‹ Histoire de l'Université de Genève (volume 2)Chapitre 37 sur 82 · La Faculté demeure uni<|uejuge des examens annuels · texte numérisé non relu

La Faculté demeure uni<|uejuge des examens annuels

8. La Vénérable Com|)agnie l'est de même des grands examens et de l'a])titude à la consécration.

9. La \'énérable Compagnie a la direction et l'instruction première et le Vénérable Consistoire la direction et l'inspection suprême des [proposants en ce qui concerne leurs fonctions dans les temples.

10. Dans le cas oii, soit le Consistoire, soit la Vénérable Compagnie jugeraient que les bonnes mœurs, le bon ordre, les intérêts de notre Religion, l'honneur de notre Eglise sont compromis, ces deux corps auront le droit de mander par devers eux les pro|)osants, soit en corps, soit individuellement, et

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de leur adi-esser des exhortations, remontrances ou censui-es, avec ou sans mention sur le registre. L'Acaii('mi(î el la Faculté s'engagent à concourir de toule leur influence au maintien de Taulorilc de ces deux corps à cet égard '. »

On a vu qu'à partir de I8U2 lyVatiitoiro de lliéoloi^ie, " mis en souffrance », depuis la mort de Jacob Vernet, par des réductions successixcs, avait recouvré sa quatrième chaire cl qu il compta dès lors un professeur de Dogmatique, Pierre Picot (I7H7), un j)rofesseur d'Hébreu et de langues orientales, Jean-Louis De Roches (177^5), un professeur d'Histoire ecclésiastic|ue, Gabriel Pasteur (17')6), et un professeur de (Iriticpie sacrée et de Morale évangélique, Jean-Louis f^uby, les deux dcrnieis à titre honoraire, c'est-à-dire de professeurs bénévoles-. En l(S(i7, à la suite de la convention en vertu de lac[uelle Ihoirie avait pris à sa charge la dotation de tiois des cinq chaires de la F'aculté réorganisée pour tenir lieu de séminaire, il fut entenilu cjue lllistoire ecclésiastique serait confiée à un professeur ordinaire, que Duby deviendrait également titulaire et recevrait, comme tel, un traitement qui lui permît de se consacrer plus com|ilètement à l'école et que la troisième chaire nouvelle serait alTectée à un enseignement préparatoire et confiée à un ecclésiastique. Gabriel Pasteur, devenu tout ensemble, à la mort de Martin-Gourgas, président de l'hoirie, président du Consistoire et doyen du corps pastoral, demanda d'être déchargé de ses fonctions professorales. 11 fut remplacé par le pasteur Jcan-Pierre-Etienne Vaucher, jusqu'alors, comme on sait, professeur de Botanique. L'élection iaite par la Vénérable Compagnie lut communiquée, non seulement à la Société Economique, à l'Académie et au Consistoire, mais à la « Société particulière » qui venait de témoigner de son intérêt aux études^.

' Rl'K- Consistoire, 23 avril 1812. La conimissioii tliargoc do la rédaclion do co « ooncordal provisoire » iivail été composée, dans la séance dn 5 déeenilHo 1811, de MM les prolcsscurs Picot, Vaucher, Duby et Peschier. A la séance suivante, on 1 avait invitée à s'adjoindre o M. 1 ancien Pictel et d'autres membres du Consistoire ou des autres corps ecclésiastiques ou littéraires u, à sa convenance. M. -A. Pictet fut l'auteur principal du texte adopté, ainsi qu'on peut le voir par le brouillon de sa main qui se trouve dans ses papiers. II., c, 05-1 La copie de ce texte, adressée à la Faculté, et la lettre d'envoi au doyen Picot, sio;nées l'une et lautre par le professeur Odier, secrétaire du Consistoire, se trouvent dans un recueil de pièces appartenant à la Société de Lecture de Genève. (Brochures genet'oises, li9.)

- Cf.. plus liant, p. 72 et 76, note.

' Rof^. Comp., 23 oct. 1807 : « Pari t/ue la société purliruUère prendra à l'éleclion des professeurs « du séminaire. M. le professeur Pasteur rapporte que la société particulière dont il est président. « n ayant jamais oublié que l'Eglise de Genève doit être surtout l'objet de ses soius, elle est venue

Le pasteur Peschier-Fontanes, suppléant de Pictet à l'Auditoire de philosophie, s'était chargé, depuis 1805. de donner aux étudiants français qui n'avaient pas Fait d'études préparatoires complètes l'enseignement complémentaire, qui devait leur permettre de suivre les cours de Théologie. Il se laissa nommer à la cinquième chaire de théologie, en octobre 1808, après l'avoir refusée l'année précédente. C'est qu'il n'avait plus à craindre qu'on |>ùt lui reprocher d'émarger au budget de la société dont il était l'un des fidéicommissaires et le secrétaire dévouée L'hoirie, obligée d'entre-

II aveo empressement à son secours, en s'engage.nnt à payer trois professeurs de théologie ponr le (( séminaire : il ajoute do plus que celte société, pleine de déférence pour la Compagnie, et n'ayant (I d'autre désir que celui de concourir avec elle au bien des Eglises réformées de France et surtout « de celle do Genève, et d'entretenir quelque relation avec la (Compagnie, ne demande d autre part à Il la nomination des cinq professeurs du séminaire que celle qu y prendra la Société Economique, « c'est-.i-dire qu'on communiquera également à 1 une et à l'autre société les nominations qui auront « lieu. Enfin cette société prie la Compagnie, par des raisons particulières, qui ue subsisteront plus « dans la suite, de suspendre encore quelque temps l'élection du cinquième professeur. La Compagnie « entend le rapport avec beaucoup de satisfaction, elle remercie M. Pasteur de tous ses soins et le (I charge d exprimer à cette société toute sou estime et toute sa reconnaissance. On arrête en même <i temps de suspendre l'élection des deux professeurs qu'il reste à nommer, u 6 nov. 1807 : « M. Pas- (1 teur rapporte qu'ayant prié la Compagnie, il y a quelque temps. .<\i nom de la société particulière « dont il est président, de suspendre l'élection des professeurs du séminaire qui restent ,i nommer, (I on peut actuellement le faire quand on le jugera convenable. En conséquence, on se convoque au (( vendredi 27 novembre, pour l'élection d'un professeur en Histoire ecclésiastique. » 27 novembre : n . . . Passant à l'objet do la convocation, la Compagnie commence par arrêter que. si l'élection du « professeur en Histoire ecclésiastique tombe sur un pasteur à charge entière, il ne pourra cumuler (( les deux places, dès qu il recevra la paye de professeur, mais qu'il pourra seulement conserver une n demi-place de pasteur. Après la protestation et la prière, on nomme les voyants, qui sont, avec le « modérateur [Vaucher], M.M. Do Roches et Huinbort, pour le banc de la ville, et -M. Flournois, « pour celui de la campagne. Ensuite .\1M. Moulinié. Vaucher. Heyer et Bastard ont offert leurs « services. On a aussi indiqué à haute voix MM. les pasteurs à demi-place, M. Anspach et M. le mi- « nistre Navillo Passant à l'indication par billets, MM. Moulinié et Vaucher ont été indiqués, on fait (1 successivement leur grabeau en leur absence, à haute voix et à la balotte, ils sonl approuvés et •1 font la protestation d'usage. Ensuite. M. le doyen [Picot] remplaçant, comme voyant, M. le modé- « rateur, à la pluralité des suffrages, .M. Vaucher a été élu. On communiquera cette élection à la ■1 Société Economique, à l'Académie, au Consistoire et à la Société particulière par égard pour 1 iutéi( rêt qu'elle prend aux études do théologie. » 29 janvier 1808 : « M. Vaucher annonce qu'il commen- « cera demain, s'il plaît à Dieu, ses leçons d'Histoire ecclésiastique. » Cf. Reg. Soc. Ec, 25oct. 1808. ' Reg Comp., 14oct. 1808 : « M. le doyen [Picot] rapporte que la Commission permanente a été o assemblée, le lendemain du retour de Paris de M. le professeur Pictet, que celui-ci n'a pu y donner n aucun renseignement sur le séminaire. Et, quant à nos autres établissements d'instruction, que les n fonctionnaires qui sont chargés do les surveiller sont fort bien disposés pour Genève et sentent en i( général la convenance de conserver ce qui existe, vu la didiculté de trouver de bons maîtres. Ce n rapport fut fait hier au Consistoire, qui arrêta d envoyer à M. Fontanes, grand-maître de l'Univer- (I site Impériale, une lettre dans laquelle, après l'avoir félicité do sa nomination, il lui donne les Il noms des cinq professeurs chargés ensemble de 1 enseignemont des études de théologie, et presse « la nécessité de conserver, pour le maintien même du ministère évangélique, nos Auditoires do Belles- (1 lettres et de Philosophie tels qu'ils sont. A cette occasion, M. le doyen rappelle que M. le pasteur (i Peschier se refusa, il y a quoique temps, à être nommé professeur de théologie, que la Compagnie

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tenir encore une quarantaine d'étudiants à Lausanne, se voyait cnijîêchée,. par l'insudisance de ses revenus, de donner suite à sa promesse et obligée de se prévaloir d'une clause résolutoire insérée, en prévision de cette éventualité, dans la convention signée avec la Société Economicpie. Rn sorte f[ue, lorsque les cinti chaires île théologie turent consacrées pai- le statut et l'arrêté de 1809, sans qu'aucune dotation leur tVit assurée par le gouvernement, la Faculté se retrouva réduite aux maigres ressources que lui avaient laissées <i la hache révolutionnaire et la serpe économique. » Le dévouement des professeurs bénévoles resta la condition indispensable de l'accomplissement de sa tâche ^.

u dosirail lui iii coiiféii'r le lilii'. i[ii(' liier, flans hi séanrc ilii Coiisisloire, il liMnoigna qu il n avait n plus la même répugiiauco. En oonséquence, iM. Pasiour propose que la Compaj^iiie fasse acliielle- « menl à 1 égard de M. Peschier ce qu'elle avait désiré faire il y a quelque temps. L on rappelle à B cette oceasion que M. Pesehier s'est chargé, depuis assez longtemps, île donner di-s leçons à des (I étudiants français qui n'avaient pas fait des études préparatoires pour le ministère, que, dans un « premier four, la Compagnie désira le eli;u*ger spécialement de cette fonction ([ue celui-ci ne se refusa fl plus à accepter. En conséquence, la Compagnie fait sur ciH objet un second tour de délibération « et elle arrête de conférer, dès à présent, à M. Peschier le titre et les fonctions de prolesseur de (( théologie. Elle 1 invile à s'entendre avec ses quatre collègues sur les objets qu'il enseignera et <( elle charge sou modérateur et son secrétaire d en donner communication à M. Peschier, au (^onsis- 0 toire, à la Société Economique el à 1 Académie. "

' Lettre de Peschier à Piclet, 'i juillet 1809 : « I/enseignement est incomplet : le nombre des élèves, « qui dans les antres ,\uditoires n augmente pas celui des fondions, accroît ici la tâche dans tous les n sens; ce sera la seule école d où l'on doive sortir tout prêt à remplir immédiatement la vocation « pour laquelle on s'y prépare; c'est la principale partie de l'édilice, même aux yeux du Gouverne- 0 ment, qui l'a voulue même avant d'en consolider le complément nécessaire : il est de l'honneur et 0 du devoir de Genève de former aux Eglises de France des ministres qui les édifient et <le conserver « le rang qui lui a été assigné : le dévouement, qui supplée en partie en ce moment aux mutilations n faites dans l'Auditoire de théologie par la hache révolutionnaire et la serpe Économique /'sic^, peut-il n être regardé comme un engagement indélini :'... J'ai eu l'honneur de vous le dire, la société par- « ticulière qui s'était montrée disposée à lerniiner les dillicnltés qu'offrait un plan de séminaire, '< en concourant au traitement des professeurs, ne le peut plus; cet engagement portait, pour elle n comme pour la Société Economique, la réserve de la continuation <lu pouvoir, comme condition « nécessaire ; et les chaugements survenus depuis dans l'état îles choses ont détruit cette possibilité. » Le 13 juin de la même année, Peschier avait écrit : « Il devient tous les jours plus nécessaire n que l'état provisoire actuel soit remplacé par un état meilleur. Le nombre des jeunes gens qui se n destinent au service des Eglises s'accroît tous les jours ; sans compter nos Genevois, — nous en « avons neuf ici, — j'en ai vu quarante-trois à Lausanne et il y a toujours des aspirants et postulants. « Ce ne sera point une chose facile que d arranger celte institution de manière à satisfaire aux i< besoins disparates el aux désirs divers des Eglises, M. Rabaut-Pomier a écrit, il n'y a pas long- (1 temps, à Lausanne une lettre pleine de raison et de force sur la nécessité de former des ecclésias- « tiques instruits, qui honorent la religion réformée et sur le refus, que pourra faire bientôt, ou qu'a n même commencé à faire le ministre des Cultes, de demandera Sa Majesté des dispenses de consn cription pour les jeunes gens qui vont étudier hors de l'Empire ... Il est à souhaiter que notre « comité ne soit point mis en avant (le grand-maître et le ministre des cultes en ont-ils connaissance ?) « et que, demeuré à couvert dans l'ombre, il puisse, fidèle à sa mission, aider les élèves. Il ne peut <i poini payer des professeurs, le nombre des premiers est trop grand. » (Papiers de Pictet, /. e.. () 4.)

Le seul avantage immédiat que la Faculté eût pu retirer de l'arrêté du grand-maître, attribuant à Duby la chaire principale de Dogme, tandis que Picot recevait, avec le décanat, l'enseignement de l'Éloquence sacrée, lui Fut enlevé par la grande latitude laissée aux professeurs de théologie par les articles reproduits ci-dessus touchant la répartition des « objets de l'enseignement «^ Le système avait été inauguré par le règlement de 1786, en vertu duquel Pierre Picot, nommé professeur honoraire d'Histoire ecclésiastique, en 1787, avait enseigné la Théologie dogmatique jusqu'à la mort de son collègue Maurice en 1795 "-; puis, ce dernier ayant été remplacé en 1796 pour l'Histoire ecclésiastique qu'il donnait, par Gabriel Pasteur, avait dû partager avec celui-ci et De Hoches, pendant la longue maladie qui avaitattristé la vieillesse de Claparède, tout l'enseignement de la théologie. On peut dire que, dans l'Auditoire inauguré par les leçons de Calvin, la hache révolutionnaire avait commencé à frapper avant la Révolution. Depuis vingt ans déjà, le niveau des études qu'on pouvait y faire était en baisse constante et l'on s'explique sans peine le petit nombre des étudiants constaté par Auguste Bouvier, pour les premières années du siècle. Les chiffres ne se relèvent sérieusement qu'à partir de la réorganisation de 1808 '.

Pour suffire à la tâche, chacun des professeurs avait dû ordonner ses leçons selon l'ordre de ses travaux personnels et il en était résulté un déficit réel dans le total des matières enseignées, pendant les quatre années que les candidats au saint ministère devaient consacrer à leurs études spéciales. Les Eglises s'en plaignaient, ainsi que Vaucher put le constater dans un voyage qu'il fit, en 1811, au midi de la France et au retour duquel il présenta un rapport au Consistoire*. Ses collègues de la Faculté et luimême se hâtèrent « de s'engager solennellement à compléter leurs cours dans l'espace de quatre ans », mais le Consistoire, voulant que la chose eût du retentissement, n'en prit pas moins la délibération suivante, qu'il leur fit communiquer otHciellement par extrait de registres :

' Voir, plus haut, p. 157.

^ Cf. I. 561, note 2.

' Documents pour servir à l'histoire de l'Académie de Genève. I, La Faculté de théologie, p. 67 ss. Le rapport du recteur pour l'année 1809-1810 indique, pour l'Auditoire de théologie, ;i2 étudiants. (Reg. Soc. Éc, 26 juin 1810.) lît. ISlIi, il y en a 38. (Reg. Consistoire, 30 sept.)

* Reg. Consistoire, 19 déc. 1811.

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<( Le Consistoire informé c|iie plusieurs Eglises réformées regrettent que, clans les quatre années rrétudes (|ue font nos étudiants dans lAudiloire de théologie, ils n'y reçoivent pas une instruction complète sur la théologie chrétienne et révélée, et persuadé que rien ne serait plus préjudiciable à notre Séminaire que des lacunes importantes dans les études théologiques, s'il est vrai qu'il en existe, apprend avec; plaisir que Messieurs les professeurs de théologie se sont solennellement engagés à compléter leurs cours ilans l'espace de quatre ans, les en remercie et croit devoii- leur recommander fortement de prendre de concert les mesures pour que leurs bonnes intentions à cet égard ne soient pas frustrées et que l'engagement (piils viennent île prendre puisse conslammenl avoir son exécution, autant que la nature des choses le comporte'. »

A quoi la Faculté ré|ionilit par cet autre extrait de registres, que son secrétaire, le professeur Diihy, déposa sur le bureau, le 23 janvier IHI2 :

« La Faculté de théologie, ayant fait lecture de l'extrait de registres que le Vénérable Consistoire lui a (ail [)arvenir ilans la semaine, s'empresse de le remercier de l'intérêt qu'il prend au succès des études qui se font dans l'Auditoire de théologie et de lui renouveler ici l'engagement (pi'ont prisentreeux les professeurs et (|ue lui communiqua leur doyen, jeudi dernier, de compléter leurs cours dans l'espace de quatre ans et de donner ainsi à leurs élèves les connaissances (pii leur sont le plus nécessaires pour l'exercice du saint ministère. Elle croit en même temps devoir leur rappeler que, si la multitude et l'étendue des objets à traiter, l'importance de donner sur les vérités les plus fondamentales de la religion une instruction solide et approfondie ont faitjusqu'ici restreindre un peu le nombre des sujets traités dans l'espace de quatre ans, les professeurs y ont toujours suppléé par des directions particulières qu'ils ont données aux étudiants qui désiraient compléter, par de bonnes lectures, leurs connaissances dans l'étude si vaste de la théologie. Mais, comme c'est de l'application desétudiants, de leur zèle à profiter des secours qui leur sont offerts que dépendent surtout l(Mir succès, la Faculté prie instamment les membres du Consistoire (pii ont sur eux quelque infhuMice de concourir avec elle pour les exciter au travail, pour les exhorter à prendre toujours plus l'esprit de la vocation sainte qu'ils ont embrassée^. »

Les membres du Consistoire en relation avec les étudiants étaient les membres de l'hoirie, désignés pour le patronage et, parmi ceux qui ne fai-

' Ibid.. 16 janv. 1812.

* Reg. Consistoire, nd diem et Reç- I^f""- lliéol., 22 janvier 1812.

LA THÉOLOGIE. LE SÉMI>AIliE KÉlOllMÉ DE GENEVE 163

saient pas partie de la Faculté, le pasteur Moulinié, compétiteur malheureux tle Vaucher, qui leur ffiisait, à son domicile, des leçons particulières de dogmatique', et Manoël de Végobre, chargé de la correspondance avec les Eglises. Ce dernier, nanti déjà, Tannée précédente, des vœux de ses correspondants, avait fait prier la Faculté de donner aux étudiants des leçons de catéchèse et de les exercer à l'art de faire des catéchismes, soit oratoires, soit improvîsés-. Pour lui donner une position ollicielle, le Consistoire le désigna comme adjoint à son secrétaire, le docteur Louis Odier^. A l'époque dont nous traitons, les étudiants de l'Auditoire de théologie sont 1 objet des sollicitations, d'une part, du catholicisme, devenu un adversaire remuant et redouté depuis la nomination de l'abbé Vuarin au poste de curé de Genève, en 1806, et de 1 autre du piétisme, dont une communauté de « frères », fondée jadis par le comte Zinzendorf lui-même, a gardé l'enthousiasme religieux, à travers toute la seconde moitié du XVIIP siècle, et qui, sous l'impulsion de la célèbre baronne de Rriidener, est en passe de devenir une puissance. Les corps ecclésiastiques ont fort à faire à surveiller les proposants. A partir de 18 10, ils reçoivent des rapports. En 1812, le Consistoire prend une délibération pour exhorter les proposants « à s'abstenir de paraître dans l'église catholique », les pasteurs sont invités à leur faire comprendre qu ils ne doivent pas « donner cet exemple « dangereux, sans le leur enjoindre cependant, sous aucune autre peine que « la désapprobation de leurs supérieurs. » En même temps, ils sont mis en garde « contre les écarts dune imagination exaltée », qui portent quelquesuns à fréquenter « des assemblées religieuses d'un genre particulier», propageant « un esprit de secte dangereux pour l'Eglise ». Ces admonestations semblent sullire. Mais en iSl.'î, M"" de Ivrûdener. « une dame étrangère, « qui paraît appartenir à une secte d'illuminés, ou à celle des Moraves,

' Emile Guers, Notice .sur Henri-Louis Empaytaz, Genève, 185;j. p. 1 s., et J.-J. Clieuevière, Précis des déliais théologii/ues de Genî've, Genève. I82'i, p. 10, Cf., plus liuul. p. 158, note 2.

- Heg, Consistoire, 14 murs 1811.

° Ihid.. 27 février 1812. Louis .Manool de Végobre était le lils de Charles de Manoël, sieur de Végobre, venu d Alais en Languedoc, comme les Koiilanes, et reçu bourgeois de Genève en 1761. Il avait publié, en 1803, 1 éloge du syndic André Naville, auteur de l'Etal civil de Genève eu 1790, avec des considérations historiques sur la Terreur genevoise, dont ce magistrat (ut l'une des plus nobles victimes. Le frontispice représente les armoiries de l'ancienne Genève, sur un fond semé de larmes, avec cette épigraphe : « Patriae eliainsi fato functae fidelis. » {Discours pour servir d'introduction à un ouvroj^e posthume de François-André Naville, in-8, Genève, 180o.)

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« résidant à Genève à l'entrée de l'automne, a donné une impulsion nonce velle et plus forte à cet enthousiasme |jresque éteint. » Un proposant de première année, Henri-Louis Empaytaz, dont elle fera son secrétaire, s'est mis à tenir des conventicules. Il faut « un acte d'administration consistoriale ». Sur le rapport de sa commission de vigilance, le Consistoire adopte, le 23 décembre, le règlement suivant :

« Tout étudiant qui, après avoir été exhorté par la Vénérable Compagnie à ne pas fréfpienter une assemblée religieuse non établie par le (Consistoire, persistera à s'y rendre, ne pourra être consacré dans notre Eglise au saint ministère. »

De plus, à l'exemple de l'Eglise de Bàle, qui s'est trouvée en lace des mêmes dilhcultés, on ajoute à la formule de l'engagement des futurs pasteurs une promesse « de s'abstenir de tout esprit de secte, d'éviter tout ce qui pourrait faire naître quelque schisme et rompre l'union de l'Eglise'. «

On sait, par le livre bien connu du baron von der Goltz, sur l'Eglise de Genève au XIX" siècle, que quelques étudiants en théologie formèrent, en 1810, sous la direction du père de I un d eux, membre de la communauté des « frères », un groupe d'édification mutuelle qui prit le nom de Société des amis et que cette association, suspecte aux corps ecclésiastiques, cessa de se réunir, en 1813, pour se fondre dans la communauté"-. Von der Goltz attribue l'état d'esprit qui se manifeste chez certains étudiants en théologie, dès cette époque, au latitudinarisme impuissant de leurs maîtres et à la froideur des leçons qu'ils en recevaient. Un bon juge, puisque c'est l'un de ces étudiants, devenu plus tard professeur à son tour, J.-E. Cellérier, confirme dans une certaine mesure cette opinion, mais on verra que, dans la page que nous ne saurions mieux faire que de reproduire ici, il parle de l'insufïisance constatée de l'enseignement, à l'époque de la chute

' Res- Conip., 29 dée. 1809. 28 mai, l" juin, 23 nov. 1810. Reg. Consistoire, 16 avril 1812. 2, 9 et 23 liée. 1813. Empaytaz se soumit, puis revint sur ses engagements et. sous le coup du règlement, quitta Genève pour rejoindre, en Allemagne, M""" de Kriidener.

' Die rcformierte Kirche Genf s im XIX. Jahrhundert oder der Iiidividualismus der Erwcckung in seinem Verhàltniss zuin chrisllichen Staat der lîeformativn, Bàle et Genève, 1862, ouvrage traduit et publié en français par César Malan-Silleni. la même anuée. — Bost père, fondateur de la « Société des amis», dont son fils Ami Bost, entré en théologie Tannée précédente, fut l'un des membres les plus zélés, était maître de musique et adjoint au chantre de Saint-Pierre. Il avait organisé une école de chant sacré qui avait reçu, en 1796, les subsides du dernier gouvernement genevois et en 1800, avec l'appui de Marc-Auguste Pictet, la première « Société de musique sacrée ».

de rindépendance genevoise, et qu'il laisse soigneusement de côté toute appréciation doctrinale. On doit observer en outre que ses souvenirs personnels d'étudiant portaient sur les années 1804 à 1808 et qu'il écrivait à plus de cinquante années de distance :

« Au moment de la réunion à la France, la Faculté de théologie n'avait que deux professeurs ordinaires, un ou deux étudiants, aucune leçon de critif|ue, ni même d'exégèse, ni enseignement complet de la dogn]atic|ut;, ni enseignement réel de l'hébreu et de l'histoire ecclésiastique. Le i-lergé genevois, sous l'Empire, n'ayant pas reçu dans l'Auditoire une instruction sullisante, absorbé ensuite par le côté pratique de son ministère, était respectable et dévoué, mais peu instruit. En outre et par cela même, il était resté étranger aux autres Eglises, aux mouvements extérieurs de la science et de la religion. La révolution avait creusé de ce côlé-là comme un abîme entre Alphonse Turrettini, Jacob Vernet, et leurs successeurs. Les travaux de l'Allemagne étaient inconnus aux maîtres comme aux élèves. Quelques années auparavant Claparède, le dernier prol'esseur de critique, avait entrepris, déjà vieux, d'étudier la science allemande dans la langue originale, et il avait perdu à ce labeur ses forces et ses facultés. Aucun secours, aucune direction pour l'art de la chaire, que l'exemple de Pierre Picot, joint à celui de quelques pasteurs de campagne et de quelques jeunes ministres en réputation. Bientôt cependant les améliorations commencèrent, et il y eut réveil, puis progrès. L'histoire ecclésiastiijue fut enseignée au moins d'une manière sérieuse et suivie par Vaiicher. Déjà auparavant Duby avait été fait professeur honoraire d'art oratoire. Il apportait à cet enseignement de fortes études, de longues méditations et l'appui de ro])inion publique. Ses leçons neuves et originales, ses directions méthodiques et approfondies, ses prédications travaillées et frappantes, ouvraient aux étudiants un horizon inconnu, et excitaient leur enthousiasme. Il fit école, et cette école pendant longtemps absorba tout le reste '. »

' L'Académie de Genève. Esquisse d une histoire ahiégée de l'Académie fondée par Calvin en 15.')'J. Genève, 1872, p. 115 ss. Les appréciations sévères formulées à l'égard de l'enseignement théologique donné à cette époque dans l'Académie ont, il faut le savoir, leur source principale dans les écrits apologétiques du Réveil et particulièrement dans les Mémoires d'Ami Bost, rédigés en 1851, où on lit entre autres •. « On n'ouvrait pas la Bible dans nos auditoires. Ce livre était inutile et inconnu, n En d'autres termes, il n'entrait pas dans les cours, et sauf son usage comme thème de langue, on « pouvait ne pas le posséder, etc. u M. le pasteur Charles Durand, dans son intéressante étude sur V Histoire du protestantisme français pendant la /{évolution et l Empire, cite ce témoignage (p. 151 s.) en disant qu'il le croirait exagéré, s'il ne le trouvait confirmé par d'autres, et il le fait suivre d'une affirmation analogue de F. Monod tirée de la Vie de Haldane par Petitpierre. En sens contraire, on a relevé le fait que Bost, dans un Supplément à ses Mémoires, publié en 1855, reconnaît qu'il a eu surtout en vue d'écrire un ouvrage d'édification. Il y revient sur ses études, pour avouer qu'il allait en bateau au lieu d'assister aux leçons de ses professeurs, dont le principal » ne le connaissait presque pas de vue u. Il n'est peut-être pas inulile de rappeler ici que les professeurs de théologie étaient appelés, chaque année, à rendre compte à la Compagnie des pasteurs de l'enseignement donné par

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Il faut remarquer que le principal enseignement auquel Cellérier attribue ce qu'il appelle le réveil de FAuilitoire de théologie était forcément donné, pour la partie relative à l'éloquence de la chaire, en français, tandis que les autres l'étaient encore en latin, à une époque où les études classiques n'étaient plus, dans les meilleurs collèges, ce qu'elles étaient avant la Révolution K II est assez probable que le manque d'intérêt du cours d'hébreu ou de dogme, indépendamment de toute autre cause, provenait, pour plus d'un auditeur, du voile majestueux et épais sous lequel il lui était |)résenté. Ceci d'autant plus que, comme l'Auditoire de théologie assurait un privilège, recherché entre tous à l'époque du Consulat et de l'Empire, I exemption de la conscription militaire, on y voyait arriver sans cesse des jeunes gens, voire même des boursiers du gouvernement, sans préparation suffisante-.

Enfin il ne serait pas équitable de ne pas tenir comjite aux professeurs de ce temps de la situation délicate dans laquelle ils se sont trouvés visà-vis du catholicisme, devenu en fait, depuis le Concordat, la religion officielle de la France. Leur préoccupation constante de réfuter dans leurs cours toutes les doctrines de l'Eglise romaine, sans compromettre d ailleurs l'Académie dans aucune manifestation ])ublique, compliquait leur tâche, absorbait leur attention, et les soucis que leur donnaient leurs fonctions administratives, dans l'Eglise et dans l'Ecole, n'étaient pas faits pour favoriser leurs propres études. Le tenq)s était si peu aux affirmations per-

eux aux cliuliants et que tout jiiejoiiieiil porté à cet éf^ard, sans un examen préalable des rapports écrits, qui subsistent, est fononient sujet à revision. On trouvera notamment le rapport sur 1 année académique lSO.5-1806 annexé au procès-verbal de la séance du 9 janvier 1807. ceux de 1806-18(17 et de 1807-1808 dans le registre de l'année suivante, à la date du 7 octobre 1808.

' lièglemenl relatif à iorganisation de I instruction. Tit. 1, art. 8. (Voir, plus haut, p. '2'A. note 3.1 - Arrêté du Consistoire du 16 juillet ISl'J : « Le (Consistoire, considérant que diverses causes étrau- « fjères aux motifs religieux amènent dans 1 Auditoiie de théologie une plus grande allluence d'étu- « dianis que dans aucun temps antérieur, et craignant que dans le nombre il n y en ait plusieurs qui, fl par leur peu de talents, de zèle ou de piété, ne se trouvent pas pi-opres au saint ministère, craignant fl surtout (ju'il ne soit bien jilus didicile, lorsqu'ils auront achevé leurs études, de refuser de les ad- « mettre à la consécration, s ils ne réunissent pas les conditions requises, que de les écarter de bonne « heure de cette carrière, arrête : 1° De remercier la Vénérable Compagnie des sages mesures de (' surveillance qu elle a déjà prises, pour s'assurer, par un grabeau annuel, de la moralité et de la 0 bonne conduite des étudiants. 2" De lui adresser, ainsi qu'à l'Académie et la Faculté de théologie, (I un Extrait de Registres, pour inviter ces trois corps à prendre de concert les mesures le.s plus pro- « près à écarter de bonne heure de la carrière du saint ministère les sujets qui, par défaut de talents, <i de zèle ou de piété, n y sciaient pas bien disposés. » |Keg. Consistoire, ad diein.) Cf. ihid.. 22 juillet ISI^f : n Boursiers \du goui'eriiement]. Quelques-uns sont couiplètemenl ignorants et incapables « d'enli'er, même an collège. » (Rapport (.le M. de Végobre.)

JEAX-Lfjris UlBY

sonnelles de la pensée religieuse qu'au début de 1813, pour la première fois à Genève, on voit l'autorité ecclésiastique s'émouvoir de la disette des publications et le Consistoire, nanti d'une proposition « d'inviter ceux de « Messieurs les pasteurs qui ont des ouvrages théologiques dans leur bureau « à les faire paraître », s'adresser à la Vénérable Compagnie pour aviser aux meilleurs moyens d'y pourvoir'.

La seule publication importante de cet ordre qui soit à signaler, pour l'époque, est la seconde et dernière édition de la Bible des pasteurs et professeurs de Genève, qui sortit, en 1805, des presses de la maison Simonde et qui fut envoyée en hommage à Portalis-. Mais, il laiit le dire, c'était là l'œuvre de plusieurs générations, dont l'achèvement seul appartient aux premières années du siècle. On y travaillait depuis Jean-Alphonse Turrettini^ Cetteversion, comme on sait, n'eut pas le succès de celle du XV'P siècle'. On la trouva toujt ensemble trop nouvelle et pas assez. Les Eglises de France lui reprochèrent soit « de n'avoir pas conservé la naïve simplicité de l'original », soit « de n'avoir pas levé les difiicultés de traduction qui avaient ci-devant excité les critiques'' ». Cet échec relatif ne diminua ni le respect, ni la reconnaissance, dont les éditeurs étaient entourés dans le momie des Eglises françaises. On peut lire dans le registre du Consistoire du I" octobre 1812 :

« M. raiicicn do Végobre rapporte qu'il reçoit de tons côtés des lettres de pasteurs qui. instruits cl consacrés à Genève, ont été ensuite placés dans dilTérentes Églises de la France. Tontes sont remplies de témoignages de reconnaissance, de déférence et de dévouement pour l'Eglise de Genève. »

La même année, le grand-maître de l'Université Impériale accordait, sur leur demande, à tous les pasteurs de l'Église de Genève, en considération de l'importance de leurs examens de fin d'études et de leur situation dans la Vénérable Compagnie, le diplôme de docteur en théologie".

' Reg. Cousisloirc. 1'» jaiivior et 25 février 1813.

" I,e Nouveau Testament fut l'objet d'un envoi spécial dès 1802. La Bible entière fut adressée au ministère des Cultes en IKOG. (tieg. Comp., 9 juillet 1802, 18 juillet et 8 août 1806.)

' /,« Sainte Bihie ou le vieux et le nouveau Testament, traduits en français sur les textes hébreu et grec par les pasteurs et les professeurs de l'Eglise et de l'Académie de Genève, 1 vol. in-folio, ou 3 vol. in-8. Genève (luipriuu'rie Simonde lits & C"":!, 1805. Cf I. 549.

• Cf I, 319 ss.

5 Rapport de Vaucher, 19 dèc 1811. Cf.. plus liant, p. 161.

" 3 nov. 1812. Reg. Consistoire. 6 et 13 août, l''' oct. et 12 nov. 1812, 18 fév. 1813. f.eitre adressée par la Vénérable Compagnie au grand-maitre de l'Université Impériale [l" mai 1812) : n Monseigneur,

168 l'académie impériale. — 1804-1814

En 1810, la Faculté de théologie fut installée dans l'une des chapelles du temple de Saint-Pierre. Transférés, au XVI II" siècle, de 1 Auditoire, témoin des leçons des réformateurs, dans la chapelle des Macchabées, les cours s'étaient donnés, durant les dernières années, en une petite salle au second étage de cet édifice, qui contenait également les salles réservées aux autres disciplines. C'était insuMisant pour le nombre toujours croissant des étudiants et, de leur côté, les Sciences réclamaient plus d'espace. On se décida pour Saint-Pierre, malgré la dilliculté du chauffage de la chapelle, dite de Portugal, et l'insufTisance du jour, qui y pénétrait par une seule fenêtre, parce qu'on n'avait guère le choix des locaux et aussi, on le voit percer sous une note de procès-verbal, parce que Saint-Pierre paraissait menacé dune demande au préfet, pour les besoins du culte catholique, et

« les pasleurs do l'Eglise rrforniée «le Griiôvc, sorilaiit le besoin (l'un règlement qni fixe les rapports a de lenr état ancien avec le nonvel ordre de choses élabli par les lois de Sa Majesté Impériale et (I Royale, viennent solliciter de votre bienveillance un arrêté qni leur assure la jouissance des droits n dont ils Ont été en possession jusqu'à ce jour. Ils viennent supplier Votre Excellence de déclarer « que le grade de Docteur en théologie correspond, dans les formes de l'Université Impériale, à ce 0 qu'étaient précédemment les pasteurs de Genève, a ce que sont les pasteurs de cette Eglise et les « ministres consacrés au milieu d'eux jnsqn à cette époque. Ils prient Votre Excellence de considérer 11 que les examens subis par les camlidals au saint ministère ont toujours été, quoique sous une forme « un peu dinérenlc, équivalents à ce que les statuts do l'Université exigent pour obtenir le grade de II Docteur en théologie, puisque les candidats, outre les quatre examens annuels, étaient appelés à « soutenir des thèses eu latin, à faire trois compositions, 1 une en latin dans trois jours, l'autre on Il français dans deux jours, et la troisième en français dans l'espace de six ou sept heures, à subir (1 des examens sur la logique, sur la physique et sur le cours entier de l'enseignement ihéologique, 11 pendant les quatre années d'études, u

11 Les ministres consacrés à Genève n'étaient point appelés à subir de nouvelles éprouves pour être (1 nommés pasteurs, el les professeurs en théologie étaient choisis sans e.xanien par les pasteurs, dans (I le sein de leur Compagnie. C'est ainsi qu'ont été élus les professeurs actuels de notre Faculté. Tous (1 les pasteurs de Genève pouvaient être appelés à suppléer au besoin les professeurs de théologie; 11 et, jusqu'à l'époque où la Révolution changea nos anciennes formes, ils se réunirent aux professeurs Il de l'Académie pour entendre et juger les examens de ceux qui aspiraient à occuper les chaires de (1 professeurs, soit dans les Lettres, soit dans les Sciences. Les pasteurs de Genève ont donc toujours (I été considérés comme docteurs. Aussi ont-ils été, et sont-ils encore, les seuls juges des e.\amens que n subissent avant leur consécration les candidats au saint ministère. Cependant, s'ils n'étaient pas 11 admis à demander le diplôme de docteur, ils se verraient par cela même déclarés incapables de 11 coucourii' pour ces mêmes chaires de professeurs, qu'ils pouvaient auparavant obtenir sans examen.

11 Fondés sur ces raisons et persuadés des dispositions favorables de Votre Excellence, les pasteurs « de Genève attendent avec confiance une décision qui conserve à leur Eglise un lustre utile au bien « des études, et qui atteste le prix qu'ils mettent à être considérés dans l'Université, comme ils l'ont Il toujours été dans l'Eglise réformée. Ils saisissent avec empressement cette occasion d'offrir à Votre Il Excellence les hommages des sentiments de respect et de reconnaissance avec lesquels ils ont l'hon- II neur d'être, etc. » (Reg. Consistoire, 6 août 1812 ) La lettre fut présentée, au mois d'octobre, par le pasteur J.-J. Chenevière, remplaçant temporaire de Jean Monod à Paris, et recommandée par M. -A. Pictet. Fontaues saisit cette occasion do montrer aux Genevois que. lorsque ce qu'ils lui demandaient dépondait de lui soûl, il savait aussi ne pas faire attendre sa signature.

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qu'on n'était pas fâché de l'occuper le plus possible pendant la semaine et durant l'hiver, saison où l'absence de tout système de chauffage empêchait d'y célébrer le service. Ceci eut le très grave inconvénient, auquel on songea trop tard, d'attirer sur l'Auditoire de théologie l'attention jalouse du curé Vuarin '.

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