LES DÉCRETS DE 180S
L'idée tle Napoléon, c'était de créer, sous le nomà' Université Impériale, une corporation civile qui aurait le souci et la responsabilité de l'instruction publique dans tout l'Rmpire. C'est à peu près la tâche que remplissait l'Académie de Genève dans la minuscule république annexée. Et il n'est pas sans intérêt de constater que le projet transformant cette Académie en Uni^'ersilé Impériale avait été présenté, sous le patronage de Fourcroy, à l'empereur, l'année même où celui-ci avait fixé ses vues. Immédiatement après que la loi eut été rendue, nous api)rend Pelet de la Lozère, alors membre du Conseil d'État, Napoléon se remit au travail avec Fourcroy, revit les neuf projets soumis au Conseil et lui dicta les bases d'une rédaction nouvelle. La discussion de ce texte ayant commencé à la fin du mois de mai, il fut adopté au Conseil, le 4 juillet. La guerre, qui éclata en ce moment avec la Prusse, empêcha l'empereur d'achever son œuvre. Ce ne tut qu'en février 1808, au retour d'Iéna et de Tilsit, que le projet fut repris et, avec divers amendements, promulgué, le 17 mars, malgré l'article de la loi qui prévoyait l'intervention du Corps législatif, comme décret impérial. A cette occasion, plusieurs changements furent apportés au texte de 1806, qui tous dénotent l'innuence grandissante du clergé catholique et dont l'auteur, aujourd'hui connu, était le cardinal Fesch'. C'est ainsi que les séminaires furent mis « sous la direction exclusive des évêques, » ([ue ceux-ci recurent le droit de présentation aux fonctions de doyen et aux chaires de professeurs des Facultés de théologie et que le fameux article 38 sur les bases de l'enseignement, lequel portait que la première de ces bases serait demandée, dans toutes les Écoles de l'Université Impériale, aux préceptes de la religion chrétienne, fut modifié de telle sorte cpi'à l'expression religion chrétienne, on substitua celle de religion catholique.
11 faut que Napoléon, d'ordinaire plus conséquent, ait désiré bien vivement complaire à son oncle, et à ceux dont le grand aumônier prenait les conseils, pour passer sur la contiadiction manifeste entre l'article ainsi transformé de son décret impérial et l'article 8 qui, après avoir attribué une Faculté de théologie à chaque archevêché, annonçait en termes exprès qu'il y en aurait également « une à Strasbourg et une à Genève pour la reli-
■ Charles Schniidt. I.a réfiirme de rUnhersité Impériale en IHll. Paris, 1005, p. 13 s.