidant avec la nomination de Prévost au siège dllorace-Hénédict de Saussure, faisait en réalité du .lurv d'Instruction un comilc siipciieiir de r.\(ad('Mnie. Sùi- d \- faire pi'i'valoii- ses avis, il n eut pas de peine à limiter son activité propre à la tache spéciale indiquée ilans l'airélé (pii linsl it uait et il s'ahsorlia dans l'étude, toute théorique, des meilleurs moyens de raccordei', lorscpu- faire se pouirait. les institutions si-olaires de Genève à celles de la népnl)li(pie française. Son projet d'organisation provisoire d'une Eeole centrale, renniniement de celui d'Odier, fut prêt dès la fin tie germinal. Lorstpi il voulut avoir I assentiment de la Société Economitpie pour les parties cpii pouvaient la concerner, il réussit, non sans peine, à obtenir qu'une commission fût désignée et se rendit à des
' LcUie datc'O du 24 messidor an VII (27 juin I79'.li. \Si)ii%'eriirs sur le docteur Oiiier. l 'c caliicr. p 25 s.l
- On peiil lire dans la correspoudaiice de L'Hiiilliei- iiiie loi'l iiUéressanle leUre de Xcrkcr de Gerinany, datée du I''' septembre (1"95|, où ce dernier dit qu'il a vu des lettres de Paris mandant que Desportes est reniplaré comme résident de France à Genève par François de Xeulchàteau. Réelle ou supposée, la nomination allribuée au Directoire est annoncée comme une bonne nouvelle. (Soc. d hist. cl d'arch. de Genève, iiiss. 290, n" 2:i.|
De sa terre de Germany, sur Rolle, I^ouis Necker suivait de loin les all.iires de France el de prés celles de Genève. Il était constamment au château de Coppet. chez son frère, et Ion sait que. depuis Thermidor, sa nièce, M"»" de Staël, était des mieux renseignée.