‹ Histoire de l'Université de Genève (volume 2)Chapitre 25 sur 82 · LES CHAIRES HONORAIRES DE · texte numérisé non relu

LES CHAIRES HONORAIRES DE

« l'Education'. » La paix étant ainsi scellée et Iharmonie étant complète, dans toutes les sphères de la pensée genevoise, on constate aussitôt que la question scolaire entre dans une phase nouvelle, aussi féconde en créations que la précédente la été en efforts inutiles et en démarches vaincs. Dans sa session du printemps, le Conseil général du Léman, examinant les conséquences, pour le Département, de la promulgation de la loi sur l'Instruction publique et « considérant que le Collège et lAcadémie de « Genève forment un établissement ancien, très bien organisé, dont l'expé- « rience a constaté l'utilité et qui ne pourrait être changé ou altéré sans les « plus grands inconvénients, » était arrivé à la conclusion que cet établissement « doit être maintenu dans le même système, lequel au fond ne lui « paraît pas contrarier ni les vues du gouvernement (auquel il n'est point à « charge), ni les dispositions de la loi du 11 floréal. » Il ajoutait que, « cet « établissement lui paraissant, sous le rapport de l'Instruction publique, « remplacer avantageusement celui d un Lycée, » il ne restait à désirer au département du Léman ([ue la jouissance plus complète de divers enseignements du degré supérieur, en partie existants et susceptibles d'être développés et incorporés à l'Académie, sous le titre d'écoles spéciales, pour l'étude de l'astronomie et des hautes mathématiques, de l'histoire naturelle, de la physique, de la chimie, des arts chimiques et mécaniques, du droit civil et de la médecine'-. En présentant ces cahiers, le Conseil général avait écrit au ministre de l'Intérieur : « Nous recommandons au gouverne- « ment, dans le chapitre de llnstruction publique, ce qui existe encore à (( Genève, ce que la faux du temps et des circonstances a épargné, ce que « l'expérience et les succès ont consacré. Nous croyons que ce monument « antique des siècles passés ne contraste point avec des plans plus nioder- « nés et qu il peut se concilier avec la volonté bienfaisante du gouverne- « ment actuel-'. »

' Reg. Soc. Kc , 3 août 1802 (l.ï lliennidor an X). A la séance suivanlc, le présideni, rendant compte de sa visite, annonce que Pictet a vu Portatis avant son départ de Paris et que ce qui concerne le culte, à Genève, sera réglé dans deux mois. {Ibid., 10 août.)

' Travaux du Conseil général du département du I.éman, session de l'an X, chap. 6. (Arcti. Nat., Ft'^ V Léman i). Ce cliapitre du rapport est rédigé sous forme de mémoire. Nous en avons trouvé le double, signédu président, Jean-Louis Mirlicli. et du secrétaire. Bastian, dans les papiers de M. -A. Pictet iCollectiou Killiet. 02). L'extrait fait pour le ministre est daté de ajuin ISO'2.» (Arcli.Nat., F" i333.)

' Arch. Nat., Fie y f.éman 1.

70 l'kcole sous le consi;lat. — 17!)!)-180;5

La Société Economique n'eût ptis mieux dit '. l^a seule (livcigencc de vues qui subsistait à cet égard entre ses membres et les autorités du Département, c'est que celles-ci ne voyaient aucune raison de ne pas solliciter l'action du gouvernement pour Fiiistiliil ion des chaires désirées, tandis que ceux-là reculaient devant une intervention (pii ris(piait tie faire pénétrer le ministère de l'Intérieur dans les bureaux de la Société. La dilïiculté lut résolue |);)r Alarc-Auguste Pictet. Le 2'-i fructidor, le professeui- tribun faisait sa rentrée à la Société Académique en lui soumettant, au nom de l'Académie, un projet tendant à la création, suivant les formes anciennes, de dix chaires nouvelles-. La proposition, renvoyée à une commission composée du recteur Boissier, du pasteur et professeur Pierre Pi(f)t, secrétaire, et de l'auteur, lut adoptée dans la séance suivante, |)uis soumise à l'approbalion de la Société Economique, qui la ratifia sans autre difliculté que quelques modifications d'ordre secondaire et sous la seule réserve des droits de la Compagnie des pasteurs, l'une des chaires en cause étant de théologie. L autorité ecdésiasticpie enfin s'étant prononcée favorablement

' Reg. Soc. Kc, l''|' juin 1802 : « liiippoit .sur ce (/ni s'est passé au Conseil de département. Des, 0 mciiihres onl i-:ippi)i(L' qu'il a ùlé question au Conseil de déparlenienl de deux questions qui inlé- « ressent la Soriélé. 1" C'est la demande qui a élé l'aile par le préfet d une (■f^lise pour les ealhon lii|ues. 2" Un nii'inoire sur l'inslruclton publique... Que relativement au mémoire, il est conçu en u des ternies iniinimonts honorables pour les Genevois et ])arle en laveur de leurs institutions relaw tives à 1 éducation ; que l'on y exprime formellement le \ (pu de les voir conlirmées ; que l'on y re- II pousse rétablissement d'un lycée par le motif que l'Académie en remplit le but, et que Ion eon- II dut par demander le maiulieu de toutes les écoles, et rétablissement d'une école secnndaire de (I médecine et de quatre écoles spéciales. »

^ Reg. Soc. Ac, 10 septembre 1802: ^i Projet pour la rrrutio/i de di^-ers professeurs hiinnraires. Il Le citoyen Pictet a fait lecture d'un projet tendant à étendre l'utilité de notre Académie par la Il création de quebjues professeurs honoraires nouveaux, précédé de considérations propres à dé- « montrer la convenance de ce projet dans nos circonstances actuelles. Il a dit. avant de faire cette Il lecture, que notre Académie sulTisait autrefois pour l'instruction ; que, depuis, Genève était devenue Il chef-lieu de département; que, les sciences ayant acquis plus d'étendue, demandaient aussi à être I. divisées pour l'enseignement entre un plus grand nombre de professeurs ; que le Jury d'Instruc- II lion, frappé de ces considérations, avait présenté, il y a deux ans, au gouvernement un projet dans Il lequel il proposait de nombreuses additions à lAcadémic, projet que le Conseil général du Dépar- II tement avait expressément appuyé, mais dont l'exécution paraissait être indéliniment ajournée ; u qui' c'était donc à nous à pourvoir aux besoins de 1 instruction au milieu de nous, comme Société « particulière, en profitant du zèle à cet égard de plusieurs de nos concitoyens; que l'opinion qu'on Il a généralement de l'instruction que l'on reçoit à Genève était honorable pour nous et qu'il était u bon de l'entretenir ; enfin que, le Séminaire pour toutes les Eglises réformées de France ordonné Il il Genève invitant à allier, comme ci-devant, les sciences religieuses et morales aux autres objets n d'instruction que notre Académie doit embrasser, c était un nouveau motif de multiplier dans notre Il ville les moyens d'instruction et de perfectionner toutes les études préparatoires à celles qui prc- II cèdent immédiatement I exercice d une vocation. »

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